Tout ce que le rocher, la brique
durs 80. Il l'a ; ses hauts piliers, autels d'un dogme atroce
Tcchener, i836, p. 82. Notons que V. Ilugo avait dû connaître le Paris Historique de Ch. Nodier, publié chez Levrault, en i838, et Nodier, dans l'article Montfaucon, cite le supplice de Pierre de la Brosse pendu à Montfaucon en 1270. Mais c'est ici, confime dans toute la Légende des Siècles, « de l'histoire écoutée aux portes de la légende » ; et d'ailleurs V. Hugo semble n'avoir jamais eu de données bien précises sur la construction de Montfaucon : dans Notre-Dame de Paris, il place, d'après Sauvai, la construction du gibet en 1828 et il le fait étrenner par Marigny qui y fut pendu en i8i5.
80-86. L'idée est déjà en germe dans Notre-Dame de Paris où V. Hugo compare le gibet de Montfaucon « à un cromlech celtique et où il se faisait aussi des sacrifices humains ». Au cromlech, qui est un cercle de pierres, V. Hugo substitue ici, par une heureuse correction, la colonne d'Irmcnsul et les pierres droites des menhirs ;
MONTFAUGON. 298
Semblent des Irmensuls livides, et ses blocs
Dans Tobscurité vague ébauchent des Molochs ;
Baal pour le construire a donné ses solives
Où flottaient des anneaux que secouaient les divcs,
Saturne ses crochets, Teutatès ses menhirs ; 85
Tous les cultes sanglants ont là leurs souvenirs;
Si le lierre ou le houx dans ses dalles végète,
Si quelque ronce y croît, la feuille horrible jette
Une ombre onglée et noire, affreux stigmate obscur.
Qui ressemble aux cinq doigts du bourreau sur le mur. 90
81. Semblent des Irmensnls farouches .. . 83-86. Addition marginale. 84. Où pendaient...
87. ... dans [ces] dalles végète, La correction ses est raturée dans le ms.
... la plante...
88. ... la feuille ajjreuse jette 8g-go. Dans l'air l'dere senteur du pourrissoir impur.
Et l'ombre des cinq doigts...
avec les traverses empruntées au temple do Baal et les crochets de Saturne, la vision d'un gibet est précisée davantage.
81. On immolait des prisonniers devant la statue d^Irmcnsul, à Eresbourg, Gliarlemagne, vainqueur des Sa.Kons, la fit renverser en 'Î72 ; mais il laissa, dit-on, debout la colonne do marbre, haute de quatre mètres, qui servait de piédestal à la statue : le culte continua devant la colonne qui, en fin de compte, fut jetée dans le ^^ oser, puis retirée, exorcisée et déposée à Ilidelshoim, où on la voyait encore, au milieu du xix* siècle, surmontée d'une statue de la vierge.
82. Moloch: le fantastique de la vision s'exagère: on connaît la monstrueuse représentation de cette idole des Ammonites, gigantesque statue d'airain dans laquelle on allumait un brasier intérieur pour y sacrifier des enfants.
83-8/i. Les diues sont les mauvais génies créés par Ahriman, dans la mythologie persane. Comme les djinns (cf. Orientales, WVIII) ils bouleversent les maisons où ils entrent.
85. Saturne, ses crocitels : Quels crochets ? Serait-ce la â.ç.r.'q avec laquelle Saturne mutila Ouranos ? Ou, puisqu'il est ici question de sacrifices humains et que les anciens Cretois en offraient à Saturne- Moloch, y. Hugo songe- t-il à des victimes suspendues .•*
Vil bâtiment des temps fatals fatal complice !
Il est la colonnade immonde du supplice,
L'échafaud que le Louvre a pour couronnement,
La caresse au tombeau, l'insulte au firmament ;
Et cette abominable et fétide bâtisse 9^
Devant le ciel sacré se nomme la Justice,
Et ce n'est pas la moindre horreur du monument
De s'appeler l'autel en étant l'excrément.
Morne, il confine moins aux Paris qu'aux Sodomes.
Spectre de pierre ayant au front des spectres d'hommes, loo
Inexorable plus que l'airain et l'acier,
Il est, il vit, farouche et sans se soucier
Que le monde à ses pieds souffre, existe ou périsse,
Et contre on ne sait quoi dans l'ombre il se hérisse ;
A de certains moments ce charnier qui se tait io5
Frissonne, et comme si, triste, il se lamentait.
Mêle une clameur sourde aux vents, et continue