‹ Légende des sièclesChapitre 100 sur 277 · Cf. dans Feu du Ciel · texte numérisé non relu

Cf. dans Feu du Ciel

Ces ponts, ces aqueducs, ces arcs, ces rondes tours ElTrayaiL'nt l'œil perdu dans leurs profonds détours... Des dieux d'airain, posant les mains sur leurs gênons.

La parente est plus voisine encore avec la Babylonc des Sept Merveilles (^18^2) : môme mouvement pour rendre le bruissement delà vie et du travail et même décor oriental :

La ville nous avanl sur sa tète va, vient. Se parle et se répond, querelle, s'entretient. Travaille, achète, vend, forge, allume ses lampes... Des bœufs à face humaine à nos portes sculptés Témoignent que Bélus est le seul roi du monde.

Sg-^i. Cf. dans Les Sept Merveilles (1862) :

Les paons ouvrent leur queue éblouissante au fond Des antres que nos fleurs et nos feuillages font ; Plus d'une nymphe y songe, et dans nos perspectives Parfois se laissent voir des nudités furtivos... L'air ride nos bassins, inquiètes baignoires. Où viennent s'apaiser les pâles voluptés.

Les vautours se posaient, fouillant du bec leurs plumes,

Sur les temples, sans peur d'être chassés, sachant /IB

Que l'idole féroce aime l'oiseau méchant ;

Le tigre est bien venu près de l'hydre ; et les aigles

Sentent qu'ils n'ont jamais enfreint aucunes règles,

Quand le sang coule auprès des autels radieux,

En venant partager le meurtre avec les dieux. 5o

L'autel du temple était d'or pur, que rien ne souille,

Le toit était en cèdre et, de peur de la rouille,

Au lieu de clous avait des chevilles de bois.

Jour et nuit les clairons, les cistres, les hautbois.

De crainte que le Dieu farouche ne s'endorme, 55

Chantaient dans l'ombre. Ainsi vivait la ville énorme.

Les femmes y venaient pour s'y prostituer.

Mais un jour l'Océan se mit à remuer ;

Doucement, sans courroux, du côté de la ville

Il rongea les rochers et les dunes, tranquille, 60

Sans tumulte, sans chocs, sans efforts haletants,

Comme un grave ouvrier qui sait qu'il a le temps ;

Et lentement, ainsi qu'un mineur solitaire,

L'eau jamais immobile avançait sous la terre ;

C'est en vain que sur l'herbe un guetteur assidu 65

Eût collé son oreille, il n'eût rien entendu ;

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