ScHBBLB, Traité, etc. Avant-propos, p. xui
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dont ils sont combinés, occasionnent leur grande différence. Le phlogistique parait être une matière réellement élémentaire, qui pénètre la plupart des substances, et qui s'y maintient avec opiniâtreté. On connaît différents moyens de l'en séparer plus ou moins parfaitement. C'est l'air pur qui, de toutes les substances connues jusqu'à présent, est la plus efficace. Aussi ai-je placé son signe à la tête de la colonne du phlogistique de ma nouvelle table d'affinités. »
.... « La combinaison de l'air (p. 74) avec le phlogistique est un composé si subtil, «qu'il est Susceptible de pénétrer les pores imperceptibles du verre et de se disperser en tous sens dans l'air. »
Et plus loin (p. 130) : « Il n'est pas moins certain que la lumière doit être mise au rang des corps comme la chaleur; mais je suis d'autant moins porté à croire que la lumière et la chaleur ne soient qu'une seule et même chose, que le contraire me parait prouvé par des expériences. »
Lavoisier et Priestley.
La théorie de la combustion.
Les premières notions justes et précises que l'on ait eues sur la respiration des animaux, et sur les modifications qu'elle produit dans l'air où ils séjournent, sont dues à Lavoisier. Sans doute, avant lui, on avait constaté un grand nombre de faits qui sont des conséquences de cet acte. Ainsi, on avait reconnu bien anciennement que les animaux ne peuvent vivre qu'un temps limité, dans une quantité donnée d'air atmosphérique. Bientôt ils y languissent , ils s'y assoupissent. Ce sommeil , d'abord paisible, est bientôt suivi d'une grande agitation. La respiration devient pénible et précipitée; enfin l'animal meurt dans des mouvements convulsifs. Ces accidents se
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succèdent avec une rapidité d'autant plus grande, que le volume d'air, où les animaux sont renfermés, est moindre relativement à leur volume propre; étant toutefois plus lents, ou plus prompts à s'accomplir, selon le genre d'organisation et la vigueur des individus. On savait encore que l'air, ainsi modifié par la respiration d'un animal, devient impropre à entretenir, la vie et la combustion. Priestley avait reconnu que cette impropriété lui était commune avec plusieurs autres substances aériformes, distinctes entre elles. Il l'avait communiquée k l'air atmosphérique ordinaire, en y introduisant, sous des cloches de verre renversées, plongeant dans l'eau, une autre espèce d'air, que nous appelons aujourd'hui le deutoxyde d'azote et qu'il appelait Vair nitreuXy lequel réduisait le volume de l'air ordinaire dans une proportion à peu près constante ; comme s'il en retirait, ou s'il y détruisait la portion spécialement respirable. Toute naturelle que fût cette induction, elle ne semble pas s'être présentée immédiatement à Priestley ; car il ne chercha point alors à isoler le principe gazeux que l'air nitreux faisait disparaître, et qui aurait possédé une propriété si importante. Lui , et ensuite Scheele, le trouvèrent quelques années plus tard, par d'autres voies, sans y être conduits par les faits précédents. Ils réussirent à extraire de plusieurs préparations chimiques, un air éminemment apte à être respiré, entretenant la combustion avec une grande splendeur, et qui était totalement, ou presque totalement absorbé, ou réduit par l'air nitreux. C'est ce que l'on a nommé depuis air vital, ou gaz oxygène. Priestley l'appela air déphlogistiqué, Scheele air du feu, l'un et l'autre d'après des idées préconçues. C'étaient là de grands faits, mais presque tous complexes, qu'il fallait décomposer, séparer nettement les uns des autres, pour en tirer des conséquences justes. Car, par exemple, l'analogie que présentaient la respiration et la combustion de modifier toutes deux l'air commun, en sorte qu'il devînt impropre à ces deux actes.
cette analogie, disons-nous, n'était pas simple; puisque ' les deux opérations pouvaient bien donner naissance à des produits divers, intervenant dans le résultat final, et lui communiquant une qualité commune, avec d'autres différentes, comme cela arrivait efifectivement. Ce fut Lavoisier qui débrouilla ce chaos. Son esprit logique comprit qu'il y avait là deux questions distinctes, dont la résolution devait être successive. Il commença par celle qui s'appliquait à des matières inertes. Il analysa donc premièrement l'air atmosphérique dans son état naturel, en lui faisant subir des épreuves purement physiques et chimiques, dont les produits constants, identiques, pussent être rigoureusement mesurés, définis, pesés. Quand il eut ainsi établi la constitution propre de cet air, composé de gaz oxygène, et d'un gaz non respirable qu'il appela Vazote, il se mit à étudier les modifications que la respiration des animaux produisait sur ce mélange déjà connu. Cette rectitude de jugement qui lui fit attaquer successivement ces deux questions, dans l'ordre de leur dépendance logique, Lavoisier l'a portée dans tous ses travaux ; et ce fut une des causes les plus efficaces de leur succès. L'application en paraîtra sans doute ici très naturelle et très simple ; mais apparemment cela n'était pas simple alors, puisque personne n'avait songé à procéder comme lui.
