Des étages de Rome. Cf. Notice, p
96. Hicetas : Sur les idées d'IIicetas, Hugo trouvait dans Moreri
Secouant leurs flambeaux jusqu'au fond de la mer,
Jason sur le dromon, Fulton sur le steamer;
La Marseillaise, Eschyle, et l'ange après le spectre ;
Capanée est debout sur la porte d'Electre, loo
Bonaparte est debout sur le pont de Lodi ;
Christ expire non loin de Néron applaudi.
Voilà l'affreux chemin du trône, ce pavage
De meurtre, de fureur, de guerre, d'esclavage ;
L'homme-troupeau ! cela hurle, cela commet io5
Des crimes sur un morne et ténébreux sommet,
Cela frappe, cela blasphème, cela souffre,
Hélas ! et j'entendais sous mes pieds, dans le gouffre,
Sangloter la misère aux gémissements sourds,
Sombre bouche incurable et qui se plaint toujours. uo
Et sur la vision lugubre, et sur moi-même
Que j'y voyais ainsi qu'au fond d'un miroir blême,
La vie immense ouvrait ses difformes rameaux ;
103. Ce vers est accompagné de cette noie de V. Hugo : Après avoir fait ce vers aujourd'hui aa Avril iSTkj, je me suis aperçu que c'était le Vendredi-Saint.
io3. [Je voyais le chemin] de l'empire, pavage
Voilà le noir chemin du trône, ce pavage. Correction sur épreuves. de crime, io4. ...de fureur, de haine, d'esclavage;
loô. Hommes, troupeau.
io6. ... sur un morne et Iraijique sommet,
aux astres 107. Cela montre le poing au tombeau, cola souffre, 118. La vie obscure ouvrait
celle indication : « Hicelas, de Syracuse, ancien philosophe. Il croYoit que la terre étoit mobile, comme nous l'apprenons do Diogène Laërce, en la vie de Philolaûs. On ne sait en quel siècle il a vécu. »
Art. IIlCETAS.
99. Dromon: Cf. Aymerillot, dans la Légende des Siècles de 1869, tome I"', p. 187.
loi. Sur la porte d'Electre: Cf. Eschyle, Les Sept Chefs contre Thcbes: Ka-av£Ù; S' £-' 'lIÀEx-paiijiv it').T]/£v nJÀau. L'Electre qui a donné son nom à la porte de Thèbcs est la sœur de Cadmus.
LA VISION D'OU EST SORTI CE LIVRE. i3
Je contemplais les fers, les voluptés, les maux,
La mort, les avatars et les métempsycoses, n^
Et dans l'obscur taillis des êtres et des choses
Je regardais rôder, noir, riant, l'œil en feu,
Satan, ce braconnier de la forêt de Dieu.
Quel titan avait peint cette chose inouïe?
Sur la paroi sans fond de l'ombre épanouie uo
Qui donc avait sculpté ce rêve oii j'étouffais ?
Quel bras avait construit avec tous les forfaits.
Tous les deuils, tous les pleurs, toutes les épouvantes,
Ce vaste enchaînement de ténèbres vivantes ?
Ce rêve, et j'en tremblais, c'était une action 12&
Ténébreuse entre l'homme et la création ;
Des clameurs jaillissaient de dessous les pilastres ;
Des bras sortant du mur montraient le poing aux astres ;
La chair était Gomorrhe et l'âme était Sion ;
Songe énorme! c'était la confrontation i3o
De ce que nous étions avec ce que nous sommes ;
II 4. a) Je contemplais les deuils, les souffrances, les maux,
6) Je sondais les destins, 119-121. Sous la paroi sans fond de l'ombre épanouie.
Quel titan avait peint cette chose inouïe, courbé
Sous laquelle. Itajard et tremblant j'étouffais ? 13 1. ce songe où j'étouffais ?
123. Tous les deuils, tous les maux iî4. Ce morne enchaînement 127. Des hurlements sortaient i3i. De ce que nous serons
1 15. Avatars : le mot en rSSg a son sens pn'cis do doscenic d'un Dieu sur la lorro, d'incarnations successives de la divinité. l3o-i3i. Cf. La Pente de la rêuerie, v. 97-9'^ :
La face antique auprès de la face nouvelle Le passé, le présent.
lii LA VISION D'OU EST SORTI CE LIVRE.
Les bêtes s'y mêlaient, de droit divin, aux hommes,
Comme dans un enfer ou dans un paradis ;
Les crimes y rampaient, de leur ombre grandis ;
Et même les laideurs n'étaient pas malséantes i35
A la tragique horreur de ces fresques géantes.
Et je revoyais là le vieux temps oublié.
Je le sondais. Le mal au bien était lié
Ainsi que la vertèbre est jointe à la vertèbre.
Cette muraille, bloc d'obscurité funèbre, i4o
Montait dans l'infmi vers un brumeux matin.
Blanchissant par degrés sur l'horizon lointain.
Cette vision sombre, abrégé noir du monde,
Allait s'évanouir dans une aube profonde.
Et, commencée en nuit, finissait en lueur. i45
Le jour triste y semblait une pâle sueur ; Et cette silhouette informe était voilée D'un vague tournoiement de fumée étoilée.
Tandis que je songeais, l'œil fixé sur ce mur