loan., \xi. 17. -- ''2) Ibid. - (:?) Olli. I»i
:>n\ J.l-(.TLIŒ< OLOTIDIEN.NES.
VOUS ayez fait pour cela, vous êtes toujours infiniment indigne de ce sacrement.
§ llf. Arts pour le temps qui suit la communion.
I. Sortir de la sainte table avec un profond respect de la présence de Jésus Christ, qui est au milieu de votre cœur, et dont il est vrai de dire dans ce momentlà que la plénitude de sa divinité habite en vous corporellement. Etre quelque temps dans le silence, comme saisi d'admiration des choses qui viennent de saccomplir en vous, et vous considérant vous même comme le tabernacle vivant où réside alors le Saint des saints : pensée admirablement propre pour vous tenir dans un parfait recueillement, et pour arrêter toutes les distractions de votre esprit, qui ne pourraient être alors que criminelles ; comme si Jésus-Christ vous disait : Appliquez-vous à me contempler, et reconnaissez que je suis votre Dieu (1). puisqu'on vertu de ce mystère vous en avez une expérience si sensible.
II. Goûter le bonheur et l'avantage que vous avez de posséder Jésus-Christ, qui est votre souverain, et qui, par la communion, se fait le gage de votre béatitude, comme il en doit être l'objet pendant toute l'éter nité, vous appliquant ces paroles du Psaume : Goûtez, et l'oijez combien le Seiijneur est doux (2), Il est glorieuxdans le ciel, il est tout-puissant sur la terre, il est terrible dans les enfers ; mais il est doux dans ce sacrement, et la douceur dont il y remplit les âmes justes est le caractère de sa divine présence. Ah! mon Dieu, lui direz vous, que le goût des saintes délices que vous me faites maintenant sentir, m'ôte ix>ur jamais le goût ; des douceurs criminelles et des plaisirs du monde, qui ne font qu'empoisonner mon co^ur et corrompre rna
'<[, l'usai. 4:.. - 2 lliid.
SLR LA COM.ML.MON. ;,n:,
l'aison ! Hue cet avant-goût que vous me donnez de votre paradis, dans l'adorable Eucharistie, corrige en moi tous les goûts dépravés de mes passions, qui me font aimer ce que je devrais souverainement haïr, et qui me font préférer, aussi bien que l'enfant prodigue, la nourriture des pourceaux, cest-à-dire ce qui contente ma sensualité, aux véritables biens que vous communiquez à ceux ([ui s'attachent à vous. Entrez dans le sentiment du saint vieillaid Siméon, lorsque, pour comble de ses désirs, il vit Jésus-Christ entre ses bras : Ce^t maintenant^ Seigneur, que j'aurai la consolation de mourir en paix (1), puisque non seulement mes yeux vous ont vu, mais que mon âme vous possède, et que ma chair est pénétrée de vous, qui êtes la source de la vie.
\[[. Faire après la communion ce que David pratiquait si saintement : J'écoulerai ce que le Seigneur dira au dedans de nuri (2). Car c'est proprement alors qu'il est dans vous ; et si vous vous rendez attentif, il ne manquera pas de parler secrètement à votre cœur pour vous dire bien des choses auxquelles vous ne pensez pas, et que vous vous dissimulez à vous-même, mais dont il vous fera convenir. Par exemple, il vous reprochera certaines infidélités où vous tombez, certains désordres dans lesquels vous vivez, certaines lâchetés que vous ne vous efforcez pas de vaincre ; il vous dira en quoi il veut que vous changiez de conduite, ce qu'il veut que vous lui sacrifiiez, à quoi il veut que vous renonciez. En un mot, lui-même s'expliquant immédiatement à vous, et remuant tous les ressorts de votre conscience, il vous déclarera ses volontés, mais d'une manière dont il sera impossible que vous ne soyez touché, aussi bien que convaincu ; dites lui donc alors,
1 Lui\, -2. — (-2i l'sal., 3'i.
:m LKcTUiiF.s ol"()Tii>ie.nm;s.
comme Samuel : Parlez. Seifjnrur. parce que votre serviteur écoute (1 ).
