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Elle aime avril, juillet, août, ces ?nois vivants

Hymne. L'appellation d'hymne est ici justiQée non seulement par le rythme, mais parce qu'aussi l'Iiymnc antique, avait pour thème ordinaire la glorification d'un dieu, d'une personne ou d'un objet. Cf. dans la bibliothèque de V. Hugo, les hymnes homériques traduits en i85ii par Giguet ; les hymnes de Pindare en 1 865 par Ayma ; les hymnes orpliiques en 1869 par Leconte de Lisle.

1. Cf. dans la Notice p. 2'4, ce que dit Paul de Saint-Victor: « Gères... c'est le champ nourricier... «

2. Gf. dans les Chansons des Rues et des Bois, le petit poème intitule Saison des Sen^ailles. iSfi'À :

Il marche dans la plaine immense, Va, vient, jette la graine au vent.

5. Image familiale et sereine, qui contraste avec l'image des vers 5()-Ci dans les Pauvres gens, où sont rapprochées les constellations cl les tourbillons d'étincelles de l'àtre.

7. L'emploi fréquent des substantifs abstraits en ment est caracté-

Et rassainissement formidable des venls,

Et les souffles, qui sont des lyres, Et l'éclair, front vivant qui, lorsqu'il brille et fuit, lo

Tout ensemble épouvante et rassure la Nuit

A force d'effrayants sourires.

Gloire à la terre ! Gloire à l'aube où Dieu paraît ! Au fourmillement d'yeux ouverts dans la forêt,

Aux fleurs, aux nids que le jour dore ! i5

Gloire au blancbissement nocturne des sommets ! Gloire au ciel bleu qui peut, sans s'épuiser jamais,

Faire des dépenses d'aurore !

La terre aime ce ciel tranquille, égal pour tous,

Dont la sérénité ne dépend pas de nous, 20

Et qui mêle à nos vils désastres, A nos deuils, aux éclats de rires effrontés, A nos méchancetés, à nos rapidités,

La douceur profonde des astres.

La terre est calme auprès de l'océan grondeur ; a5

La terre est belle; elle a la divine pudeur

De se cacher sous les feuillages ; Le printemps son amant vient en mai la baiser;

sublime 19. ... aime le ciel clément.

21. Et qui mêle à tous nos désastres aS. La terre chante auprès

risliquc de la manière de V. Hugo dans ses dernières années : il en lisait jadis sobrement et en tirait de grands effets. Il les multiplie maintenant : immense Iremblemcnl des chênes, fourmillement d'yeux ouverts, blanchisse ment nocturne des sommets, vaste effacement du mal. Ce sont autant de néoiogismes.

a8. L'hymen du ciel avec la terre symbolise parles pluies du printemps a été chanté par un grand nombre de poètes anciens : cf. la

Elle envoie au tonnerre altier pour l'apaiser

La fumée humble des villages. 3o

Ne frappe pas, tonnerre. Ils sont petits, ceux-ci. La terre est bonne ; elle est grave et sévère aussi ;

Les roses sont pures comme elle ; Quiconque pense, espère et travaille lui plaît; Et Finnocence offerte à tout homme est son lait, 35

Et la justice est sa mamelle.

La terre cache l'or et montre les moissons; Elle met clans le flanc des fuyantes saisons

Le germe des saisons prochaines.

Dans l'azur les oiseaux qui chuchotent : aimons ! ^^

Et les sources au fond de l'ombre, et sur les monts

L'immense tremblement des chênes.

L'harmonie est son œuvre auguste sous les cieux ;

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