‹ Légende des sièclesChapitre 174 sur 277 · Addition marginale · texte numérisé non relu

Addition marginale

on II. On se demande étonné

357-360. Voilà qui rappelle les reproches faits explicitement aux Autrichiens, dans la Lellre à l'Italie et, par allusion, dans le Baron Madruce et dans Ratbert. Cf. le vers ^75.

Ce peuple est là, loin du monde,

Libre hier, libre demain.

Sur ces hommes l'éclair gronde ;

Leur chien leur lèche la main. 38o

Hercule y vint. Tout recule Dans ces monts où fuit l'isard.

Roi, César après Hercule, Gharlemagne après César,

Ont crié miséricorde 385

Devant ces pâtres jaloux Chaussés de souliers de corde Et vêtus de peaux de loups.

Dieu, caché sous leur feuillage.

Prit ce noir pays vaillant 390

Pour faire naître Pelage,

Pour faire mourir Roland.

Si jamais, dans ces repaires.

Risquant tes hautains défis,

Tu venais voir si les pères 395

Vivent encor dans les fils.

Eusses-tu vingt mille piques, Eusses-tu, roi fanfaron,

879. Sur euj- le tonnerre gronde 38i-38â. Addition marginale.

385. Tu crierais miséricorde 39a. [Et] faire mourir Roland Sgi. a) Aventurant tes di'fis

b) Hasardant tes vils défis

38i. Cf. le Guide Qutlin, op. cit., p. 899. 382. Isard, nom pyrénéen du chamois.

Tes bannières, les musiques,

Tout ton bruit de moucheron, 4oo

Pour que tu t'en ailles vite, Fussent-ils un contre cent, Et pour qu'on te voie en fuite.

De mont en mont bondissant.

Comme on voit des rocs descendre io5

Les torrents en février, Il te suffirait d'entendre La trompe d'un chevrier.

LE noi MOQLEUR.

Quand, barbe grise, je parle

Du saint pays montagnard, 'no

Et du grand empereur Gharle

Et du grand bâtard Bernard,

Et d'Hercule et de Pelage,

Roi Sanche, tu me crois fou ;

Tu prends ces fiertés de l'âge hô

Pour la rouille d'un vieux clou.

Mais ton vain rire farouche, lloi, n'est pas une raison

iio6. Les gaves en février

[noir] /lie. Du vieux pays monlagnarfl. — Le mot « saint » ne figure pas au ms. 417-424. Addition marginale.

4o3. Sur Bernard grand bâtard, cL dans Abcl Hugo, Romances historiques, 1828, p. 4i, la romance intitulée : Bernard apprend de qui il est fils.

L^ï']-!l^o. Cf. dans les Châtiments le dédain do V. Hugo pour les railleries de Napoléon III, notamment dans L'Homme a ri.

Qui puisse fermer la bouche

A quelqu'un dans ma maison ; 420

C'est pourquoi je continue, Te saluant du drapeau, Et te parlant tête nue Quand tu gardes ton chapeau.

LE UOI MECHANT.

J'ai, dans Âlbe et dans Gironc, f^2b

Vu l'honnête homme flétri.

Et des gens dignes d'un trône Qa'on liait au pilori ;

J'ai vu, c'est mon amertume.

Tes bourreaux abattre, ô roi, 43o

Des fronts qu'on avait coutume

De saluer plus que toi.

Rois, Dieu fait croître où nous sommes,

Dans ce monde de péchés,

Une herbe de têtes d'hommes, f,5b

Et c'est vous qui la fauchez.

Ah ! nos maîtres, quand vous n'êtes.

Avec vos vils compagnons,

Occupés que de sornettes,

iNous pleurons et nous saignons. /j/ji»

dîô-ilaS. Addition marginale.

&a8. ... dignes Ju trùne

Roi, cela fendrait des pierres Et toucherait des voleurs Que de si fermes paupières Versent de si sombres pleurs !

Sous toi l'Espagne est mal sûre 445

Et tremble, et finit par voir, Roi, que ta main lui mesure Trop d'aunes de crêpe noir.

J'ai reconnu, car vous êtes

Le sinistre et l'inhumain, 45o

Des amis dans des squelettes

Qui pendaient sur le chemin.

J'ai, dans les forêts prochaines,

Vu le travail des bourreaux.

Et la tristesse des chênes 455

Pliant au poids des héros.

J'ai vu râler sous des porches

De vieux corps désespérés.

Roi, de lances et de torches

Ces pays sont effarés. 46o

J'ai vu des ducs et des comtes S'agenouiller au billot.

Tu ne nous dois pas de comptes, Cœur trop bas et front trop haut !

rudes i43. Que de si vieilles

!^b^]-l^^)o. Rédaction marginale remplaçant ce brouillon qui faisait primitivement suite au vers 452 :

rdler sous J'ai vu pendre aux crocs des portes De vieux corps désespérés; Sur (les tas de femmes mortes Des tas d'enfants éventrcs-

LE RQMANGERO DU GID. 269

Roi, le sang qu'un roi pygmée 565

Verse à flols par ses valets Fait une sombre fumée Sur les dalles des palais.

O roi des noires sentences,

Un vol de corbeaux te suit, '170

Tant les chaînes des potences

Dans ton règne font de bruit !

Vous avez fouetté des femmes

Dans Vich et dans Alcala,

Ce sont des choses infâmes 475

Que vous avez faites là !

Tu n'es qu'un méchant, en somme.

Mais je te sers, c'est la loi;

La difformité de l'homme

N'étant pas comptée au roi. I80

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