‹ Légende des sièclesChapitre 201 sur 277 · A l'air dp s'avanccr| sur Paris qui recule · texte numérisé non relu

A l'air dp s'avanccr| sur Paris qui recule

// a l'air d'approcher de...

La correction du texte ne figure pas dans le nis. 118. ... imbécille (ms.)

lai. 0 vision lugubre!...

121. Lugubre vision ! A cette vision qu'on compare celle de Notre- Dame de Paris (Livre XI, ch. 4, Mariage de Quasimodo), qui, voisine de Sauvai, est un raccourci précis sans lyrisme : « Qu'on se figure, au couronnement d'une butte de plâtre, un gros parallélipipède de maçonnerie, haut de quinze pieds, large de trente, long de quarante, avec une porte, une rampe extérieure et une plateforme ; sur cette plate-forme seize énormes piliers de pierre brute,

Quelque chose d'informe et qui paraît tremblant

Se dresse ; chaos morne et ténébreux ; broussaille

De silence, d'horreur et de nuit qui tressaille ;

On ne voit le nuage, et l'ombre aux vagues yeux, iî5

Et le blêmissement formidable des cieux,

Et la brume qui flotte, et Tastre qui flamboie.

Qu'à travers une vaste et large claire-voie

De poutres, dont chacune est un sanglant barreau ;

On dirait que Satan, l'infâme ange bourreau, i3o

DonI la rage et la joie et la haine, acharnées,

Exécutent Adam depuis six mille années,

Sur ces fauves piliers a posé de sa main

La grande claie où fut traîné le genre humain.

C'est, dans l'obscurité lugubrement émue, i35

De la terreur, bâtie en pierre, et qui remue ;

122. Quelque chose d'horrible... 1 féroce trouble \ fétide laS. ...; chaos morne et < nocturne; ...

I [sépulcral] [ ténébreux i25-i3C. Addition marginale.

127-128. Et la brume qui flotte, et l'étoile qui brille, Qu'à travers une vaste et monstrueuse grille [rudes] i33. Sur ces mornes piliers...

i3i. La claie énorme...

debout, hauts de trente pieds, disposes en colonnade autour do trois des quatre côtés du massif qui les supporte, liés entre eux à leur sommet par de fortes poutres où pendent des chaînes, d'intervalle en intervalle ; à toutes ces chaînes, des squelettes ; aux alentours, dans la plaine, une croix de pierre et deux gibets de second ordre qui semblent pousser de bouture autour de la fourche centrale ; audessus de tout cela, dans le ciel, un vol perpétuel de corbeaux: voilà Monlfaucon. «

i36. Cf. dans Nolre-Damc de Paris. « Les poutres étaient vermoulues, les ciiaînes rouillces, les piliers verts de moisissure. Les assises de pierre de taille étaient toutes refendues à leur jointure, et l'herbe poussait sur cette plate-forme oià les pieds ne touchaient pas. »

MOXTFAUCON. 297

C'est délabré, croulant, lépreux, désespéré;

Les poteaux ont pour toit le vide ; le degré

Aboutit à l'échelle et réchelle aux ténèbres ;

Le crépuscule passe à travers des vertèbres lio

Et montre dans la nuit des pieds aux doigts ouverts ;

Entre les vieux piliers, de moisissure verts.

Blêmes quand les rayons de lune s'y répandent,

Là-haut, des larves vont et viennent, des morts pendent,

Et la fouine a rongé leur crâne et leur fémur, l'iô

Et leur ventre effrayant se fend comme un fruit mur ;

Si la mort connaissait les trépassés, si l'homme

Valait que le tombeau sût comment il se nomme.

Si l'on comptait les grains du hideux chapelet.

On dirait : — Celui-ci, c'est ïryphon, qui voulait i5o

ii3. Plus blêmes quand les clairs de lune s'y répandent, i44. Des larves JloUenl, vont et viennent... i46. ...s'ouvre comme un fruit mûr,

i48. ... comment on le nomme

lig. ... du sançjlanl chapelet,

140-146. Cf. dans Notre-Dame de Paris: « C'était un horrlijle profil sur !e ciel que celui de ce monument ; la nuit surtout, quand il y avait un peu de lune sur ces crânes blancs, ou quand la brise du soir froissait cliaînes et squelettes, et remuait tout cela dans l'ombre. «

i5oi58. L'énumcration de ces pendus est déconcertante. Le vers 66 a précisé qu'il s'agissait du Paris d'- Philij>p^-le-Bel (i285i3i4); or il est ici question de l'imprimerie importée à Paris, d'après Morcri, en i^/O et dont l'invention par le sorcier de Mayence ne remonte pas au delà de i/j^o. Pierre Albin est un liumaniste du xvic siècle ; il n'y a de Glanas un peu connu que Joannes-Baptista a Glano qui fut, à la môme époque, docteur de l'Université de Liège ; plus étrange encore est ce Tryphon mêlé aux querelles d'Irénée, qui datent de la lin du second siècle et qui ne semblent pas s'être renouvelées au XIV*. Il semble que V. Hugo ait pris au hasard des faits et des personnages réels, de toute date, qu'il avait rencontrés au hasard de lectures très diverses, et qu'il ait accolé faits et personnages au gré de sa fantaisie. C'est une méthode qui lui est coutumière, mais le plus singulier est qu'il ait pendu au gibet de Paris ces obscurs écrivains qui n'y vinrent sans doute jamais, et dont on

