J'entends
Dire : m II faut en finir avec les méconlents. »
{Ibid., Juin, XII, Les FasitU-s.)
21-39. ^^' dans Lissa garay Histoire de la Commune, p. Sgo, une revue de la presse contenant des articles de journaux qui sont inspirés par ces mêmes idées.
3l4 APRÈS LES DIEUX, LES ROIS.
L'indifférence aux morts qu'on a, pourvu qu'on vive, L'acceptation froide et calme des affronts, Cette lâcheté-là se lit sur tous les fronts. — Pourquoi ces vanupieds sortaient-ils de leurs sphères.»* Ils sont morts. C'est bien fait. Nous avons nos affaires. Les rois qui sont un peu tyrans sont presque dieux. Nous serons muselés et rudoyés; tant mieux. Enterrons. OubUons. Et parlons d'autre chose. — Ainsi le vieux troupeau bourgeois raisonne et glose. 3o Et tous sont apaisés, et beaucoup sont contents.
Seul, un homme, — on dirait qu'il a près de cent ans Et qu'il n'en a pas vingt, et qu'un astre est son âme, A voir son front de neige, à voir ses yeux de flamme, — Cet homme, moins semblable aux vivants qu'aux aïeux.
33-38. Le pagényriquc du vieillard est un thème qui remonte aux œuvres les plus anciennes de V. Hugo : on le rencontre un peu partout : dans Hernani, dans les Burgraves, dans la Légende des Siècles :
Le vieillard qui revient vers la source première Entre aux jours éternels et sort des jours changeants, Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens Mais dans l'œil du vieillard on voit de la lumière. (jBooz endormi, ai -ai.)
Cette majesté des vieillards s'identifie pour V. Hugo avec celle des prophètes et quelquefois môme des archanges. V. Hugo parle d'ailleurs rarement dos vieillards, en qui il voit un reflet de Dieu, sans songer à lui-mcme. Comparer aussi ce qu'il dit du penseur dans V Année Terrible :
Les éclairs indignés dans sa prunelle ont lui,
(Avril, VI.) ot du poète :
Aux vivants aveuglés par la guerre civile
11 montrait la clarté du grand, du vrai, du beau,
Etant plus qu'eux tourné du coté du tombeau.
(Avril. VIII.)
LE COMTE FÉLIBIEN. Slf)
Rôde, et, quand il s'arrête, il n'a plus dans les yeux
Qu'un vague reste obscur de lueurs disparues,
Tant il songe et médite ! et les passants des rues.
Voyant ce noir rêveur qui vient on ne sait d'oii.
Disent : C'est un génie; et d'autres : C'est un fou. /lo
L'un crie : Alighieri ! c'est lui ! c'est l'homme-fée
Qui revient des enfers comme en revint Orphée;
Orphée a vu Plulon et Dante a vu Satan,
Il arrive de chez les morts ; Dante, va-t'en !
L'autre dit: Ce n'est pas Dante, c'est Jérémie. 'i5
La plainte a presque peur d'avoir été gémie,
Et se cache devant le vainqueur irrité ;
Mais cet homme est un tel spectre dans la cité
Qu'il semble effrayant même à la horde ennemie;
Et pourtant ce n'est point Dante ni Jérémie ; 5o