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palais, de soile que vous puissiez vous en défaire en les quittant; elle a gagné votre propre chair : ce n'est donc pas en renonçant à vos soins, qu'il faut travailler à vous guérir; c'est en vous purifiant vous-même, qu'il faut sanctifier vos soins : tout est pur à ceux qui sont purs : autrement votre plaie vous suivra jusque dans le loisir de votre solitude: semblable à ce roi de Juda dont il est parlé au livre des 7^/.s, lequel eut beau abdiquer sa couronne, remettre tous les soins de la royauté entre les mains de son fils, et se retirer dans le fond de son palais, il y porta la lèpre dont le Seigneur lavait frappé, et vit cette plaie honteuse le suivre jusque dans sa retraite. Les soins extérieurs ne trouvent leur innocence ou leur malignité que dans notre cœur; et c'est nous seuls qui rendons les occupations de la terre dangereuses, comme c'est nous seuls qui rendons celles du ciel insipides et dégoûtantes.
Et voilà la dernière raison pourquoi nous faisons paraître si peu de vivacité pour la grande affaire de notre salut éternel; c'est que nous en accomplissons les devoirs sans plaisir et comme à regret. Les plus légères obligations de la piété nous paraissent dures, tout ce que nous faisons pour le ciel nous gêne, nous ennuie, nous déplaît : la prière captive trop nos esprits ; la retraite nous jette dans l'ennui; les lectures saintes lassent d'abord l'attention; le commerce des gens de bien est languissant, et n'a rien qui fasse plaisir; la loi des jeunes altère le tempérament; en un mot, nous trouvons je ne sais quoi de triste dans la vertu, qui fait que nous n'en remplissons les obligations que comme des dettes odieuses qu'on paie toujours de mauvaise grâce, et seulement lorsqu'on s'y voit contraint.
Mais premièrement, vous êtes injustes d'attribuer à la vertu ce qui prend sa source dans votre propre corruption ; ce n'est pas la piété qui est désagréable, c'est votre cœur qui est déréglé ; ce n'est pas le calice du Seigneur qu'il faut accuser d'amertume, dit saint Augustin, c'est votre