LA VISION
J'eus un rêve : le mur des siècles m'apparut.
C'était de la chair vive avec du granit brut,
Une immobilité faite d'inquiétude,
Un édifice ayant un bruit de multitude.
Des trous noirs étoiles par de farouches yeux,
Des évolutions de groupes monstrueux,
De vastes bas- reliefs, des fresques colossales ;
Parfois le mur s'ouvrait et laissait voir des salles.
Des antres où siégeaient des heureux, des puissants,
Des vainqueurs abrutis de crime, ivres d'encens,
Des intérieurs d'or, de jaspe et de porphyre ;
Et ce mur frissonnait comme un arbre au zéphire ;