‹ Légende des sièclesChapitre 51 sur 277 · Dit alors Indra, dieu d'ombre et d'astres vêtu · texte numérisé non relu

Dit alors Indra, dieu d'ombre et d'astres vêtu

96-115. Les vers 96-1 15 surchargent des notes au crayon illisibles et qui commencent ainsi :

Ce qui vit, ce qui passe

Ce qui reste... hier, demain

J'ai tout sous mon reeard

96. Dans le recueil de Dissertations sur les Mœurs et Cérémonies religieuses des Peuples, illustré par Bernard Picard (1807) que V. Hugo possédait à Gucrncsey, il est question à plusieurs reprises de cet éléphant et de cette tortue (I, p. 5o, 96, ii5 dans l'édition de 1723, Amsterdam). Les Indiens, lit-on, croient que les quatorze mondes sont appuyés sur une haute montagne d'or, « que cetlc montagne est soutenue par huit éléphans, qu'une tortue porte les huit éléphans », et vers une date voisine de celle de Suprématie. Se conformant à ce texte, V. Hugo écrit dans Religions et Religion : ... la tortue ayant sur son écaille ronde Huit grands éléphants blancs qui soutiennent le monde.

VIII, Suites.

mais ici c'est à la gravure delà page 117, et non plus au texte qu'il se reporte : celte gravure représente la tortue (seconde incarnation de Vichnou) : un seul élépliant est figuré.

Porte l'éléphant blanc qui porte l'univers.

Autour de l'univers est l'infini. Ce gouffre

Contient tout ce qui vit, naît, meurt, existe, souffre, loo

Règne, passe ou demeure, au sommet, au milieu,

En haut, en bas, et c'est l'espace, et j'en suis dieu.

Sous moi la vie obscure ouvre tous ses registres ;

Je suis le grand voyant des profondeurs sinistres ;

INi dans les bleus édens, ni dans l'enfer hagard, io5

Rien ne m'échappe, et rien n'est hors de mon regard ;

Si quelque être pour moi cessait d'être visible,

C'est lui qui serait dieu, pas nous ; c'est impossible.

Etant l'énormité, je vois l'immensité ;

Je vois toute la nuit et toute la clarté; no

Je vois le dernier lieu, je vois le dernier nombre,

Et ma prunelle atteint rextrémité de l'ombre;

Je suis le regardeur infini. Dans ma main

J'ai tout, le temps, l'esprit, hier, aujourd'hui, demain.

Je vois les trous de taupe et les gouffres d'aurore, nS

Tout ! et, là même où rien n'est plus, je vois encore.

Depuis l'azur sans borne oi^i les cieux sur les cieux

Tournent comme un rouage aux flamboyants essieux,

Jusqu'au néant des morts auquel le ver travaille.

Je sais tout ! je vois tout !

— Vois-tu ce brin de paille? 120 Dit l'étrange clarté d'oij sortait une voix. Indra baissa la tête et cria : — Je le vois. Lumière, je te dis que j'embrasse tout l'être ;

loi. Brille, passe ou demeure io3. Sous moi la vie immense 107-110. Addition marginale.

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