‹ Lectures spirituelles pour le temps de l'avent disposéesChapitre 44 sur 55 · I.KCTLKE? oKiïiniHNNHS · texte numérisé non relu

I.KCTLKE? oKiïiniHNNHS

honneurs du monde, ce qui est grand aux ijeu.v des hommes, n'est riu'abomination au.r yeux de Dieu (1).

L'ambition mallieureuse de la part de Dieu : comment? par les jugements et les coups du Ciel qu'elle attire sur l'ambitieux. Nous ne lisons point dans l'Écriture de menaces plus ordinaires que celle-ci, savoir : que Dieu confondra les orgueilleux de la terre ; que tandis qu'ils s'épuiseront de travaux et de soins pour rétablissement de leur fortune et pour leur agrandissement, il déconcertera leurs mesures, il dissipera leurs desseins, il fera échouer leurs entreprises; que s'il les laisse parvenir au point de prospérité où ils visaient, ce sera pour tourner contre eux leur prospérité même, et qu'ils y trouveront une source de chagrins et de déplaisirs les plus mortels ; que s'il les laisse atteindre jusques au faîte de la grandeur ce sera pour rendre leur chute d'autant plus désastreuse et plus éclatante qu'ils tomberont de plus haut, et que, dans leur ruine, il les abandonnera à leur désespoir. Menaces qui ne regardent que la vie présente : car ne parlons point de ce que Dieu prépare à l'ambitieux dans l'éternité. Menaces confirmées par tant d'exemples dont les saints livres nous font le récit. Menaces qui se vérifient encore de siècle en siècle par mille événements que nous devons attribuer à la justice de Dieu, et qui sont de visibles, mais terribles châtiments de l'ambition.

1" Combien y en a-t-il que Dieu arrête au milieu de leur course? Ils s'agitaient, ils se tourmentaient, ils disposaient les choses avec toute l'adresse et toute l'assiduité imaginable ; une espérance presque certaine

(1) Luc, XVI, 15.

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leiii' l'époiulail du succès; mais un fâcheux contre- (cmps, mais la mort d'un patron, mais lo retroidisseinent d'un ami, mais la faveur d'un concurrent, mais quelque sujet que ce soit, a tout à coup rendu inutiles tant de démarches et tant de mouvements. Comme cette tour de Babylone, l'ouvrage est demeuré imparfait; et de cette fortune qu'on voulait bâtir, il n'est resté que la douleur d'y avoir perdu ses peines et vainement consumé ses jours. Ils édifieront, dit le Seigneur, et de mon souffle je disperserai tout ce qu'ils auront amassé de matériaux et fait de préparatifs. î" Combien y en-a-t-il qui, plus heureux en apparence, ont obtenu ce qu'ils souhaitaient? Tous les chemins leur ont été ouverts, tout les a soutenus ; mais, dans leur élévation, à quoi se sont-ils vus exposés? à la censure et au mépris, aux plaintes et aux murmures, aux traverses et aux contradictions, aux alarmes continuelles, aux affaires les plus désagréables, aux embarras les plus accablants, aux dégoûts et aux déboires les plus affreux; de sorte qu'ils ont été forcés de reconnaître que dans la médiocrité de leur premier état ils étaient mille fois, et plus honorés du public, et plus contents en eux-mêmes. Ils se promettaient de marcher dans des voies tout aplanies, mais Dieu les a semées d'épines. 3^ Combien d'autres, après avoir vécu un certain nombre d'années dans la splendeur, et y avoir eu tout l'agrément qu'ils pouvaient attendre, ont été renversés par une disgrâce ? de quelles chutes avons nous entendu parler, et même avons-nous même été témoins ? Tout s'est éclipsé: des familles entières sont tombées avec leur chef, et l'éclat des pères n'a pu passer jusques aux enfants : car ce sont là les coups du bras tout puissant de Dieu, et c'est ainsi qu'il abat de leur trône les potentats qui se confiaient en leur pouvoir. 4" Encore s'il daignait les con-

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soler dans leur infortune! mais parce que janaais ils ne se sont occupés de Dieu et que jamais ils nont su recourir à Dieu, ils les livre à leurs noires mélancolies. 11 les voit se ronger, se désoler, dépérir, sans verser sur eux une goutte de son onction divine pour leur adoucir l'amertume du calice. Apprenons de Jésus- Christ à être humbles ; cest ce quil vient nous enseigner, et c'est dans notre humilité que nous trouverons tout à la fois et linnocence et le repos de nos âmes.

TROISIEME LECTURE

MERCREDI

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