UN PAYSAN
Non.
l'huissier.
J'ai dit.
Il passe, et disparaît avec les quatre massiers.
LE BOURGEOIS, montrant la tour.
Quel fier dédain ! Quel rude compagnon
UN ÉTUDIANT de l'Université carlovingiennc.
Compagnon de personne.
LE PAYSAN
Oui, pas un ne l'égale.
l'étudiant.
Parfois aux champs fauchés il reste une cigale ; Ainsi cet homme libre est demeuré debout.
LE BOURGEOIS
Oui, ce mont excepté, l'esclavage est partout.
lt-5. El lui, silence ! Ah ! ([usl fier compagnon ! Ah ! c'est un des meilleurs
Université carlovingiennc : La fonJation d'une Université à Paris par Gharlemagne fut considérée comme une vérité historique jusqu'au xvii" siècle. C'est Pasquierqui le premier démontra l'erreur dans son dernier volume des Recherches de la France, 1621, livre IX, tome IV.
Un rourgeois, etc. Aux conversations de toute cette première scène comparer les conversations des esclaves dans la première scène dea Burgraves,
WELF, GASTELLA.N D'OSBOR. 38l
l'étudiant .
Welf, à lui seul, tient têle aux princes d'Allemagne.
UN VIEILLARD
Il ne veut pas qu'on passe à travers sa montagne, lo
Il est le protecteur d'un pays inconnu.
Qui troublerait ces monts serait le mal venu.
Il est père des bois. Sa tour fait sentinelle.
Il défend le sapin, Tif, la neige éternelle,
La route avec ses fleurs, la biche avec ses faons, i5
Et les petits oiseaux sont ses petits enfants.
11 guette. Son regard a des éclairs funèbres
Pour quiconque oserait attaquer ces ténèbres.
On voit la silhouette âpre du chevalier
Dans l'entrecroisement des branches du hallier. 20
Une sérénité nocturne l'environne.
Son casque n'a jamais salué de couronne.
Il se tient là, barrant le chemin, rassurant
La forêt, le ravin, le rocher, le torrent.
Et garde vierge, aux yeux de toute la contrée, ^5
L'ombre où cette montagne auguste donne entrée.
f). [A lui seul, il] tient tète...
11-22. Rédaction marginale remplaçant ces 2 vers : Si que. que agresseur vient, il surgit tout à coup. Il barre le chemin, reste en dehors de tout, chevalier le défenseur II. // est l'altier gardien d'un pays inconnu,
. i Prêt à jeter i éclair de ses regards funèbres '' \ Sur quiconque oserait attaquer ces ténèbres triste 6) Son oeil ombragé, fauve, et plein d'éclairs funèbres Son regard redoutable a des éclairs funèbres aS. 11 se dresse, barrant le chemin, découvrant
II. Pays inconnu : Cf. ci-dessus la noie du mot Osbor. ig-20. Raccourci de l'apparition d'Eviradnus dans le hallier, au début d^Euiradnus, v. 2-22.
382 WELF,
LE BOURGEOIS
11 est seul dans sa tour?
LE VIEILLARD
Il n'a pas un archer.
LE PAÏSAN à un autre paysan, montrant la tour. Tiens I entre les créneaux on peut le voir marcher.
l'étudiaint.
Tant qu'il vit, la patrie aux fers n'est pas éteinte.
LE vieillard.
Il n'a jamais voulu se marier, de crainte 3o
D'introduire en son antre une timidité.
l'étudiant.
Ici l'on rampe.
LE VIEILLARD
Il est seul de l'autre côté.
On dit qu'il vit là, fauve et noir, sans chefs, sans règles, Qu'il se fait apporter à manger par les aigles, Et qu'il n'a jamais ri.