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Les lygiens, pour bains

semblablcment avant l'achèvement du vers, ne saurait fournir aucune indication sur l'origine historiaue des détails qui suivent, ni en infirmer la source historique. Les Bars ? V. Hugo a-t-il eu l'intention de désigner par là les Bapa;, peuple indien, dont le nom est donné par le géographe Ptolémée (VII, 2, 20). Les Bapat habitent, selon Ptoléméc, au delà du Gange. En les transportant en Chaldéc, V. Hugo n'aurait pas agi autrement pour eux qu'il n'a fait pour les autres peuples. Mais ces Bars ne sont pas cités par Hérodote, et l'on se demande où V. Hugo aurait pu en trouver la mention.

D'autre part, Rawlinson, The History of Herodolus, tome I*"', i858, discute longuement et conjointement le sens et l'ctymologic des deux vocables Bar et Nin, p. 623-627, qui reviennent à plusieurs reprises, associés ou séparés, et imprimés en italique pendant six pages. Les Bars et plus loin Içs Nims dérivcraient-îls directement ou indirectement de là ?

Le turban Chaldéen est un détail exact : les statues et statuettes chaldéenncs sont coiffées de turban ; (Sur les statuettes chaldécnnes et la date de leur découverte, cf. Heuzev. Catalogue des antiquités chaldécnnes du Louvre. Paris, 1902, p. 289). Pourquoi vert? Est-ce la couleur de certains bronzes qui influença la vision du poète ou sa fantaisie a-t-elle voulu transporter dans les lointains de l'histoire le turban vert que seuls les descendants de Mahomet ont droit de porter ?

54. V. Hugo transporte aux javelots des Thraccs (Hérodote, VII, 75) une expression analogue à celle qu'il a rencontrée dans Du Iljer, à propos des Ethiopiens (VII, 69), dont les arcs « n'avoicnt pas moins de quatre coudées de long ».

55. « Les Tliraces qui habitent l'Asie... ont chez eux un oracle de Mars » (Hérodote, VII, 76).

56. Sospires : Hérodote (VII, 7g) nomme les ija7-iic£ç, et Du Ryur traduit correctement au livre VII les Saspires : ailleurs, livre IV, 87, /40, il les appelle Sapires. Camards : « Après avoir fait un long chemin dans celte contrée (des Scythes orientaux) on rencontre certains peuples qui habitent au pied des hautes montagnes (situation analogue à celle des Saspires). Les hommes et Ls femmes y sont chauves naturellement et sont tous camus ». Hérodote, IV, aS.

l68 APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.

Les Lygiens, pour bain cherchant les immondices, Les Saces, les Mlcois, les Parthes, les Dadyces, Ceux de la mer Persique au front ceint de varechs, Et ceux d'Assur armés presque comme les Grecs, 60

Bouge 59. El ceux de la mer Noire...

57. Les Lygiens sont nommés en même temps que les Paphlagoniens, VII, 72. Du Ryer orthographie alternativement Ligiens ou Lygiens : orthographe fautive pour Ligyens, de AîyJH;. L'orthographe arbitraire de Du Ryer, suivie par V. Hugo, a été, pour M. Ernault, op. cit., p. 7, l'occasion d'une hypothèse ingénieuse au sujet des bains d'immondices : « Peut-être, dit-il, le poète, après avoir confondu les Ligyens d'Hérodote et les Ligyens de Tacite, a-t-il appliqué spécialement à ceux-ci, en le déformant, un trait attribué par l'auteur du De Moribus Germanorum (XII) aux Germains en général : ignavos et imbelles, et corpore infâmes, cœno ac palude, injecta insuper craie, mergunt. Ce bain fangeux n'était pas pris par plaisir, mais imposé comme supplice à certains criminels «. Plus simplement et plus vraisemblablement M. Fréminet croit que la pensée de V. Hugo a été influencée par la vue des lignes suivantes de Du Ryer, à propos des Tliermopyles :

du costé de l'Orient elles ont la mer, et les chemins remplis d'eau et de fange. Il y a en ce passage des Bains d'eau chaude, qui sont appeliez CliaucHcres par ceux du pays.

(Hérodote, VII, 76.)

58. Les Saces, les Micois, les Parlhes, les Dadyces : Tous ces peuples sont énumérés par Hérodote et V. Hugo adopte la forme que Du Ryer donne à leurs noms, sauf pour les Dadices, qu'il gratifie d'un y : Saces (Hérodote, VII, ()4), Micois (Vil, G8), Parthes et Dadices (\ II, 76).

5y. Hérodote mentionne les insulaires de la Mer Rouge, et c'était l'une des premières leçons du manuscrit. La coiffure de varechs ne se trouve pas dans Hérodote : le voisinage de la mer a évoqué pour V. Hugo la vision delà plante marine, et la belle sonorité de la rime l'a séduit.

60. Armés presque comme les Grecs: c'est une indication que fournit Hérodote à propos de plusieurs peuples, notamment à propos des Lydiens (VII, 7^) et des Cypriens (VII, 90); aux Assyriens Hérodolc donne des casques de cuivre (^ II, 78), différents, il est

Artée et Sydamnès, rois du pays des fièvres, Et les noirs Gaspiens, vêtus de peaux de chèvres, Et dont les javelots sont brûlés par le bout.

Comme dans la chaudière une eau se gonfle et bout. Cette troupe s'enflait en avançant, de sorte 65

Qu'on eût dit qu'elle avait l'Afrique pour escorte, Et l'Asie, et tout l'âpre et féroce Orient. C'étaient les Nims, qui vont à la guerre en criant, Les Sardes, conquérants de Sardaigne et de Corse,

Oa. ... vêtus de poils de chèvres.

vrai, de ceux des Grecs, « faits d'une façon toute extraordinaire » traduit Du Ryer. Mais « casques de cuivre » suffit au poète : le guerrier grec surgit.

61. Arlée et Sydanines : Le nom d'Arlhce se rencontre deux fois dans le livre VU d'Hérodote (21 et 66). Au chapitre 21, Du Ryer orthographie Arlliée et au chapitre 66 Arlée. Dans ce même chapitre figure Sisamnès ; il v a lieu de croire que V. Hugo s'était fait, selon sa coutume, une liste manuscrite de noms propres : Sidamnès paraît une faute de lecture, comme Sospires pour Saspircs.

63. Et les noirs Caspieiis. velus de peaux de chèvres : Ms, poil de chèvres. « Les Gaspiens estoicnt revêtus d'un gros savc de poil de chèvres. » Hérodote, VH, 'ji.

63. « Les AfTriquains... porloient des javelots brûlez par le bout. » Hérodote, VII, ■ji. La même indication est donnée pour les Mythiens

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