‹ Ledru-RollinChapitre 1 sur 4 · AR · texte numérisé non relu

AR

EUGÈNE DE MlRECOURT-

GUSr^yÈ-^TIAVARp, ÉDlT£IJ^.:v

L Vuteur et l'Éditeur le r*éB«rVnt tons droitfde jc]^r«duction.

FJxs.-J LjJ.ARY

ASTOP, l-'^NOX AND

TiLDiilN IrO UN DATIONS

il 1932 L

BéIas^ avez-votts conservé le soaVenir ?

L'époque est si près de nous eBCor§* - *• ^ ••••• • * ••*• '

i Ont-Hs .flbimé la preuve d'une âai^, ; kifaite iVï^îj^ce? Croyez-vous -.SïieV

i'tetoire dw\u**lcura(^}ojr4er-]4ii.:â^ \ tnt une ligne*, in mot, qui «oi»'n*'.iJoOT

eux un éloge, tHftiûetrqne 4e sympathie,

t^ preuve d'estime ?

ÉMtflRftUIICiOb

Plats ambitieux, pris au dépourvue!

portée Inopinément au sommet du pou* voir, ils n'ont montré ni énergie, ni ressort, ni talent, ni mérite d'aucun genre.

Nous avons vu de près celui que nous

allons mettre en scène, et nous som*

mes bien certain^de ne pas nous tromper

dans.nqtre jugement sUr* çà personne el

sur'»q!ï;Câr4<^tèrô. :\':-;] ;'••;/ .

/ •ÔhÂeûr superbe, M.'Letîru-Rollin n'est • ' ï

• qu'uij'esprit médiocre. \ • ^

; ^,.8(îmblable au grotesque et plaisant hé- \ xiLâa Cervantes, k qui les It^es-de cbe-

* VâWiV avaient tourné lal£t^V Vex-menn 6iii4tt'PtO'visoira s'efs^pèrtcriS la raism par*d^'^l3iatvaises lampes révolution* iraires. - . - ^ * *^ ^

'•U le coryphée de ces jacobins piw^

tbjHnes qui, depuis la chute du Comité de 9alut public, se transmettaient de l'un à V&utre, k travers les âges nouveaux»

les doctrines de Robespierre et de Saint-

Ces aimables individus n'avaient rien appris, rien oublié.

Le despotisme monarcbique leur imposait bien quelque discrétion.

'Bais, derrière la muraille de la vie Intime, ils s'en donnaient k cœur joie, tutoyaient tout le monde, écrivaient des lettres anonymes au traître fih d'Ega-^ lUéy prévenaient ses ministres que le couperet ne tarderait pas à fonctionner sur leur nuque criminelle, et dataieilt toutes ces gentillesses de Père républi* caiae.

Dlg,t,zedby^^OOglt:

9 tSDRt-ROLLIN

Un de nos amis» coUecUonneor de piè* ces curieuses, nous met sous les yeux une étrange missive mortuaire, Hen ca* pable de démontrer l'étrange perversion d'esprit de ces descendants des terro^ ristes.

Voici la lettre de faire part :

<r Citoyen»

> Vous êtes invité au service ftmèbre du citoyen Pépin (1), décapité par les Thermidoriens, Tan 44 de la République.

Ce service aura lieu, samedi prochain, au temple de TËglise française du citoyen Châtel. D

Ambitieux inintelligent, perdu dans ce milieu délétère, Ledra*Rollin se crut de

(1) Complice de Fiescbi (1835).

Dlg,t,zedby^^UO^^lt:

LBDAU-ROLLiN 9

bonne foi une incarnation nouvelle de Danton.

Il se promit naïvement de raviver la grande époque, en jetant à la tête de la France des ossements études cendres, comme s'il était possible de ressusciter tous ces hideux fantômes qui dorment»

mutilés et sanglants, dans l'hypogée de rbistoire.

Porté au pinacle par une bourrasque subite» cerésurrectionniste politique s'i^ magine que l'heure est venue d'exhumer ces vieilleries et de les imposer derechef à la nation française.

II procède & sa jtentative audacieuse, en s'appuyant sur les colères, les convoitises, les passions des masses aveugles,

10 LEDftU ROLLIN

et en inifoquant les Furies de la destruc* tion et de la ruine.

