a3. (Cf
Tout fut fini. La fuite emporte les combats Comme le vent la brume, et toute cette armée, Dissoute, aux quatre coins de l'horizon semée, S'évanouit devant l'horrible grondement.
Tous, chefs, soldats, ce fut raOaire d'un moment. Croyant être en des lieux surhumains où se forme On ne sait quel courroux de la nature énorme. Disparurent, tremblants, rampants, perdus, cachés. Et le monstre cria : Monts et forêts, sachez Qu'un lion libre est plus que mille hommes esclaves.
(L'Art d'être grand-père. L'épopée du Lion, m, La Chasse et la Nuit.)
33o ENTRE LIONS ET ROIS.
Secoue en sa colère est de la même espèce Que Tavalanche énorme et le torrent des monts. Rois, vous régnez un peu parce que nous dormons ; Nos femmes font téter leurs petits sous leurs ventres, Mais lorsqu'il nous plaira de sortir de nos antres, 3o
Vous verrez. Le seigneur des forêts vous vaut tous. Sachez que nous n'avons rien au-dessus de nous. 0 rois, dans notre voix nous avons le tonnerre. Le seigneur des forêts n'est pas un mercenaire Qu'on leurre et qu'on désarme avec un sac d'argent ; 3& Et nous nous coucherons sur vous en vous rongeant, Comme vous vous couchez, maîtres, sur vos provinces. C'est vous les faux bandits et c'est nous les vrais princes. Vous, et vos légions, vous, et vos escadrons,
ag. Femmes : expression intentionnellement choisie qui fait contrepartie au vers :
Vos femelles au bain, pour être parfumées... Cf. dans Masf errer :
On voyait dans un coin sa femelle terrible.
Légende des Siècles de 1869. Masferrer, v. 556,
3i. C'était déjà l'afiRrmation du voleur :
Je prétends que je vaux mieux que toi, Que tous ; et je le prouve, à toi foule, à vous roi. Un voleur à un roi.