‹ Ledru-RollinChapitre 3 sur 4 · NOUVELLES DE LÀ COUR · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE LÀ COUR

» Il y a eu bie? déjeuner au Petit-Triat i non. M. Ledru-Rollin faisait les honneurs.

11 y a eu aussi chasse k Chantilly. On a u couru le cerf et fait des battues dans le

parc d'Apremont. »

g Le lendemain , le citoyen ministre de I Tintérieur démentit la nouvelle, affirmant que, a depuis le 24 février, il travaillait vingt heures par jour, » tout juste autant que Napoléon! Il ajoutait : « Ce n'est pas faute d'avoir assez veillé, si je n'ai pas fait au peuple tout le bien que je voulais lui faire. »

Ne serai^ee pas, monsieur, parée que vous n'avâz point asses: dormi ?

Bref, le noble auteur des Bulletins termiuûit son panégyrique avec une modestie charmante, par cette citation empruntée à Jean-Paul :

a Ce sont les meilleurs fruits que les moucherons et les guêpes poursuivent avec fureur de leurs morsures. »

En attendant, les révélations du journalisme allaient leur train.

L'un imprimait que Son Excellence mattre Ledru s'était attribué les six plus belles paires de chevaux de Louis-Philippe.

Un autre racontait que le fougueux citoyen avait été rencontré, la veille, dans l'allée de lladridi au bois de Boulogne^

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monté sur un magnifique alezan moreau, et suivi de la citoyenne Judith de la Comédie-Française, dans son petit coupé.

Ailleurs, on rapportait que le puissant ministre, invité par Pétat-major de la garde nationale à un banquet patriotiquet s'était excusé en disant qu'il ne dînait jamais qu'en compagnie des ofQciers de sa maison.

— Palsambleul s'écriait-on en chôBur, la belle chose que la république démocra^ tique!

Cependant, Ledru-RoUin venait d'être envoyé à r Assemblée constituante par les départements de la Seine, deSaône-et« Loire et par l'AlgériOé

Mais il craignait de ne point être nom'»

mé de la Commission executive.

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Or, comme il était censé avoir sauvé Lamartine, au 16 avril, on résolut d'exploiter la reconnaissance du poète, et madame Sand travailla Fauteur des Giron^ dins pendant trois jours et trois nuits pour qu*il décidât les constituants h lui adjoindre Ledru-Rollin comme collègue.

L'illustre paratonnerre (on n'a pas oublié quMl se vantait d'avoir conspiré avec les rouges, comme le paratonnerre avec la foudre) daigna parler en faveur de maître Ledru.

Il obtint d'emblée la précieuse nomi^ nation.

Renversé du pouvoir k la suite des jeumées de juin, le héros de ce livre, qui avait professé jusque-là des doctrines

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antisoeialistes, se jeta^ tète baissée dans le mouvemeHt communiste extrôme, c'est»

à-dire dans Texagération du socialisme la plus folle et la plus subversive.

Hélas 1 vous souvient*il des compter du Provisoire?

Le chapitre de matlre Ledru fut bieà lourd.

Sur les registres qu'il présentait k la Chambre» il foliut additionner, non par mille firancs, mais par millions.

U était le général en chef des oiseaux de proie, dont la volée entière avait tté lancée sur la France, à raison de quarante francs par jour.

Ce qu'il y avait de plus remarquable dans ces Jolis comptes, c*ëtaii>lgiccafao*

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tère mystérieux sous lequel nos démocrates abritaient leurs dépenses.

A les entendre, on devait tout savoir, enrépul)lique^ chaque détail du budget devait être justiQé-, les contribuables allaient enOn connaître remploi de chaque centime.

Vaines promesses!

«- Qtt'avea&-vous fait de ces cinquante mille francs? demandait-on à nos illustres. .

— Ah!... Et que sont devenus ces deux cent mille?

— Toujours dépenses secrètes.

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*^ Oh! oh!... Mais ces cent soixantedix-sept mille?

-* Dépenses de plus en plus secrètes.

Si Ton insistait pour avoir le mot de l'énigme, ces messieurs répondaient :

— Police.

^ Mais pourquoi cette police?

— Pour surveiller nos confrères. (Textuel.)