IV. Vous acquitter du principal devoir que Jésus (llirist attend de vous api-ès la communion, qui est de lui témoigner votre reconnaissance pour le bienfait inestimable que vous venez de recevoir de lui. Car quelle ingratitude ne serait-ce pas, si, rempli de ses dons et de lui même, vous nen aviez aucun sentiment ? et ne mériteriez-vous pas dètre regardé comme un monstre de la nature, si un amour aussi parfait que le sienne trouvait dans votre àme aucun retour? Ah! Seigneur, devez-vous lui dire, que ma main droite s oublie elle-même, si je vous oublie jamais ; et que ma langue demeure attachée à mon palais, si je ne me souviens éternellement de vous i'2). J'ai été un infidèle, j'ai été un lâche, j"ai été un prévaricateur : mais je ne veux pas être un ingrat ; et puisque le sacrement de votre corps est une véritable Eucharistie, cest-à dire un sacrement daction de grâces, non seulement je veux vous marquer, par toute la suite de ma vie. com bien je vous suis redevable de lavoir reçu ; mais je veux même qu'il me serve pour vous remercier de tous les autres biens que vous m"avez faits et que vous continuez à me faire. Car que vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour avoir usé envers moi de tant de miséricorde ; et par où puis-je reconnaître les obligations excessives que je vous ai. les grâces dont vous m"avez comblé, les marques singulières de protection par où vous m'avez distingué, sinon en participant à ce calice mystérieux de votre passion? M'avez-vous enseigné un autre moyen que celui-là pour répondre avec quelque sorte d'égalité à votre charité infinie? Si je suis assez heureux pour avoir communié en état de grâce, ne
1) Rjm., 2 — 2; P-sal , 136.
>LK LA COMMIMON. :;m:
piiis-je pas me consoler dans la pensée que, vous oITranI vous-nu^'Uie à vous-même, puisque vous êtes mainlenanl à moi, je satisfais pleinement à tout ce que je vous dois?
V. Faire à ,ïésus-(lhrisl uneoblation entièrede votre personne, lui protestant qu'après lavoir reçu dans la communion, vous ne voulez plus vivre que pour lui, afin de véritiersa parole : Celui qui 7nan<jc ma chair livra pour moi (1); que vous ne voulez plus avoir de pensées, former de desseins, exécuter d'entreprises, que dans l'ordre de la parfaite soumission que vous lui devez; que vous ne voulez plus employer votre santé, vos forces, les talents de votre esprit, votre autorité, votre crédit, vos biens, enfin tout ce qui dépend de vous, que pour les intérêts de sa gloire : lui assujettissant toutes les puissances de votre Ame, en sorte qu'il en soit le maître, et qu'il y règne absolument ; et afin (jue cette oblation ne soit pas vaine et dune pure spéculation, la réduisant en pratique par l'examen que vous ferez de vous-même : c'est-à dire que si vous étiez assez malheureux pour avoir quelque attache dans le monde, vous en fassiez le sacrifice à Jésus Christ dans ce moment-là, en lui disant : Non, Seigneur, après la faveur singulière dont vous venez dem'hono rer, je ne souffrirai pas qu'il y ait rien dans moi qui puisse partager mon cœur entre vous et aucun être créé.
VI. Demander à Jésus-Christ, tandis qu il est encore au milieu de vous, toutes les grâces dont vous avez besoin ; le forçant par une aimable et sainte violence à vous les accorder, et lui disant, comme Jacob disait à l'ange: Non. je ne vous laisserai point aller que vous ne m'aye: donné voire bénédiction (2). Je ne vous demande
(1) Joan., 6. — (2) Gen., xxxii.
l.lj TLKliS nLOTlDIENNES.
point. Seigneur, lui ajoulerez-vous. des grâces temporelles, de la réputation, des honneurs, des prospérités, des richesses : tout cela ne servirait peut-être quà nie perdre. Je vous demande les grâces de mon salut, un esprit humble et un cœur chrétien ; je vous demande la haine du péché, une horreur éternelle de T impiété et du libertinage, la crainte de vos jugements, et par dessus tout votre saint amour. Je vous demande la force et la solidité de lesprit, qui m'est nécessaire pour me préserver de la corruption du monde, pour ne me pas laisser emporter au torrent de la coutume, pour résister à la tentation et au scandale du mauvais exemple, pour me mettre au-dessus du respect humain, pour me défendre du poison de la flatterie, pour n'être pas esclave de l'ambition, pour ne point succomber à l'intérêt, pour éviter les pièges funestes que le démon de la chair me tend de tous côtés, pour conserver, au milieu des dangers auxquels ma condition m'expose, la liberté et la pureté de ma religion ; enfin, pour pouvoir tout à la fois être ce que je suis et ce que votre providence ma fait naître, et être chrétien. Voilà, mon l)ieu. les grâces qui me sont nécessaires. J'ai droit en loiit temps de vous les demander; mais quand vous les demanderai-je avec plus de foi et ])ius d'assurance de les obtenir, que maintenant que je les possède, vous qui en êtes l'auteur ?
VII. Former de saintes résolutions sur les points particuliers où vous aurez reconnu que Dieu demande de vous quelque changement et quelque réforme de vie : par exemple, sur le défaut le plus notable que vous avez à corriger, sur l'habitude la plus vicieuse quevous devez combattre, sur l'occasion la plus prochaine du péché dont vous voulez sortir. Et afin que ces résolutions soient plus solides, les concevoir en présence de Jésus-Christ, qui. dans le fond de votre