‹ Lectures littérairesChapitre 57 sur 106 · LE BERRICHON ET LE BERRY · texte numérisé non relu

LE BERRICHON ET LE BERRY

Arrivons maintenant à la terre natale de George Sand. Elle nous fait elle-même les honneurs du Berrichon. Il faut le connaître pour comprendre le Berry. Tel sol, tel paysan.

Nohant est une retraite austère par elle-même, élégante et riante d'aspect par rapport à Guillery ', mais, en réalité, plus solitaire, et pour ainsi dire imprégnée de mélancolie. Qu'on s'y rassemble, qu'on la remplisse de rires et de bruit, le fond de l'âme n'en reste pas moins sérieux et même frappé d'une espèce de langueur qui tient au climat et au caractère des hommes et des choses environnantes. Le Berrichon est lourd. Quand, par exception, il a la tête vive et le sang chaud, il s'expatrie, irrité de ne pouvoir rien agiter autour de lui; ou, s'il est condamné à rester chez nous, il se jette dans le vin et la débauche, mais tristement, à la manière des Anglais, dont le sang a été mêlé plus qu'on ne

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