Fêter le jour de Pâque autrement qu'Irénée ; Ceux-là sont des routiers, engeance forcenée,

chercherait vainement le nom sur la liste des illustres pendus de Montfaucon ; cf. Lavillegille, op. cit., et Maillard, Le Gibet de Montfaucon, Paris, 1867.

i5o-i5r. Moreri rapporte brièvement l'histoire de cette querelle connue : Irénce « assembla deux Conciles, le premier contre les Hérétiques et le deuxième contre les Quartodecimans, et il fit confirmer le Décret fait auparavant pour la célébration de la Fête de Pâques au dimanche aprez le quatorzième jour de la Lune de Mars. Les Prélats d'Asie n'avoient pas été de ce sentiment et le pape Victor, successeur d'Eleuthere, les sépara de sa communion. « Art. S. Irénée.

Il est déjà question des Quartodecimans dans Dieu :

... Fais la Pàquo ainsi que Théophile Le quatorzième jour de la lune de mars.

(Avant dernière Voix, i855.) Mais quel est ce Tryphon que V. Hugo mole, au xiv* siècle, à la querelle ancienne des Quartodecimans? A-t-il pris ce nom au hasard dans un dictionnaire. Il y a un Triphon du iii<^ siècle dans Moreri. N'est-ce pas plutôt au souvenir des notes prises pour les Misérables où il parle d'un « mauvais moine normand, un peu sorcier, appelé Tryphon «? Cosette, II, 2. Les Misérables ont paru en i86a ; mais une partie était sur le chantier dès iS/jS.

Glanus. Quel Glanus ? On ne connaît pas de Glanas, traducteur de Platon. Le procès des Templiers contient l'interrogatoire d'un Bartholomeus a Glano, qui ne paraît pas avoir été un lettré. Cf. Michelet, Le Procès des Templiers, Paris, i85i, p. 334, tome I'"'. En revanche Joannes-Baptista a Glano est un écrivain assez célèbre, qui a écrit de nombreux ouvrages, entre autres une Histoire des Pontifes et fait quelques traductions de textes syriaques. Cf. la Biographie nationale de Belgique, art. Glano (a.), et la Biographie liégeoise de Becdelièvre-Hamal, Liège, i836, p. SSi-Sgg.

Pierre Albin : le personnage existe, nom et prénom sont réels. V. Hugo avait d'abord écrit Balbin ; la biographie générale de Firmin-Didot cite plusieurs Balbin du xvii" siècle, un historien, un médecin et un poète. Pierre Albin, grâce au prénom, est une personnalité plus précise : Pierre Albin est un poète et un historien allemand du xvi« siècle dont le nom figure à la fois dans le dictionnaire de Walkins et dans celui de Ghaudon et Delandine, deux ouvrages que V. Hugo possédait à Guernesey.

MONTFAUCON. 29g

Gueux qui contre le sceptre ont croisé le bâton ;

Cet autre, c'est Glanus, traducteur de Platon;

Celui-ci, que des lois frappa la prévoyance, i55

Osa propager l'art du sorcier de Mayence,

Et jeter à la foule un Virgile imprimé ;

C'est Pierre Albin ; l'oubli sur lui s'est refermé ;

Cet autre est un voleur, cet autre est un poëte.

Derrière leur tragique et noire silhouette^ «Oo

L'azur luit, le soir vient, l'aube blanchit le ciel ;

Le vent, s'il entre là, sort pestilentiel ;

Chacun d'eux sous le croc du sépulcre tournoie ;

Et tous, que juin les brûle ou que janvier les noie,

S'entreheurtent, fameux, chétifs, obscurs, marquants, i65

Et sont la même nuit dans les mêmes carcans ;

Le craquement farouche et massif des traverses

Accompagne leurs chocs sous les âpres averses.

Et, comble de terreur, on croirait par instant

Que le cadavre, au gré des brises s'agitant, 170

Avec son front sans yeux et ses dents sans gencives,

Rit dans la torsion des chaînes convulsives ;

L'exécrable charnier, sous ses barres de fer,

Regardant du côté de Rome et de l'enfer,

iDD-i58. Addition marginale.

i58. C'est Balhin ; le tombeau sur lui...

l'enfer 160. Derrière leur informe...

le soir luit, l'éclair luit I G 1 . luit ; vient.

L'astre vient le soir fuit 163. Dans un miasme infâme et pestilentiel, 166. S'il pleut, le craquement lugubre des traverses

Le craquement lugubre et massif...

i6g. ... on dirait par instant

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