Nous les incliquons dans les notes du texte
3. Ajoutons que la Bibliothèque des Romans est, à notre connaissance, pi'csque seule avec V. Hugo et Jubinal (article cité de la France litléraire) ii donner au cheval du Cid le nom de Babieça avec un f . Les autres traduct(Mirs ou adaptateurs des Romances du Cid impriment tous Babieca avec un c dur. Creuzé de Lessert dit correctement : « Le fier Babicia » ; le chevalier de Regnard et A. Rénal orthographient Babieca, et Alexandre Dumas dans la première édition de ses Impressions de Voyage en Espagne (1847) é*^"' Rabicca.
Légende des Siècles, enchâssés dans une composition dont la destination est complètement différente de celle du poème espagnol.
Le Romancero du Cid fait partie, dans la Légende des Siècles, d'un groupe de poèmes, Le Cid Exilé (ii février i85g), Bjuar(iO février iSôy), Paternité (!t janvier 1875), dont l'ensemble dénonce d'une manière manifeste l'intention de V. Hugo.
Il y a là autant de portraits en pied de la personne du poète et du politique. V, Hugo s'est complaisamment assimile au Cid, jusque dans les moindres détails, et lui a prêté tout d'abord ses sentiments, ses révoltes d'exilé, ses rancunes à l'égard de Napoléon III, puis ses expansions de piété filiale : on reconnaît même chemin faisant, à maints détails, les travers ordinaires de la vanité du poète.
II n'y a donc pas lieu de rechercher ici le degré de vérité du cadre légendaire où apparaît le héros de la Légende des Siècles. Le roi auquel le Cid de V. Hugo adresse ses reproches est un personnage, sinon de pure imagination, du moins de généralisation tendancieuse. Nous ne trouvons en lui avec exactitude aucun des rois sous lesquels a vécu le Cid, ni Ferdinand I (io35), ni Don Sanchc II (io65), ni Alphonse VI (1073-1109), encore moins le Don Sanche des Romances, Don Sanchc le Vaillant qui fait à la fin du Romancero espagnol l'éloge funèbre du Cid. Le Don Sanche de la Légende des Siècles est un usurpateur injuste qui méconnaît le mérite d'un héros. La figure qui se dessine et qui se précise, à mesure que s'accumulent les reproches de l'exilé de Bivar, c'est, en dépit de la couleur espagnole du cadre, celle de Napoléon III. C'est sur elle que plcuvent à coups redoublés, comme des balles de jeu de massacre, les vers cinglants du poète.
Par là l'inspiration du Romancero du Cid n'est guère différente de celle de Ratberl.
Bibliographie.
G. Lanso.\. Emile Deschamps et le Romancero. Revue d'Histoire litlérairo de la France, t. VI, iSgg.
M. RosLER. Sur les sources de la Légende des Siècles « Le Romancero du Cid », « Bivar », « Le Cid Exilé >-. Zeitschrift fiir franzùsische Sprache und Literalur, i"^' mai 191 1.