Un des plus grands services que Lavoisier ait rendus à la chimie, c'est de l'avoir ainsi amenée dans la voie d'investigation raisonnée, qui seule convient aux sciences positives. Un autre , non moins grand , c'est d'y avoir introduit comme élément de recherches, les conditions rigoureuses de mesures et de poids, qui sont le seul fondement assuré des études physiques; conditions jusquelà généralement négligées par ses prédécesseurs et paF ses contemporains, même les plus habiles, si l'on excepte Cavendish, et peut-être Black. Comme exemple de cette importante innovation , je mettrai ici en parallèle deux
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travaux d'une grande valeur, et presque de même époque : le mémoire de Lavoisier sur Toxydation de l'étain, publié dans le recueil de l'Académie des sciences pour 1774; et celui de Priestley sur les différentes espèces d'âir, inséré a.VLJi Transactions philosophiques de 1772, lequel lui mérita la médaille de Copley, la plus haute distinction que la Société Royale de Londres puisse décerner. Le mémoire de Priestley est une mine de faits nouveaux, heureusement aperçus, curieusement saisis. Entre autres choses remarquables, on y trouve la découverte du nouveau gaz qu'il nomma l'air nitreux^ et que l'on sait aujourd'hui être le deuxième degré de combinaison de la portion non respirable de l'air atmosphérique appelée maintenant Vazote avec la portion spécialement respirable que nous appelons l'air vitale ou l'oxygène. Lorsque cet air nitreux, autrement le deutoxyde d'azote, est introduit dans un volume d'air atmosphérique, défini, enfermé sous une cloche ou dans un tube de verre, dont l'orifice plonge dans l'eau, il se combine immédiatement avec l'oxygène de cet air ; et le produit est un liquide acide que l'eau absorbe ; de sorte que le volume d'air atmosphérique sur lequel on opère, se trouve diminué de presque tout l'espace que son oxygène occupait. Cela offre donc un moyen de connaître, au moins fort approximativement, la proportion de ce principe qu'il renferme, et que renfermerait tout autre mélange analogue dans lequel l'oxygène serait plus ou moins abondant. Priestley vit totis ces phénomènes; il en reconnut les particularités les plus apparentes; il en saisit l'utile application, pour évaluer ce qu'il appelait la pureté de l'air ; et il créa ainsi les premiers procédés de l'eudiométrie, sans savoir, au juste, ni comment, ni sur quoi ils agissaient. Il fit encore, dans ce même mémoire, une multitude d'essais et de tentatives expérimentales sur les propriétés de deux autres gaz qui étaient déjà connus depuis longtemps, sous la dénomination d'air fixe et d'air inflammable. Ce sont ceux que nous appelons Vacide car-
bonique et ïhydrogène. Maintenant, si vous cherciiez à saisir la connexion dldées, le iil abstrait qui a dirigé ces investigations, vous le trouvez continuellement disjoint, rompu, ou plutôt il n'y en a pas. L'auteur lui-même le dit, et se félicite de s'être toujours conduit d'après l'inspiration du moment; car c'est un trait commun à tous les expérimentateurs dépourvus de méthode, qu'ils se glorilient de n'en point avoir. Mais, par une conséquence inévitable de cette confiance dans l'imprévu, les faits sont presque toujours sans liaison, incomplètement observés, inexactement définis. Le vrai et le faux arrivent ensemble ; et il est bien rare que la vérité se présente sans avoir pour compagne l'erreur. C'est une étude curieuse et instruc^ tive, que de lire aujourd'hui un pareil travail, avec les connaissances que nous possédons. Quand on y aperçoit si clairement, si évidemment, les faux pas continuels d'un esprit inventif, lancé sans guide à. travers les faits, on comprend mieux la reconnaissance que l'on doit à ceux qui, en coordonnant la science, nous ont rendu facile de découvrir ces fautes, et de nous en préserver.
Lavoisier se montre tout autre, dès ses premiers travaux. Ses erreurs, car il s'est trompé comme tout le monde, ne furent, même à ces origines, que quelques interprétations trop promptes, plus tard quelques généralisations trop éloignées. Mais jamais l'incertain ne le séduit, ni ne l'attire. Il marche toujours à un but prévu et défini. Ainsi, dans le mémoire que je veux prendre pour exemple, il s'était proposé de résoudre une question simple et unique, mais capitale. La plupart des métaux, quand on les chauffe fortement à l'air libre, perdent leur éclat; et, si l'opération est suffisamment prolongée, ils finissent par se convertir en poudres d'apparence terreuse, dont les couleurs varient selon la nature du métal, comme aussi avec le degré de chaleur qu'on leur a fait subir. Ces produits, d'après leur aspect, étaient appelés anciennement des chaux métalliques. Nous les nommons aujourd'hui