Huit chevaux blancs traînaient
i5^. L'expression cavaliers d'élite appartient à Du Ryer : cf. note i5o; escadrons est le terme par lequel Du Ryer traduit x.a-cà -iXcO. au ch. 87.
i55. Ces cavaliers d'élite, dit Hérodote, « portoient des javelines, mais la pointe baissée », VII, 4o.
i56. « Les Ethiopiens estoient couverts de peaux do Léopard et de Lyon » (Hérodote, VII, 69).
i58-i59. Hérodote parle « des femmes qui faisoient le pain » au chapitre 87 du livre VII. Le détail du pain sans levain peut être un souvenir biblique emprunté aux versets qui suivent, dans les Rois, l'histoire de la Sibylle d'Endor : « Elle prit de la farine, la pétrit et elle en fît des pains sans levain », I, Rois, XXVIII, a/J. Mais c'est également Hérodote qui a fourni l'indication au sujet de la reine : « Autrefois les Rois, non plus que le peuple, n'estoient point riches, et mcsme la Reine pestrissoit le pain et le faisoit cuire. » Le détail avait frappé Du Ryer qui inscrit, dans la marge, en italique, comme s'il s'agissait d'une tôte de chapitre : « La Reine mes.ne pestrissoit le pain. » Ed. de iGt>5, p. /i86.
i6o-i63. « Ces dix chevaux eslf)ieiit suivis du cliariot sacré de lupitcr, qui estoit traîné par huit chevaux blancs que le Cocher conduisoit à pied, parce qu'il n'est permis à personne d'y monter. »
l8o APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.
Les constellations qu'au fond du sombre éther
On entrevoit ainsi qu'en un bois les dryades, i65
Tous ces profonds flambeaux du ciel, ces myriades
De clartés, Arcturus, Céphée, et l'alcyon
De la mer étoilée et noire, Procyon,
Pûllux qui vient vers nous, Castor qui s'en éloigne,
Cet amas de soleils qui pour les dieux témoigne, 170
N'a pas plus de splendeur et de fourmillement
Que cette armée en marche autour du roi dormant ;
Car le roi sommeillait sur son char formidable.
j64. Les feux sombres épars dans le nocturne êther, 167. ... Arcturus, Sirius, l'alcyon
I70. Tous ces las de soleils...
N'ont...
165-169. Comparaison pleine de magnificence et qui témoigne du goût du poète pour les spectacles de la voûte céleste. La vue qu'on avait du cabinet de travail de V. Hugo sur le vaste horizon de la mer et du ciel explique que de pareilles visions lui aient été familières, la prédilection ^ju'il eut toujours pour l'astronomie (cf. Abinic qui est de i853 et Magnitudo Parvi. dans la partie de i855) s'est développée à Guernescy. Le vers 169 contient un détail curieusement exact. C'est à peu de chose près une phrase de C. Flammarion dans son Astronomie populaire, p. 801, piibliéc seulement en 1880 ; mais C. Flammarion, dès le retour de l'exil de V. Hugo, dîna fréquemment chez V. Hugo. Le poète l'interrogeait sur l'astronomie, et c'est ainsi que G. Flammarion lui donna un jour l'indication sur Castor et Pollux, utilisée ici.
171-175. Celte conception de la personnalité de Xercès n'est qu'en partie justifiée par Hérodote. Superbe s'explique facilement : « Mais bien qu'il y eust dans cette armée une si prodigieuse quantité d'hommes, il n'y en avoit toutefois pas un qui pust disputer de la bonne mine et de la belle taille avec Xercès, que cela mesme rendoit plus digne du commandement et de la puissance souveraine. » Obscur, inabordable : c'est la tradition classique, depviis l'Assuérus de Racine. Dormant, sommeillant, bâillant : l'ennui dans la puissance souveraine, la satiété des grandeurs et des plaisirs paraissent s'imposer toujours à V. Hugn, q>iand il s'agit des tyrans d'Orient. Comme Xercès, Zim-Zizimi et Sultan Mourad s'ennuient et bâillent. L'altitude
LES TROIS CENTS. i8l