V. Hugo. — Légende des Si'cles. III
Hgo APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.
— Chassez les nouveautés, roi Philippe.
En marchant, Tous deux rêveurs, ils sont arrivés près d'un champ Qu'emplit de son frisson toute une moisson mûre ; Au-dessus des épis jetant un long murmure. Sous de hauts échalas plantés parmi les blés, 45
Flottent, mouillés de pluie et de soleil brûlés, A des cordes que l'air pousse, éloigne et ramène. De hideux sacs de paille ayant la forme humaine ; Nœuds de débris sans nom, lambeaux fous, balançant On ne sait quel aspect farouche et menaçant ; £o
Les oiseaux, les moineaux que le blé d'or invite. L'alouette criant aux autres : Vite I vite ! Accourent vers le champ plein d'épis ; mais, au vent, Chaque haillon devient lugubrement vivant. Et tout l'essaim chantant s'effraie et se dissipe. 55
ia. Le hasard les avait amenés près d'un champ ti'6. beau, large, où frissonnait
où roule i en des Jlots d'or toute une moisson mûre;
< en ondes
' vagues Ml. Or, au-dessas des blés jetant un long murmure,