SUR I.A COMMUNION
cœur, les ratifie et les accepte, comme si vous lui disiez: Oui, Seigneur, c'est à vous même que je m'engage ; et je veux bien que vous vous éleviez contre moi, si les promesses que je vous fais ne sont sincères et véritables. J'ai juré, ô mon Dieu, de f/arder les ordonnances de votre divine loi (1). J'ai juré d'être plus régulier et plus exact dans mes devoirs de chrétien, d'avoir plus de charité pour mon prochain, de retran cher en moi la liberté que je me donne de parler ^d'au trui,etc. J'en ai juré, et c'est vous-même que je prends à témoin de ce serment, afin que vous le confirmiez, et que votre sacrement adorable que je viens de recevoir en soit comme le sceau qu'il ne me soit jamais permis de violer, à moins de passer devant vous pour un parjure et pour un an a thème.
Vlll. Vous exciter à la persévérance chrétienne, qui doit être l'un des principaux fruits de votre communion, en vous demandant à vous-même, comme saint Paul : Qui est-ce qui pourra désormais me séparer de Jésus-CJirist (2), après mètre uni à lui si étroitement? Puis \^us répondant avec les paroles du même apôtre : Non, je suis sûr que ni la mort, ni la vie, ni la prospérité, ni V.adversité, ni la grandeur, ni rabaissement, ni quelque autre créature que ce soit, ne me séparera jamais de lui (3). Ce n'est point, mon Dieu, par un esprit de présomption que je parle ainsi ; je connais ma misère et mon néant, et je sais que si vous m'abandon niez à moi-môme, je retomberais dans l'abîme de tous mes désordres. Mais, uni à vous comme je le suis par votre sacrement, j'ai droit de m'élever au-dessus de moi, et de me promettre que, tout inconstant et tout fragile que je puis être, je persévérerai dans votre amour et dans la possession de votre grâce.
(1) l'sal., cwiii. - '2) Koin., vni. — (3) Iliid.
MO J.ECTURES QUOTIDIKNNE?.
IX. Accomplir réellement, dans la suite de votre vie, ce que vous vous êtes proposé dans la communion, vous comportant de telle sorte qu'après avoir communié, vous puissiez encore dire, comme saint Paul : Je rifi ; mais non, ce n est plus mol. c'est Jésus-Christ qui vil en moi (1) ; vous souvenant que le plus grand de tous les scandales, selon le jugement même du monde, est de voir un chrétien qui communie, mais dont la conduite n'en est pas pour cela plus chrétienne ni plus édifiante. 11 faut donc, puisque Jésus Christ vit en vous par la communion, que ce soit lui qui désormais agisse en vous ; c'est-à-dire qui vous fasse penser, agir et parler, et qu'il n'y ait rien dans toute votre conduite qui ne soit digne de lui. Car si après la communion vous viviez, comme auparavant, dansle désordre dune vie lâche ou libertine; si vos pensées étaient aussi mon daines, vos paroles dissolues, vos actions aussi déré glées quelles étaient avant que vous eussiez commu nié; ce que Salvien disait autrefois se véritierait dans vous à la lettre, savoir, que Jésus-Christ recevrait en vous de la confusion et de la honte, puisqu'il lui serait honteux qu'une langue, par exemple, qui a été sanctifiée parle sacrement de son corps, proférât encoredes paroles lascives et impures ; qu'un cœur dont il a fait sa demeure fût encore rempli de mauvais désirs.
X. Remarquer, et. s'il est possible, mettre pai écrit, après la communion, certains sentiments plus tendres et plus affectueux dont vous avez été touché à la sainte table : afin que, s'il vous arrive ensuite de tomber dans la sécheresse, ou même dans le relâchement et dans la tiédeur, vous puissiez vous ranimer par le souvenir des choses qui ont fait alors impression sur votre esprit. Car vous profiterez ainsi de l'avis ^a-
(1) <.nl., 11.
;l'r la communion.
lutaire de David, conçu dans ces paroles du Psaume : IjCS saintes pensées dont votre cœur a été rempli dans la communion, étant recueillies et conservées, comme inûimi de précieuses reliques, vous feront nn nouveau jour de fêle, autant de fois que vous y aurez recours et ({ue vous les rappellerez.