‹ Légende des sièclesChapitre 121 sur 277 · VU, 7A · texte numérisé non relu

VU, 7A

64. « Xcrcès allant do Dorisque en Grèce contraignit tous les peuples qu'il trouva sur sa marche de prendre les armes et de le suivre à la guerre. » Hérodote, VII, 108.

68. Les i\'ims qui vont à la guerre en criant : Cf. la note du vers 63. « Les barbares, qui les voyoient fuir, les sui voient avec des cris

épouvantables. » Hérodote, VTI, 221.

69. Les Sardes, conquérants de Sardaigne et de Corse. Détails exacts, la légende prétend que la Corse fut colonisée par des peuples orientaux, conduits par Sardus. Cf. les différents textes cités dans X. Poli, La Corse dans l'antiquité, Paris, Fonlemoing, 1907. Abel Hugo en i835 écrit dans la France pittoresque a Les premiers habitants... furent des Phocéens, venus d'Asie », tome I", p. 2-3.

lyo APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.

Les Mosques tatoués sous leur bonnet d'écorce, 70

Les Gètes, et, hideux, pressant leurs rangs épais,

Les Bactriens, conduits par le mage Hystapès.

Les Tybarènes, fils des races disparues,

Avaient des boucliers couverts de peaux de grues ;

Les Lybs, nègres des bois, marchaient au son des cors; 75

Les Lybs, hommes des bois, 76. Les Aimds, hommes chasseurs, marchaienl

70. Les Mosques tatoués sous leur bonnet d'écorce : le bonnet d'écorce vient d'Hérodote : « Les Mosques portoient en tête une façon de bonnets faits de bois. » Mais pourquoi tatoués ? Les stigmates sacrés des Egyptiens dont parle Hérodote (II, ii3), ne sont pas à proprement parler un tatouage. D'autre part V. Hugo parlera tout à l'heure des Tybarènes, et Du Ryer ne donnait au livre VII que les formes : Tibaréniens et Tibariens. M. Fréminet a rapproché de ces vers un passage de Pline l'Ancien (VI, iv, 3): « Les Tibarènes, les Mossynes qui se tatouent le corps. « Je n'ai pas vu de Pline àGuernesey : il n'en figure aucun sur le catalogue de la bibliothèque de V. Hugo ; mais la phrase de Pline a pu être citée dans quelque étude lue par le poète. D'autre part, il faut remarquer que Du Rycr emploie lui-même la forme Tibarènes au livre III, ch. 94.

72. Les Ghtes : cf. la note des vers 37-89 ; les Gèles ne figurent pas dans le dénombrement d'Hérodote, mais Hérodote nous apprend, au livre IV, 7, qu'ils furent soumis par Darius.

72. « Les Bactriens étoicnt commandés par Hystaspès. » Hérodote, VII, 74.

78. « Cette épithète^i/s des races disparues, écrit M. E. d'Eichhal, est curieusement d'accord avec l'hvpotlièsc des savants modernes qui voient dans les Tibarènes «les restes refoulés dans la montagne de l'antique nation de Tubal ». V. Hugo avait tout simplement lu dans son Histoire universelle de Don Calmet (1728), ce détail historique connu dès le commencement du xvii^ siècle : « Thubal et Mosocli sont ordinairement joints ensemble dans l'Ecriture, ce qui fait conjecturer qu'ils peuvent être les mêmes que les Tibaréniens et Mosques, peuples amis et alliés dans les auteurs profanes». Tomel", p. 21.

74. Le vers est tout fait dans Du Ryer, à propos des Ethiopiens : « Les Ethiopiens... avoient des boucliers couverts de peaux de grues. »

75-79. On peut être surpris de voir des nègres habiter en Tlirace

Leur habit était ceint par le milieu du corps,

Et chacun de ces noirs, outre les cimeterres.

Avait deux épienx, bons à la chasse aux panthères ;

Ils habitaient jadis sur le fleuve Strymon.

Les Abrodes avaient Tair fauve du démon, 8<>

Et Tare de bois de palme et la hache de pierre ;

Les Gandars se teignaient de safran la paupière ;

/ en pourpre 83. Les Gandyrs se teignaient ) de fiel noir la paupière; ' en jaune

sur le bord du fleuve Strymon Tout d'abord ou peut identifier les Lvbs aux Libvens, que Du Ryer orthographie constamment Lybiens. Et il ne faut pas se hâter de croire à une bûvue du poète. Du Ryer, traduisant Hi rodote, VII, 76, écrit : « Les Thraces ont été auparavant appeliez Strimoniens... parce qu'ils demeuroient sur le fleuve Strymon ». Comment ces Thraces sont-ils devenus des Lybiens? Au livre IV, eh. 9, Du Ryer, parlant des Sigynes, population thrace transdanubienne, traduit par inadvertance : « Les Lybiens, qui habitent au-dessus de Marseille, appellent les Sigynes des revendeurs ». En réalité, dans Hérodote, ces Lybiens sont des Ligures. Mais la bizarrerie a séduit V. Hugo. Des Lvbiens, voisins des Thraces, qui habitent au-dessus de Marseille ! Voilà l'imagination du porte transportée à la fois vers les nègres, vers les forêts de la Gaule, de la Germanie et vers le Strvmon : c'est de cette association d'idées, dont le point de départ est dans Du Ryer, que proviennent ces cinq vers inexplicables au premier abord, et qui ont pourtant, comme la plupart des étranges détails d'érudition qu'on rencontre dans la Lé<jende des Siècles, leur source précise et vérifiahlc. — Les cimeterres appartiennent aux Perses (Hérodote, VII, 54); Vliabit ceint par le milieu du corps, aux Arabes : « Les Arabes portoient une sorte d'habit qui estoit ceint par le milieu du corps » (Hérodote, VII, 79) ; enfin, ce sont les Thraces d'Asie qui portent « chacun deux épieux propres pour enferrer des loups », Hérodote, VII, 76) ; loups qui deviennent ici des panthères, comme il convient dans un pays de nègres.

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