PRÉFACE
Ces Lectures Pédagogiques sont, comme l'indique le titre, principalement destinées aux écoles normales, c'est-à-dire y.ux élèves-maîtres et aux élèvesmaîtresses, qui ont à s'initier, à prendre goût aux choses de l'éducation et de la pédagogie. Au même tilre, elles s'adressent aussi aux jeunes instituteurs et aux jeunes institutrices, qu'elles soutiendront dans leur pratique, qu'elles encourageront dans leurs efforts, et, à notre sentiment, elles pourraient n'être pas non plus inutiles à ceux qui sont plus âgés, ne fût-ce que pour leur remettre en mémoire leurs anciennes études, peut-être pour leur ouvrir de nouvelles vues, et, qui sait? leur donner de nouveaux plaisirs.
Nous prions toutefois qu'on veuille bien ne pas se méprendre sur nos intentions. Ce livre est un recueil de lectures, rien de moins, rien de plus. Au cadre dans lequel nous avons cru devoir renfermer les matériaux de cette chrestomathie, on pourrait être tenlé de penser.que nous avons voulu composer une sorte de manuel de pédagogie. Nous avons procédé tout autrement. Sans nous être à l'avauc^ \x?iSk
Il PRKFACE
plan et proposé un cadre à remplir, nous avons recueilli de droite et de gauche des pages choisies, des nior-
, ceaux qui nous semblaient intéressants : ce n'est qu'après coup et pour la facililé des recherches que nous les avons placés dans un certain ordre, en groupant ceux qu'il nous semblait possible de rapprocher sous un titre commun. Le cadre a été fait pour les lectures, non les lectures pour le cadre. Il ne sera pas, d'après cela, bien extraordinaire de rencontrer ici ou là, suivant les cas, excès ou défaut : c'est tout simplement que, sur certains points, la moisson a été abondante, médiocre sur d'autres, soit faute de matière, soit que nous n'ayons pas eu la main heureuse. Tel qu'il est, cependant, ce recueil nous paraît représenter toutes les parties de la pédagogie : c'est au lecteur d'en juger.
On s'étonnera peut-être d'y trouver, en assez grand nombre, des citations empruntées à des écrivains dont les œuvres n'appartiennent pas à la littérature pédagogique proprement dite, à des poètes, à des romanciers. En cela nous n'avons pas simplement cédé à la tentation de donner quelque agrément à notre recueil. Nous avons pensé que ce n'était pas aux seuls éducateurs de profession qu'il fallait demander de nous exposer les doctrines de la science pédagogique, et que nous trouverions chez les maîtres de l'art littéraire des enseignements non moins précieux. Pédagogie, c'est psychologie, analyse profonde et vivante de l'âme humaine : et si un grand écrivain vient à parler de l'enfant, de la mère, de la famille, de
racole, il nous offrira souvent, sous la forme al-
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trayante de la fiction ou dans la langue harmonieuse des vers, les leçons les plus justes ou les plus hautes.
Nous ne prétendons point nous rendre solidaires de toutes les opinions exprimées par les auteurs que nous citons. Nous n avons pas été exclusifs, nous n'avons pas cherché l'unité de doctrines; nous avons accueilli les représentants des idées anciennes aussi bien que ceux des idées nouvelles. Il nous a suffi que l'opinion émise par l'écrivain méritât d'être connue, examinée et pesée ; que la page recueillie eût une valeur réelle et fût propre à susciter la réflexion, à faire travailler l'esprit, à exercer le jugement. Quant au commentaire que pouvaient appeler les textes reproduits par nous, c'est au professeur de pédagogie, c'est au lecteur lui-môme que nous laissons le soin de le faire ; nos notes se bornent, en général, à de brefs éclaircissements historiques ou linguistiques.
Comme appendice et comme conclusion, nous don- " nous une série d'extraits historiques destinés à rappeler les différentes phases par lesquelles l'instruction primaire a passé en France depuis le dix-septième siècle jusqu'à noire époque contemporaine.
Il nous reste à dire, plutôt pour nous peut-être que pour le public, que, dans ce recueil, le choix des morceaux tirés des écrivains français a été plus spécialement confié à M* Defodon et à Mme Kergomard; M. Guillaume s'est chargé surtout de la partie étrangère et du chapitre historique. Disons encore que trois noms seulement sont portés au titre du volume; un quatrième collaborateur, qu'à notre grand regret nous n'avons pu décider à se déparlir de ranotv^m^, ^^'\\-