‹ Lectures scientifiques. Extraits de mémoires originaux et d'études sur la science et les savants. Physique et chimieChapitre 22 sur 120 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le cadre de cet ouvrage ne comporte pas le récit complet de la vie de Pascal. Oq la trouvera en tête de la plupart des éditions de Pascal *.

Rappelons seulement quelques dates et quelques traits essentiels.

Biaise Pascal est né à Clermont le 4 9 juin 1623. Son père, Etienne Pascal, était président de la cour des aides en Auvergne. Il eut deux autres enfants, deux filles, dignes sœurs de leur illuslre frère : Talnée, Gilberte, née en 1620, épousa en 4644 Florin Périer, conseiller à la cour des aides de Clermont, qui s'associa aux travaux de son beau-frère et exécuta sur ses indications la célèbre expérience du Puy de Dôme. Elle mourut à Paris en 1687. Elle écrivit la vie de son frère. Cette vie parut pour la première fois dans Tédition des Pensées donnée à Amsterdam en 1687. Sa fille Marguerite et son fils Etienne y ont ajouté divers appendices. La seconde sœur de Biaise Pascal, Jacqueline, née en 1625, mourut à Tàge de trente-six ans, en 1661) religieuse de Port-Royal.

C'est à la jeunesse de Pascal que se rapportent tous ses travaux de mathématiques et de physique* Il avait seize ans quand il composait son traité des sections coniques^ dix- huit

1. Consulter notamment la Vie de Pascal par sa sœur, Mme Pérîer; et aussi le Recueil. de. plusieurs pièces pou?' servir à V histoire de Port-Royal, désigné habituellement sous le nom de Recueil dVtrechtj { vol. In-i2. Utrechtj 1140. — J. G.

Ho LA t>ESANTEUn.

quaad il imaginait et faisait construire la célèbre machine arithmétique, vingt-trois quand il entreprit en i646 ses expériences sur le vide. Les deux traités de VÉquUibre des liqueurs et de la Pesanteur de la masse de Vair furent écrits avant 1652, on ne sait au juste à quelle époque ; mais ils ne furent publiés qu*un an après sa mort en 1663 *, par les soins de sa sœur et de son beau-frère. Les dix dernières années de sa vie furent exclusivement consacrées à la philosophie et à la religion. Il mourut le 19 août 1662, moins d'un an après sa sœur Jacqueline, dans les sentiments de la plus profonde piété et de la foi la plus vive, après avoir donné des exemples de charité, trop peu remarqués par ses biographes, et qui font penser à saint Vincent de Paul *. Il fut enterré dans l'église de Saint-Etienne du Mont, sa paroisse, derrière le maître-autel. L'emplacement de la maison où il mourut est indiqué par une plaque de marbre à l'entrée de la rue RoUin, tout près de la rue Monge.

« Sa vie, dit M. Valson \ fut partagée et comme morcelée entre les sciences pour lesquelles la nature l'avait si heureusement doué, la philosophie dont l'étude absorba de bonne heure toutes ses facultés, et les querelles religieuses où l'on doit regretter à tant d'égards qu'il se soit trouvé mêlé. »

C'est à celte triple préoccupation que nous devons ses écrits scientifiques : les Nouvelles expériences touchant le vide, le Traité de Véquilibre des liqueurs, celui de la Pesanteur de la masse de

i. Traite'8 de Véquilibt^ des liqueurs et de la pesanteur de la niasse de Vair, contenant rexplication des causes de divers effets de la nature, qui n'avaient point été bien connus jusqu'ici, particulièrement de ceux que Ton avait attribués à l'horreur du Vuide; par M. Pascal, à Paris, chez Guillaume Desprez. 1663. 1 vol. in-12, avec privilège du Roy. — J. G.

2. Il disait à sa sœur sur son lit de mort : •« Puisque je n'avais pas de bien pour leur en donner [aux pauvres], je devais leur avoir donné mon temps et ma peine; c'est à quoi j'ai failli; et si les médecins disent vrai, et si Dieu me permet que je me relève de cette maladie, je suis résolu de n'avoir point d'autre emploi ni point d'autre occupation tout le reste de ma vie que le service des pauvres ». Ce sont les sentiments dans lesquels Dieu l'a pris. — J. G.

8. Valsojc, les Savants illustres du xvi" et du xvii» siècle, Paris, 1880, 2 vol. in-12, l. II, p. 37. — Nous ne saurions trop recommander la lecture de cet ouvrage excellent et trop peu connu. — J. G.

PASCAL. lit

Vau', diverses œuvres mathématiques ; puis le livre des Pensées et celui des Provinciales.

Nous reproduisons ici les passages les plus remarquables de ses écrits de physique. Oo y remarquera, comme le dit Mme Périer dans la préface du volume publié en 1663, « une adresse à mettre les choses dans leur jour qui n*est pas commune et on reconnaîtra facilement que cette clarté extraordinaire qui paraît dans ces écrits, vient de ce qu'il concevait les choses avec une netteté. qui lui était propre »

La clarté et la vigueur de Texposition n'y sont pas moins remarquables en effet que dans les Pensées ou les Provinciales. On y trouve enfin» notamment dans la polémique que soutint Pascal et dans les expériences qu'il imagina au sujet de la véritable interprétation de Texpérience de Torricelli, le premier exemple de celte critique scientifique et de cette méthode rigoureuse qui ont porté si haut chez nous les noms des Lavoisier, des H. Sainte-Claire Deville, des Claude Bernard, des Pasteur.

Voici, au surplus, comment M. Jos. Bertrand, dans un article récent du Journal des Savants *, apprécie Pascal physicien :

« Le rôle de Pascal dans l'hydrostatique est double : il a composé un traité admirable sur Téquilibre des liqueurs et la pesanteur de la masse de Tair, contenant rexpUcatien de divers effets de la nature qui n'avaient pas été connus jusqu'à lui, particulièrement de ceux qu'on avait attribués à l'horreur du vide. Dans ce livre excellent, publié après la mort de l'auteur, aucun i*aisonnement n'est douteux, aucune expérience n'est contestée; les physiciens, aujourd'hui comme en 1663, peuvent adopter sans y faire de corrections les idées et le langage de Pascal.... Pascal, dit-il ailleurs, a étudié un seul point de la science, s'est proposé une question très importante et très nette; la solution qu'il en a donnée est définitive* »

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