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goût qui est dépravé. Tout est amer à un palais malade ; corrigez vos penchants, et le joug vous paraîtra léger : rendez à votre cœur le goût que le péché lui a ôté, et vous goûterez combien le Seigneur est doux : haïssez le monde, et vous comprendrez à quel point la vertu est aimable ; en un mot, aimez Jésus-Christ, et vous sentirez tout ce que je dis.
Voyez si les Justes ont le même dégoût que vous pour les œuvres delà piété. Interrogez-les, demandez-leur s'ils regardent votre condition comme la plus heureuse : ils vous répondront que vous leur paraissez dignes de compassion ; qu'ils sont touchés de votre égarement et de vos peines, de vous voir tant souffrir pour un monde, ou qui vous méprise, ou qui vous ennuie, ou qui ne peut vous rendre heureux ; courir après des plaisirs souvent plus insipides pour vous que la vertu même que vous fuyez : ils vous répondront qu'ils ne changeraient pas leur tristesse prétendue contre toutes les félicités de la terre. La prière les console, la retraite les soutient, les lectures saintes les animent; les œuvres de la piété répandent dans leur âme une onction sainte, et leurs jours les plus heureux sont ceux qu'ils passent avec le Seigneur. C'est le cœur qui décide de nos plaisirs : tandis que vous aimerez le monde, vous trouverez la vertu insupportable.
En second lieu, voulez-vous savoir encore pourquoi le joug de Jésus-Christ est pour vous si dur et si accablant ? c'est que vous le portez trop rarement : vous ne donnez au soin du salut que quelques moments rapides; certains jours que vous consacrez à la piété ; certaines œuvres de religion dont vous vous acquittez quelquefois, et en vous déchargeant aussitôt, vous ne sentez que le désagrément des premiers efforts : vous ne laissez pas à la grâce le loisir d'en adoucir le poids, et vous prévenez les douceurs et les consolations qu'elle ne manque jamais de répandre sur les suites. Ces animaux mystérieux que les Philistins