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LA BOUTEILLE DE LEYDE

d'une main un vase de verre rond et en partie plein d'eau dans lequel plonge le fil de métal suspendu : avec Tautre main, essayez d'exciter une étincelle à tel endroit que vous voudrez de la verge de fer ou du fil de métal qui pend au bout et qui plonge dans Teau du vase; vous ressentirez une commotion très forte et très subite dans les

Fig. 16. — La machine électrique au xviii* siècle.

deux bras, dans la poitrine et dans tout le corps. Le coup est plus fort quand le globe est plus gros, plus frotté, quand le vase qui contient l'eau est plus large, quand la verge de fer qui conduit l'électricité est plus grande, en sorte qu'on pourrait blesser, peut-être même tuer quelqu'un qui s'y exposerait imprudemment.

Le bruit de cette expérience se répandit bientôt dans tout le monde savant : elle exerça l'industrie des physiciens, et tout le monde voulut être physicien. Chacun la répéta et fit tout son possible pour y ajouter. On trouva bientôt le moyen d'en rendre l'appareil plus simple et plus commode; au lieu de suspendre la verge de fer près du globe et à la même hauteur, on la tient plus élevée,

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et on laisse pendre de son extrémité voisine du globe, une bande de métal bien mince, ou un fil de fer qui touche Téquateur du globe, pendant qu'il tourne sur son axe, et qu'il est frotté. La verge s'électrise aussi promptement et aussi fortement par cette méthode que par celle de M. Musschenbroek, et le globe est plus en sûreté.

On se sert d'une bouteille de verre mince et ronde, comme une bouteille de médecine : on la remplit d'eau jusqu'au collet, et on la bouche d'un bouchon de liège traversé d'un fil d'archal, qui y reste fixé de telle manière qu'une partie de ce fil d'archal est plongée dans l'eau de la bouteille, et une autre partie est au-dessus du bouchon, courbé en crochet. Par ce moyen, on peut suspendre la bouteille à la verge de fer, en l'y accrochant, ou l'en séparer à volonté, quand elle est chargée d'électricité.... On peut aussi l'électriser à la main,. sans la suspendre à la verge de fer, et même sans se servir de cette verge. Il ne s'agit que d'en présenter le crochet ou auprès de la verge, ou auprès du globe, dans le temps qu'il est en mouvement et qu'il est frotté.... On peut de même décharger la bouteille électrisée, sans le secours de la verge de fer, en tenant la bouteille dans une main, et cela de trois manières, par l'expérience de Leyde, par l'approche d'un corps non électrique *, ou par l'opposition d'une pointe non électrique. Dans le premier cas, il ne faut que tirer une étincelle du fil d'archal avec l'autre main : l'on reçoit la commotion, et la bouteille est déchargée à l'instant; dans le second, l'on approche le fil d'archal d'un corps non électrique pour tirer l'étincelle : mais il faut avoir attention à ne pas tenir ce corps de l'autre main, car on serait frappé; dans le troisième cas, il ne s'agit que d'opposer à quelques pouces de distance du crochet, une pointe de métal, comme celle d'une aiguille, d'un poinçon, etc., la bouteille se déchargera lente-

!. C'est-à-dire conducteur.

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