‹ Lectures scientifiques. Extraits de mémoires originaux et d'études sur la science et les savants. Physique et chimieChapitre 81 sur 120 · LA. VIE ET L*OEUVRE DE LAVOISIER · texte numérisé non relu

LA. VIE ET L*OEUVRE DE LAVOISIER

comme principes constituants dans la camposition des corps composés ; du moins, ils se manifestent dans toutes les analyses et décompositions chymiques, comme derniers résultats qu'on ne peut plus décomposer.

« Ces quatre substances ne se trouvent pas toujours réunies dans tous les corps de la nature indistinctement : les végétaux et les animaux les contiennent bien toutes ; mais la plupart des matières du règne minéral, etspéciament les terres vitrifiables, sont absolument dépourvues d'air et d'eau. »

Cependant, Stahl, tout en admettant les quatre éléments et leur reconnaissant « toute la simplicité des vrais principes primitifs », pense, avec les philosophes grecs, que le feu, Pair, la terre et Teau sont eux-mêmes composés de substances encore plus simples. Mais Stahl ne s'explique pas sur ce qu'il entend par ces substances encore plus simples. Aussi Baume peut-il ajouter :

« Lorsque nous examinerons {loc. cit,^ I, 44) les propriétés de ces substances (du feu, de l'air, de l'eau et de la terre), nous les considérerons avec les meilleurs chymistes-physiciens, comme les seuls et vrais principes des corps, parce que nous ne connaissons, quant à présent, aucun moyen pour les décomposer, ou pour leur causer la moindre altération. »

Baume étudie ensuite les propriétés de chacun de ces éléments, et il essaie de les définir :

« Le feu pur est un élément (I, 48) qu'on ne peut définir; on ne peut que reconnaître ses propriétés.... Il est le seul corps qui ait de la saveur et qui la donne aux substances qui en ont.... On n'est pas certain (I, 56) si le feu est ou n'est pas pesant. Il y a des expériences pour et contre ces deux sentiments. »

Et après avoir rapporté les expériences relatives à Taugmentation de poids des métaux par la calcination et les explications qu'on a données, il conclut (toc. ci^, p. 58.) :

« Il résulte de tout ceci que le feu est réellement pesant, lorsqu'il est combiné dans les corps; qu'il est encore pesant, lorsqu'il est libre et pur, mais que dans ce dernier état, on ne peut apprécier son poids, parce qu'il ne touche point les corps qu'il pénètre, et qu'il est continuellement dans un mouvement excessif. »

« Vair (p. 63) est un élément indestructible, inaltérable par tous les moyens connus jusqu'à présent dans la chymie. »

« Veau (p. 70) est un élément primitif, indestructible, inaltérable dans toutes les opérations de la chymie. »

« La terre élémentaire (p. 90) est aussi difficile à définir que le feu, l'air et l'eau, ta meilleure définition qu'on en peut donner est de dire que c'est un élément, et qu'il joue son rôle dans la nature, conjointement avec les autres éléments, pour former tous les corps composés qui existent. »

« Peut-être la nature (p. 119) combine-t-elle immédiatement les éléments deux à deux et trois à trois par des moyens qui nous sont absolument inconnus. Si ces combinaisons simples existent, elles seraient autant de principes secondaires, ou de principes principiés, dont la Nature ferait usage pour former des corps composés. Les connaissances nous manquent absolument sur cet objet. Nous ne sommes pas plus instruits sur la combinaison immédiate des quatre éléments; nous savons seulement qu'ils ont une telle disposition à se mêler, qu'il est absolument impossible de les avoir parfaitement purs et isolés les uns des autres. »

A ces quatre éléments, il convient d'ajouter un principe, le phlogistique, sur lequel on avait des idées encore moins nettes. Aussi, M. Dumas a-t-il pu dire que chaque chimiste en était venu à se faire un phlogistique à sa guise.

LA VIE ET l'oeuvre DE LAVOISIER. 489

« Il résulte *, dit Baume, des sentiments de Stahl et de Boerhaave, sur le phlogistique, qu'on doit le considérer comme une substance composée, formée de Tunion directe du feu élémentaire avec une matière très simple qui nous est encore inconnue. On est en droit de présumer que c'est une terre très subtile qui fixe ainsi le feu élémentaire. C'est vraisemblablement dans cet état de combinaison que le feu entre comme principe dans la composition des corps.

« Il est certain que le feu ne peut être que sous deux états, c'est-à-dire ou pur ou combiné. S'il est pur, c'est du feu élémentaire, et alors il agit sur tous les corps qu'il touche, comme je l'ai dit dans ma définition du feu; dans cet état il n'est point phlogistique.

« Le phlogistique, au contraire, est ce même feu élémentaire combiné avec le moins de substance possible; enfin, ce même feu fixé avec une substance très simple, qui lui fait perdre toutes ses propriétés de feu pur.... »

« Le phlogistique doit être considéré comme un vrai principe secondaire, formé de l'union directe du feu élémentaire et d'une substance quelconque, puisqu'on peut le décomposer et en séparer le feu élémentaire.

« Il résulte de tout ceci que le phlogistique n'est pas du feu pur, et qu'il a besoin d'un corps actuellement embrasé ou d'un grand frottement entre les matières qui le contiennent pour s'enflammer et produire de la chaleur. »

Interrogeons maintenant Scheele dans son célèbre Traité de l'air et du feu, publié pour la première fois en 1777, et traduit en français en 178i.

« La chaleur *, le feu et la lumière sont, d'après leurs matières principes, la même chose que de l'air pur et du phlogistique : mais la proportion, et peut-être la manière

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