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Lectures littéraires. Pages choisies des grands écrivains

A part quelques sonnets qui donneront une idée de la poésie lyrique pure de Shakespeare, les pages qui suivent sont exclusivement consacrées à son théâtre, et dans son théâtre c'est avant tout la qua-lité dramatique que j'ai essayé de mettre en lumière. Les extraits des drames sont pris dans les diverses époques de sa carrière; ils sont disposés dans l'ordre de production le plus vraisemblable et le plus géné-ralement admis; on pourra ainsi sans effort se rendre compte de la marche, ou, si l'on veut, de l'évolution qu'a suivie l'esprit du poète. Les premiers extraits consistent surtout en tableaux isolés, ayant en soi un sens et un intérêt suffisamment complets. Les autres renferment la série tantôt partielle, tantôt intégrale, des tableaux où figure quelqu'un des personnages principaux du drame shakespearien. Tableaux et per-sonnages ont été choisis avec assez de variété pour faire connaître la plupart des aspects de ce théâtre : le comique et le tragique, l'histoire et la féerie.

La traduction aspire à être fidèle, mais point à être complète. Il a été nécessaire d'omettre ou d'atténuer beaucoup de mots ou de détails dont l'honnête fran-- VI AVERTISSEMENT

chise du seizième siècle ne s'effarouchait pas. Je me suis d'ailleurs permis une certaine liberté en ce qui est des jeux de mots, tantôt les supprimant et tantôt les rendant par des équivalents. J'ai en revanche jugé utile d'ajouter un assez grand nombre d'indications scéniques.

Bien que j'aie traduit directement chaque vers, j'ai cru de mon devoir de m'aider des traductions anté-rieures, de leur demander à l'occasion un secours ou '1 un conseil. On serait inexcusable de tenir pour nul et non avenu le travail des hommes remarquables qui ont consacré des années de leur vie à faire passer le texte de Shakespeare dans notre langue. Aussi est-ce pour moi une agréable obligation de reconnattre ma dette envers l'œuvre consciencieuse de M. Montégut et plus particulièrement envers celle de F. V. Hugo, tachetée de quelques erreurs de sens et de quelques excès romantiques, mais le plus souvent admirable de justesse pénétrante, de mouvement dramatique et de verve verbale.

C'est un précieux avantage pour ce livre de pouvoir offrir un extrait de la savante traduction de Macbeth de M. Alexandre Beljame, la plus vaillante tentative qui ait été faite pour lutter vers par vers, mot par mot, sans sacrifier la beauté à l'exactitude, avec le plus difficile peut-être des drames de Shakespeare.

J'ai rendu en vers les passages lyriques, sonnets, chansons, bribes de ballades, adages rimés (très libre-ment parfois), qui réclament d'être ainsi traduits, ne fût-ce que pour conserver son allure à la scène où ils " se trouvent. Je m'apercois avec plaisir, le livre achevé, que j'ai sans le savoir à peu près suivi le plan que proposait récemment M. Maurice Bouchor, un des plus délicats admirateurs de Shakespeare qui soient dans notre pays :

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