‹ Légende des sièclesChapitre 36 sur 277 · Ces deux vols effrayants rayèrent les ténèbres · texte numérisé non relu

Ces deux vols effrayants rayèrent les ténèbres

168. Tout ce passage et ce qui le précède rappelle le développe-

lO LA VISION D'OU EST SORTI CE LIVRE.

Au bruit qu'ils firent, tout chancela ; la paroi

Pleine d'ombres, frémit ; tout s'y mêla ; le roi 170

Mit la main à son casque et l'idole à sa mitre ;

Toute la vision trembla comme une vitre,

Et se rompit, tombant dans la nuit en morceaux ;

Et quand les deux esprits, comme deux grands oiseaux.

Eurent fui, dans la brume étrange de l'idée, 175

La pâle vision reparut lézardée.

Comme un temple en ruine aux gigantesques fûts,

Laissant voir de Tabîme entre ses pans confus.

Lorsque je la revis, après que les deux anges

L'eurent brisée au choc de leurs ailes étranges, 180

Ce n'était plus ce mur prodigieux, complet,

Où le destin avec l'infini s'accouplait,

Où tous les temps groupés se rattachaient au nôtre,

Où les siècles pouvaient s'interroger l'un l'autre

Sans que pas un fît faute et manquât à l'appel; i8S

Au lieu d'un continent, c'était un archipel ;

Au lieu d'un univers, c'était un cimetière ;

Par places se dressait quelque lugubre pierre,

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