Par bonheur, il n'a pas même les ta- ' lents d'un chef populaire- Ce n'est qu'un pygmée auprès des sombres géants de 93. Robespierre et ses complices dirigeaient le peuple d'une main ferme vers le terrible but qu'ils avaient marqué : Ledru-Rollin ne sait absolument que se mettre k la queue d'un parti en armes.

n se croit de taille à gouverner son pays, et il se laisse gouverner lui-même par le premier venu, fût-ce un Longepied; par la première venue, fût-ce une madame Sand. l^

Il prend dos secrétaires d*État pour

leur dicter des instructions^ et c'est lui qui écrit sous leur dictée.

Il n'est point socialiste, et, quand le pays se prononce contre ses tendances et le renverse du pouvoir, il se fait socialiste pour être encore quelque chose.

La destinée de cet homme devait forcément aboutir au ridicule.

Un jour, le flot populaire traverse la rue, et le grand meneur cède aux pre-?

miers braillards qui Facclament.

On Tentratne ; on le jette dans le gaé« pier d'une Convention pour rire, et ce dictateur avorté se console avec ce mot qui le peint de pied en cap :

« — Eh! je suis leur chef, il fallait bien les suivre ! t

li lEDhU-ROLLiN

Le seizième bulletin reçut, ce jour- là»

son chAtiment.

DisOûs-le, jamais châtiment ne fui teieui mérité; jamais coupable n'obtint^ en le subissant, des marques de compas-.sion plus nulles.

Il n'est pas permis de conduire k Ta* bime une grande et noble nation pour réaliser le rêve de quelques cervelles fenatisées, dont la conscience publique repousse avec borreur les épouvantables traditions et les théories sauvages.

Et, quand celte nation, bouleversée profondément par voUs, et par vous menacée de la ruine, vous rejette de son sein, les plus miséricordieux» les plus sympathiques aux douleurs du pros*

tEDBU-ROUIN 13

crit ne peuvent s'empécber de dire :

« Cest Justice! jd

Alexandre -Philippe -Auguste Ledru est né k Paris, le 2 février 1808.

Il est le fils de Paul-Jérôme-Alexandre Ledru ; sa mère était la flUe d'un me* nuisier appelé Gay.

Son grand-père paternel, personne ne rignore, était le célèbre Cornus, le Robert-Boudin de son temps.

De simple prestigiditateur qu'il était, Cornus 8'éleva tout k eoup k l'état de sa* ' tant. Il renonça» un beau jour, k la pbysi- ^ que amusante pour aider Franklin dans ces expériences sur réiectricité, qui con* dulsirentrillttstre Américain à la découverte do paratonnerre, j ,

U lEDRU-ROLLIN

Sous Louis XV, notre prestidigitateur enseigna la physique aux enfants de France \ il laissa une fortune considérable h sa famille.

Gonous possédait 11 Fontenay-aux*Roses une fort belle maison de plaisanec (i), qu*avait jadis habitée Scarron, le poète cul-de-jalte.

 la naissance de son petit-fils, l'ancien escamoteur vivait encore.

C'était un vieillard jovial, qui n'avait pas oublié ses tours de passe-passe, et son plus grand plaisir était de mystifier les gens*

Le Jour du baptême d'Alexandre- Phl-

(1) M. Ledra-Rollin en est encore pro* priétaire aujourd'hui.

LEBRU-aOUIN 15

lippe-Auguste, U se chargea de payer tous les hoaoraires d'dgiise.

U s'en acquitta vraiment en prince.

Enfants de chœur, bedeau, sonneur, loueuse de chaises reçurent chacun un napoléon, un vrai napoléon de vingt francs, dès le début de la cérémonie.

Vous comprenez leur joie, k l'aspect de celte gratiDcation splendide.

Ils serrent la précieuse pièce, qui dans leur poche, qui dans leur bourse. On retient k la sacristie, et Comas aborde l'un après l'autre les heureux qu'il a faits.

•— Je me suis trompé, leur dit-il Tout h rbeure je voulais vous donner un double napoléon. Le voici; mais rendez-moi les premiers vingt francs*

10 LEDRU-ROLtIN

Nos rats d*église, de plus en plus agréablement surpris, se fouillent, cher* chent, 86 refouillent et cherchent de nouveau*

— Mais, — ô contre-temps fâcheux I abominable coup du sort! — la première pièce a disparu. Ils ne trouvent & sa pla« ce qu'un petit sou à la reine^ monnaie qui, à cette époque, n'avait pas cessé d'avoir cours.

