‹ Légende des sièclesChapitre 172 sur 277 · LE ROI SOUDARD · texte numérisé non relu

LE ROI SOUDARD

Quand vous entrez en campagne, Louche orfraie au fatal vol, On ferait honte à l'Espagne De vous nommer espagnol.

397. Je suis plein de pensers sombres IX. Numéroté primitivement III, puis IV. 3o3. a) ... au sombre vol

6) ... au triste vol

396. Babieça. Le cheval du Cid avait clé nommé par Rodrigue lui-môme Rabiéca (par un c dur) ; lorsque le parrain de celui qui fut le Cid lui fit clioisir un che>al, Rodrigue avait pris un affreux et chétif poulain : « Rabieca (c'est-à-dire : Nigaud), lui dit son parrain, tu as mal choisi! — Non, répliqua Rodrigue, celui-ci sera un bon cheval et il aura nom Rabieca ». Cf. Damas-IIinard, note 3" de la page 67, tome II du Romancero général. — Hugo fait donc erreur en écrivant Babieça, par un ç. Cf. notice p. 282.

IX. Tout ce développement, ainsi que celui qui précède (VIII) et ceux qui suivent (X, XI, Xll, XIII), n'offre rien de commun avec le Romancero espagnol. C'est le thème banal sur les rois conquérants et pillards, tel qu'on le rencontre dans Masferrer et dans le Jour des Rois.

Sire, on se bat dans les plaines, 3oj

Sire, on se bat dans les monts ; Les campagnes semblent pleines D'archanges et de démons.

On se bat dans les provinces ;

Et ce choc de boucliers 3«o

Va de vous les petits princes

A nous les grands chevaliers.

Les rocs ont des citadelles

Et les villes ont des tours

Oîi volent à lire d'ailes 3i5

Les aigles et les vautours.

La guerre est le cri du reitre,

Du vaillant et du maraud,

Un jeu d'en bas, et peut-être

Un jugement de là-haut ; 3ao

La guerre, cette aventure Sur qui plane le corbeau. Se résout en nourriture Pour les bêtes du tombeau ;

Le chacal se désaltère 325

A tous ces sanglants hasards ; Et c'est pour les vers de terre Que travaillent les césars ;

Les camps sont de belles choses ;

Mais l'homme loyal ne croit 33a

^iiO. Les milans et les vautours 33o. Mais l'honnête homme

327-328. Raccourci qui prélude au développement de VEpopée du ver.

Qu'à la justice des causes Et qu'à la bonté du droit.

Car la guerre est folle et rude.

Pour la faire honnêtement

Il faut une certitude 335

Prise dans le firmament.

Je remarque en mes tristesses

Que la gloire aux durs sentiers

Ne connaît pas les altesses

Et s'en passe volontiers. 34o

Un soldat vêtu de serge Est parfois son favori ; Et l'épée est une vierge Qui veut choisir son mari.

Roi, les guerres que vous faites 345

Sont les guerres d'un félon Qui souftle dans des trompettes Avec un bruit d'aquilon ;

Qui, ne risquant son panache

Qu'à demi dans les brouillards, 35o

S'il voit des hommes se cache,

Et vient s'il voit des vieillards ;

Qui, se croyant Alexandre,

Ne laisse dans les maisons

Que des os dans de la cendre 355

Et du sang sur des lisons ;

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