‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 14 sur 28 · LE PAS DES AHURIS 9I · texte numérisé non relu

LE PAS DES AHURIS 9I

Ils VONT : et, le Troupeau nulle heure se demande, Timide, même et long, d'où la pluie aux pleurs noirs Ou d'où le soleil d'or : et, Tous, la lèvre grande D'angoisse grave ou d'heur hagard, Tous vers les soirs Ils VONT : et, le Troupeau nulle heure se demande...

Pieds las, pieds gais, le nez en l'air, pieds gais, pieds las,

Des Ahuris le Troupeau passe.

Pieds las, pieds gais, pieds gais, pieds las, drôle de glas.

Des Ahuris la grande masse !

peur de demain

Or vrvAiT-îl, lourd et le sang aux Yeux : la vie Très vide, il avait, lors, de paliers en paliers Promené ses lourdeurs et son aigre apepsie, Très las du mannezingue et voyant des milliers Montant d'ailes ! et des plumes darder en pluie,

Sans paix I — puis il se mit aux draps, et dans ses Yeux Montait du vague, et, haut, un grand pleur en sa gueule De peuple, haut 6t long I et pour « Trousseau » le vieux S^en alla par un soir : et, huhau! sa voix seule Mit au galop la rosse aux grands 03 en épieuxl...

Depuis, la maison pauvre a son âme esseulée Hors de son heur de vivre, et las on voit pleuvoir Des après-midi gris d'hiver et de gelée Raide : et du grand deuil plane, et le mirage, au soir, D'une salle où J'on voit des hommes pris d'onglée.

Un impalpé spleen pleure, et sur les paliers sourds Où le soleil de mars dans du morne agonise, On se parle à mi-voix : et, vont mornes et lourds Tous les pas ; et, le soir, une peur solennise Les deux gaz allumés, impavides et gourds...

Desmille MauxeneuXjTous peuple, —:^eauj)laneetyague- Le mal en eux, donné par l*appréhension Du voilé lendemain :,et du mourir qui vague A leurs oreilles sonne, âpre perversion, La gaule qui va loin et, morne, les élague.

PKUK DE DEMAIN qS

Tel en eux, du Malade erre le mal : et, pleurs Venus soupirs, les prie en sa salle odorée De sueurs et d'adieux sa pauvre âme : et, des peurs VoNT-elles, quoiqu'il. vive, au dos de Tous : marée De souvenirs pleures levés de leurs Torpeurs !

Tous, palier par palier, Tous alors, en simplesse Y VONT : et la maison, sous un même Temps gris. Quelques heures reprend un vieil air de liesse, Quandunpeude mieux gouaille auxdeuxYeuxamaigris Du vieux malade heureux que leur âme redresse.

Mais le sourire passe : et la morne maison De sa vague douleur se r'enrêve : et, soûlée De souleurs et d'émois, gris à son horizon, VoiT-elle, vers les soirs, des hommes pris d'onglée Dans une salle nue à l'âpre exhalaison.

Dans eux Tqus, revenus, une peur, plus magique Se glisse, de demain, et rend mauvais leur pouls : Mais l'âme de TAmi les appelle, énergique De langueur et de spleen : et, que veuille Dieu ! Tous Y VONT, Tous : et, palier par palier, héroïque,

Aux salles au grand vide arrive à pas heureux, — Hélas! VOIT par les pas le pauvre qui se pleure S'il va mieux ou va pis — arrive à pas houleux. Le grand heur soûlé d'air qui du mal le désheure Des Amis du malade aux deux Yeux anxieux...

Hélas! et, gouaille-T-on, Tous, et Tous se rigole, — T-on du paresseux, long et plan sur son vieux dos Tandis qu'on se désosse ! et leur gros rire vole, Vole si gros, si plein, que, leurs mains aux rideaux. Il redresse à demi, Torses à la peau molle,

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