Les victimes de cet admirable escamotage restent confondues, stupéfaites, anéanties.

Comus les voit se regarder bouche béante; le bedeau se tient k qua* tre pour ne pas laisser échapper quelque énorme Juron fie sonneur a des larmes

Dig,t,zedby»^iUC)^lt:

lEDRU-ROLLlN l7

dans les yeiix, et la loueuse de chaises pousse le désespoir jusqu'à s'arracher les cheveux à pleines poignées.

Après avoir joui quelque temps de ce burlesque spectacle, Gomus leur dit avec un geste de duc et pair :

—-Vous ne le retrouvez pas?... 5oU« Ne cherchez plus, braves gens ! Voici le double jaunet. Prenez garde qu'où ne vous l'escamote encore.

Les pauvres diables étaient peu rassurés.

Mais Tancien prestidigitateur ne con*^ tinua point la plaisanterie.

Le jeune Ledru fit ses études dans unô des grandes pensions du collège Gharlemagne. Il s'y distingua par une obésité

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18 LEDaU-ROLLiN

précoce, qui lui valut da ses camarades ua sobriquet latiD, dont il serait impoli de donner la traduction.

Us ravalent surnommé Bo$ opimus.

Cette aménité scolaire ne laissait pas pressentir le tribun k la parole fougueuse» à Textérieur solennel; maison teo^nnaissait d^k le tempérament san^ guia et plétborique de Fbomme de loisir et de plaisir.

Ses classes terminées, Alexandre-»

Philippe-Auguste commença son droit k ^Faculté de Paria.

On le reçut licencié, puis docteur, et en 1830, on inscrivit son nom sur le tableau de Tordre.

(In avocat, portant le nom de Ledru,

LEDRV-ROLLIN It

g'était déjà fait coonaitre k Paris. Tou^ lant éviter la confusion et se distinguer de Charles Ledru, notre Barlhole en herbe joignit k son nom patronymique lenoai de Rollin, qui était celui de sa bi« saïeule maternelle.

À cette époque Ledru-BoUin n'arborait pas le moins du monde la bannière répu« blicaine.

11 professait ouvertement les doctrines les plus absolutistes.

tin avoué» du nom de Launoy, Tavait reçu dans son étude en qualité de maître clerc. Quand les ordonnances de Juillet parurent, le patron, qui appartenait au parti libéral, s'éleva passionnément eon« (re elles ; mais Alexandre*PbiUppe»Aa'*

iO LEDRD-ROLLIN

guste, royaliste-ultra, comme on disait alors, les soutint avec énergie.

I — Laissez donc ! disait-il, en reproduisant un mot déjà connu, quatre hommes et un caporal, et l'on va mettre h la raison tous vos révolutionnaires!

— Vous êtes un niais, lui dit maître Launoy. Je vous mets au défi d'arriver k rien, si vous ne faites pas de Topposi* tion.

Ces paroles donnèrent beaucouo h ré^ fléchir au petit-fils de Cornus.

Deux ans plus tard , ses opinions avaient passé du blanc pur au rouge vif.

La terrible insurrection des 5 et 6 juin venait d'éclater dans les rues de la capi* taie* et la royauté citoyenne prenait sa

LBDRU-ROLLIN tt

revanche de la peor que lui avaient faite les combattants de Saint-Merry.

On venait de proclamer l'état de siège.

La presse était muselée.

Notre jeune avocat, dans Tesprit duquel avaient porté semence les paroles de maître Launoy, se dit qu'il ne retrouverait pas de sitôt l'occasion de se faire connaître et d'attirer sur lui les regards du public par un scandale.

n se mit à protester contre la juridiction des conseils de guerre.

Un mémoire signé de lui parut, •

Nous ignorons si maître Launoy lu

prêta ses idées et son style; mais le fac-

tom était de nature k causer effective*

ment de Tesclandre. U fut soumis h l'ext-

8S IBD&C-ROiLIN

men de la Cour de eassaUon^ et celle-Gi, où dominait alors Pélément carliste, fut heureuse de pouvoir mettre quelques bâtons dans les roues du char gouver* Qemental.

