GEORGE SAND. — J.-J. ROUSSEAU G
âge plus avaHcê. Il est bon d'habiluer renfance, d*aussi bonne heure que possible, à un exercice modéré, mais quotidien, des diverses facultés de l'esprit. Mais on se hâte trop de lui servir des choses exquises. Il n'existe point de littérature à l'usage des petits enfants. Tous les jolis vers qu'on a faits en leur honneur sont maniérés et farcis de mois qui ne sont point de leur vocabulaire. 11 n'y a guère que les chansons de berceuses qui parlent réellement à leur imagination. Les premiers vers que j'aie entendus sont ceux-ci, que tout le monde connaît sans doute, et que ma mère me chantait de la voix la plus fraîche et la plus douce qui se puisse entendre :
Allons dans la grange
Voir la poule blanche Qui pond un bel œuf d'argent Pour ce cher petit enfanU
La rime n'est pas riche, mais je n'y tenais guère, et j'étais vivement impressionnée par cette poule blanche et par cet œuf d'argent que Ton me promettait tous les soirs, et que je ne songeais jamais à demander le lendemain matin. La promesse revenait toujours, et l'espérance naïve avec elle. Ami lecteur, t'en souviens-tu? Car à toi aussi, pendant des années, on a promis cet œuf merveilleux qui n'éveillait pas ta cupidité, mais qui te semblait, de la part de la bonne poule, le présent le plus poétique et le plus gracieux,
(Hlsloire de ma vie, Calmann-Lévy, éditeur.)
L*ElfFAlfT A DROIT AU BONHEUA
J.-J. ROUSSEAO'
Quoiqu*on assigne à peu près le plus long terme de la