‹ Légende des sièclesChapitre 101 sur 277 · El la ville était calme aussi · texte numérisé non relu

El la ville était calme aussi

l^^-5o. Cf. dans Feu du Ciel :

Des essaims d'aigles roux et de vautours géants

Jour et nuit tournoyaient à ses porches béants,

Comme autour d'une ruche immense.

L'eau creusait sans rumeur comme sans violence,

Et la ville faisait son bruit sur ce silence.

Si bien qu'un soir, à l'heure où tout semble frémir,

A l'heure 011, se levant comme un sinistre émir, 70

Sirius apparaît, et sur l'horizon sombre

Donne un signal de marche aux étoiles sans nombre,

Les nuages qu'un vent l'un à l'autre rejoint

Et pousse, seuls oiseaux qui ne dormissent point,

La lune, le front blanc des monts, les pâles astres, 75

Virent soudain, maisons, dômes, arceaux, pilastres.

Toute la ville, ainsi qu'un rêve, en un instant,

Peuple, armée, et le roi qui buvait en chantant

Et qui n'eut pas le temps de se lever de table,

Crouler dans on ne sait quelle ombre épouvantable ; 80

Et pendant qu'à la fois, de la base au sommet,

Ce chaos de palais et de tours s'abimait.

On entendit monter un murmure farouche.

Et l'on vit brusquement s'ouvrir comme une bouche

Un trou d'où jaillissait un jet d'écume amer, 85

Gouffre où la ville entrait et d'où sortait la mer.

Et tout s'évanouit; rien ne resta que l'onde.

l'oiseau va 69. ... où les loups vont dormir.

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