Un arrêt solennel ût tomber Tétat de siège.

Après les événements d'avril 1834, — nouvelle et épouvantable lutte des sociétés secrètes contre le pouvoir, où la branche cadette ne triompha que les pieds dans le sang, r- Ledru-BoUin publia un second mémoire plein de virulence, au sujet des massacres de la rue Transno* nain.

Ses révélations eurent un retentisse- Bieat inouï.

LSDRU-ROLtllV 13

U 'Nûiiùnal et les autres oignes du radicalisme portèrent aux nues le courage de notre avocat démocrate.

Quand vint le procès des accusés d'à* vril» Ledfu-RoUin se chargea de la dé-^ fense de Caussidière. En octobre 1835, il prêta Tappui de sa parole k la Nomefle Minerve, accusée de diffamation envers M. le duc de Broglie» cet illustre fils de la doctrine. Deux ans plus tard, il obtint de la Cour des pairs l'acquittement de Laveaux, prévenu de complicité dans l'attentat de Meunier contre la vie de Louis- Philippe.

En 1838» h Journal du Peuple com« paraissait devant la coui? d'assises» pour avoir publié une adresse déOM^eratiaiie

U LEBRU-BOLLIN

des travailleurs anglais aux travailleurs français.

Ledru décida le Jury k prononcer un verdict de non-culpabilité.

Moins de quinze jours après, il remporta un triomphe plus glorieux encore, en sauvant le Charivari de Pamende et de la prison.

Ce journal, dans un article qui avait pour titre : Un petit million^ s'il vous flaitj se moquait du roi des barricades, et signalait au pays cette monomanie de cupidité chronique et cette habitude étrange de mendicité royale, qui portait Louis-Philippe a demander sans cesse à la Chambre des députés quelque dotation pour ses fils. ., ..,uu^,.

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Tout en consacrant aux frères et amis son talent oratoire» notre avocat s'occu* paît de sérieux travaux de jurispru* dence.

Il ne s'endormait pas sous ses lauriers démocratiques.

Le Journal du Palais^ compilation savante, que les juristes les plus distingués consultent journellement , eut Ledru- RoUin pour fondateur ^ il attacha aussi son nom au journal judiciaire le Droite dont il Alt quelque temps le rédacteur en chef.

Sa trentième année n'était pas encore révolue, quand il obtint des avocats ses confrères une marque de distinction qui témoignait de Testime de ceux*ci pour $on mérite. o....Googie

On l'élut membre du conseil de l'Ordre.

Mais il n'avait que la renommée 'd'avocat politique, et ne plaidait pas la moiii* dre cause civile.

Vers cette époque, il acheta cent mille écusune charge d'avocat aux conseils du roi et a la Cour de cassation.

Dès ce moment il eut une clientèle civile, et prit pour secrétaire un jeune homme très versé dans la jurisprudence, ^ M. Jamet.

Ledru-Rollin s'appliquait de plus chaque jour k perfectionner son talent ora'* toire. 11 réussit à lui donner plus de nerf, plus de concision, plus de logique.

En même temps il analysait dans ses

^ lEDRU-ROlLlN 27

obscurs détails cette science administrative , dont Te'tude est indispensable h l'homme politique. '

En 1839 , il se présente devant le collège de Saint- Valéry et sollicite la députation. Le grand Michel-Odilon-Morin- Barrot le présente aux électeurs et Tappnie de son patronage.

Voici une phrase de la lettre qu'il leur écrivit :

« Je voHS recommande M. Ledru-Rol-« lin, dont }'ai pu apprécier le talent et le patriotisme; je vous le recommande, bien que ses opinions politiques soient beaucoup plus avancées que les miennes. »

C'était déjh le temps de ces coalitions immorale», qui devaient arn^^n^r de si

28 lEDRO-ROLlIN

magnifiques résultats pour le trdne de Juillet. L'ambition des meneurs cherchait h s'appuyer sur tous les éléments hostiles pour renverser le ministère et ramasser quelques portefeuilles au milieu de la débâcle.

Malgré la missive de l'illustre Barrot, Ledru-RoUin échoua dans sa première tentative pour emporter d'assaut le siège législatif.

n ne jugea pas convenable de se représenter devant le même collège aux élections suivantes » devinant le piège que M. Tbiers tendait au parti radical.

