‹ Légende d'âmes & de sangs: des versChapitre 15 sur 28 · PEUR DE DEMAIN QJ · texte numérisé non relu

PEUR DE DEMAIN QJ

Tous les pauvres de là, pleins d'anémie et vieux : — Plein de grand air, alors, et d'une odeur de haies, Le rire large a mis un peu de vie aux Yeux :

Un espoir passe : et, par les salles aux draps pâles Un Au-revoir immense exile les Adieux!

le soir sale

Or, AYANT le sopha haut gémi, le viT-elle, Amant maigre, et viT-il aux eaux de marais las Très lourdes, ses deux Yeuxl et, — des Vénus, hélas I Montant aux horizons, vain amoureux qui gèle, — Le vieux soir pâle ainsi que les pleins marais las.

Oh I leurs dessous mouillés de la pâle suée Qui, grasse glu d^azur des marais pleins et las, Des Toisons noires pleure, oh I qui ne venez pas, Heures noires I pour eux a glapi la huée Du vieux soir d'hiver sale aux airs de marais las !..

lOO LÉGENDE d'aMES ET DE SANGS

Heures qui ne venez, ô noires ! qui — lis pâles Tout épanouissez, linge et nus, dans le noir, — Trop TOT le réveil vint ! et, d'eux-mêmes miroir Qui sue et mol arôme, — aux Yeux de sales mâles — Triomphe le soir glauque ainsi qu'un vieux miroir

Mais, sué, quel arôme! et, des Inviolées

La narine n'a pas aspiré le pareil :

11 s'exhale, alourdi d'iris et de sommeil.

Tiède d'aigres empois, et, par lourdes volées,

D'une odeur qui le rend magique et non pareil.

Tiède d'empois mouillés et de la grosse haleine Des marronniers virils aux genèses d'éden Quand de leurs grappes sourd l'âpre amour du pollen, Haut il plane : et l'air lourd, ivre d'ivresse pleine, A des odeurs de germe et de premier éden

LE SOIR SALE lOI

O Dieu I la grande et vierge odeur,quand, Heuresnoîres ! Vous voilez le pollen et l'ovaire divins !

Mais les voiT-il, hélas ! le soir aux Yeux humains : H eures, vous ne venez ! et le groupe sans gloires A souillé la pudeur des ovaires divins.

Très dur, il n^a de lui, l'Amour des Aimés pâles, Que mépris à vomir : et sans paix le vieux soir, Vengeur du Trompé simple et d'eux-mêmes miroir. Sur leurs Yeux a des Yeux : et des paix sidérales, Heures noires montant après le vague soir,

Ne les apaise pas la langueur solennelle :

Tu ne mourras, hélas ! mémoire de leurs Yeux

Où le mépris regoule! et, remords sans adieux,

A Thorizon d'hivers qui larmoie et qui gèle

S'en reviendra Quelqu'un, le soir ayant des Yeux !...

I02 LléOENDE D'AMES ET DE SANGS

Où veîlla-T-elle, hélas I les primes épousailles, Des rideaux, sourds ainsi qu^un Temple, et des Tapis Très sourds de Tons^ amère, alors, et non : Tant pis ! Une musique pleure : et, plus que les sonnailles Aïorne, pleure la voix des rideaux et Tapis :

Aux Heures noires, oh I sans peurs et sans névroses Aimez-vous tout et large, ô les époux divins I Très doux ainsi qu'aux muids les ardeurs des grands Vins, Nus du nu grandiose et pudique des roses, Aimez-vous large et tout, ô les époux divins ï

Plongés au nirvana de l'amour révérée

Sœur pure aux Yeux de Dieu des angélus et glas.

Tout rêve, et sur vous l'air du noir qui ne voit pas,

Aimez du spasme large et montant en marée, D'oùne réveille ni l'angelus ni le glas I

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