Ainsi M. Marrast espionnait maître Ledru, qui espionnait Canssidière, qui espionnait Sobrier, qui espionnait Bar-lès, qui espionnait Blanqui, etc., etc.

Délicieuse entente cordiale!

Aimable confiance républicaine!

Parti probe, généreux, désintéressé!

La France est bien Ingrate de s'opposer au retour de tant d'honnêtes gens!

Haitre Ledru n'obtint que trois cent sùixante^dix mille cent diayneuf suf* frages pour la présidence de la république. Il s'en consola de son mieux, en allant banqueter au Chalet, k la salle Martel, k Cbâteaurout et à Moulins, t>i!t des bourgeois Airieux voulurent rassom^ mer.

Certes, la conduite de la garde nationale de cette Tille est bl&mable, nous ne lui chercherons point d'excuse.

L'horreur des doctrines rouges ne saurait légitimer l'assassinat de ceux qui les professent. Mais il est de notre devoir de chroniqueur de rappeler ici la fameuse

complainte rimée k cette occasion, par un petit journal de Fépoque ;

Du banquet de Moulins, infortuné convive,

Pourquoi sortir si morfondu?

T'durait«on accueilli d'une façcHi trop vivo,

Et sans le respect qui t'est dû ?

Dis-moi, grand citoyen» pourquoi cette panique,

Pourquoi ces accents furieux?

Pourquoi plisser ainsi ton front démocratique

Et mettre la foudre en tes yeux?

Aurait-on méconnu de ta m&le éloquence

La logique pleine d'appas ?

la sympathique voix fut-elle saqs puissance

Sur l'esprit charmé des goujats ?

Réponds, fougueux tribun de l'ex-provisoiro,

Dont ta main dirigeait le soc ; Ne sais-tu plus crier chaudement, après boire ;

a Vive la RB-PÉMOC-ST-SOCllI »

Ne te verra-t'On plus traçant de longues listes Pour tes gueuletons fraternels,

Avec le petit bleu, cher aux socialistes, Porter des toasts immortels ?

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OAi ne nous rassurer! — A la porte d'an bouge.

Paillasse de tous les tréteaux, Nous te verrons encore, orné du bonnet rouge.

Parader devant les badauds.

Bailleurs (qui ne le sait?) la pauvre République

Pour rire fieiit de vains efforts, Bt tu ne voudrais pas, toi, son premier comique

La quitter ainsi sans remords.

Reprends donc ton beau zèle et ton bouillantcoura

Afin que chacun puisse voir Nos cités, tour & tour égayant ton voyage,

Comme Moulins te recevoir I

La triste échauffourrée du 13 ju 1849 contraignit mattreLedru à prend] le chemin del'exil.

On eut dans cette conjoncture ui nouvelle preuve de son insigne faiblesse

Quelques amis, doués d'un brin c raison, lui insinuèrent qu'une semblabl

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tentative, au beau milieu du choléra, et se déguisant surtout sous le voile d'une manifestation pacifique, était vaine et stupide.

Hattre Ledru annonça qu'il n^y parti- <^iperait point.

Dans la nuit, des hommes inconnus, se disant délégués du peuple, vinrent le trouver k son domicile de la rue de Tournon et lui reprochèrent vivement de res* (f^r inactif.

Ce fut ce qui décida le maUieureux tri* bun à se rendre, le lendemain, au Conservatoire des Arts-et-Métiers, en compagnie d'une cinquantaine de reinrésentanti de la Montagne. og .edb^^uo^iL

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C'est tout bonnement la paraphrase d'une enquête industrielle faite par ordre du gouvernement anglais lui-même, et rendue publique depuis longtemps.

L'œuvre était plus que médiocre ; elle ne trouva point d'acheteurs.

On en donna quelques exemplaires en prime aux abonnés de h Réforme; le reste se vendit au poids.

L'illustre collègue en sociaUsme de madame George Sand habite tantôt Londres, tantôt les environs.

De temps en temps il applique sa si* gnature au bas de quelque proclamation révolutionnaire, pour qu'on se souvienne de son glorieux passé. , . ^,, ,^,,,,^,,.

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C'est un certificat de vie dëmocratique.

A quoi bon, monsieur? La France a récité sur vous et sur les vôtres un irr(5vocable De profundis.

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