Pour mieux vaincre l'agitation, le petit ministre la fomentait avec ce charla-

LEDUU-nOLLIN 20

tanisme habile qu'on $'cst plu de tout temps k lui reconnaître.

Voyant que Ledru-Rollin s'abstenait, la séquelle Barrot jugea la circonstance favorable pour faire élire un des siens.

Elle présenta Léon Faucher.

Le rédacteur en chef du Nationaly Armand Marrast, se prêta coniplaisamment à cette combinaison.

Passe-moi le jalap, je te passerai la rhubarbe. *

Si vou$ en doutez, en voici la preuve.

« Je vous écris la présente (1) pour

vous dire que Léon Faucher veut tenter

(1) Cette lettre curieuse d'Armand Marrast a été publiée par Napoléon Gallois.

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raventureàSainl-Yalery. C'est un collège que vous avez inventé. Faucher voudrait savoir qui il faut voir, à qui il faut écrire pour obtenir la majorité. Si vous ne pouvez nous donner dix minutes, soyez assez obligeant pour m*écrire une petite note sur ce que Léon Faucher doit faire, un mémento de quelques lignes qui lui servira... j'allais dire de guide-âne, mais le respect pour la presse me retient.

Aidez-nous donc, mon cher représentant futur, et nous vous tresserons des couronnes. Il n'y a pas un moment h perdre devant les comités. Faucher répète : « Il n'y a pas un moment à perdre I » et moi je vous demande de perdre un moment avec nous le plus tôt possible^ afin d'épargner le temps. Une

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audience OU un mot, je vous prie, et suis bien tout à vous.

t< ARMAND MaRRAST. »

Il est inutile d'apprendre aux lecteurs que la suscription de cette lettre porte le nom de Ledru-Rollin.

Garnier-Pagès, le coryphée de Toppo* sition républicaine k la Chambre, mourut en 1841.

Notre héros convoita sa succession parlementaire.

Le deuxième collège de la Sarthe était, en quelque sorte , une fie républicaine au milieu de la France monarchique. De ce collège, et a dater de la Restauration (c'est-k-dire sans compter Carnot et Siéyès)» étaient sortis, comme représen-

3J LEDRU-HOLLIN

tànts du radicalisme pur , Benjamin Constant, Lafayette, Picot- Desormeaux, Gormenin et Garnier-Pagès.

Tous ces grands hommes avaient reçu le mandat des électeurs du Mans.

Aujourd'hui, la haute réputation démocratique dont jouissait cette ville s'est fondue dans le suffrage universel.

Heureusement pour nous, elle ne conserve plus que la renommée des chapons.

Le rédacteur eh chef du National oU" blia qu'il avait promis à Ledru-Rollin de lui tresser des couronnes, et ne lui offrit point son concours, jugeant plus sage de faire de l'hérédité législative en ligne

IBDRU-EOLLIN 9S

collatérale. Il mit en avant la candidature de Garnier-Pagès jeune.

Hais tout le monde ne ftit point de cet avis. D'autres journaux républicains présentèrent d'autres candidats.

À cette époque^ la rédaction du Jaur^nàl du Peuple se réunissait tous les soirs au café de Mulhouse, rue Montmartre.

La démocratie et r estaminet ont toujours fait bon ménage.

Plusieurs électeurs républicains de la Sarthe accoururent tout exprès pour s'entendre avec les frère^^ et amis de la capitale. Us vinrent au café Mulhouse, et Ton organisa bien vite, k leur denuinde, une réunion préparatoire, k laquelle aa-

SI LEDRU-ROLLIH

sistèrent Banne, Ganssidière et Félix Avril.

Un des membres de cette rénnion proposa d'abord pour candidat M, Pancc, ex-agréé au tribunal de commerce» lequel se trouvait justement là y fumant sa pipe et buvant une canette.

M. Pance qui, depuis, fut préfet réactionnaire du Mans, s'engagea de la façon Ja plus expresse, au cas ob il obtiendrait la majorité des suffrages, à interpeller continuellement les ministres sur ces fameuses lettres que le journal la France venait de publier comme étant de Louis- Philippe, et où se trouvait cette phrase Imprudente :

« Je ne renonce pas à Tespoir de maîtriser Paris et ses aimables ftubourgs. »

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