J'attendrai, prêtre, que lu dételés
333-2/I0. Cf. les reproches adressés par Elciis aux gens d'Église.
/ioo WELF.
Monstres par qui tu fais tramer le char de Dieu ! 24»
Les chevriers, qu'on voit rôdant de cime en cime,
Sont de meilleurs pasteurs que vous, prêtres ; j'estime
Plus que vos crosses d'or d'archevêque ou d'abbé.
Leur bâton d'olivier sauvage au bout courbé.
Bénis soient leurs troupeaux paissant dans les cytises ! 24^
Oui, les femmes font faire aux hommes des sottises,
Roi d'Arles; mais j'ai, moi, c'est pourquoi je suis fort.
Pour épouse ma tour, pour amante la mort.
En guise de clairon l'ouragan m'accompagne.
Que peux-tu donc m'offrir qui vaille ma montagne, 25»
César, roi des Romains et des Bohémiens?
Quand tu me donnerais ton aigle ! J'ai les miens.
Que venez- vous chercher.»^ Qu'est-ce qui vous amène?
Rois, je suis dans ces bois la seule face humaine.
La terre sait vos noms et les mêle à ses pleurs. 255
Vous êtes des preneurs de villes, des voleurs
De nations, les chefs de l'éternel pillage.
Que voulez-vous de moi ? Je n'ai pas un village.
Vous êtes ici-bas les semeurs de l'effroi.
Le genre humain subit le duc, souffre le roi ; 260
Tu l'opprimes. César; Saint-Père, tu le pilles.
24o. Par qui tu fais traîner l'effrayant char de Dieu!
Le vers 24o était suivi des vers 253-204.
24i. Cf. Notice, p. 372.