Ces ? ont été mis par V. Hugo
lugubre et vil Et contre le néant, misérable désastre.
Contre l'ombre, j*ai pris la défense de l'astre. Voilà mon crime ' .
Ainsi, dès celte date do iSoS-Sg, V. Hugo assimilait le Titan et l'archange, c'est-à-dire que, dès cette date, il se serA'ait de la mythologie, comme de cadre à sa métaphysique : son procédé est resté le même en 1875.
Mais en 1 858-59 ^' renonça à tirer parti des Trois Titans : il n'entra pas dans son dessein de donner dans les Petites Epopées de 1809 une trop large place à l'antiquité, et d'autre part Le Satyre y exprimait surabondamment toutes les idées relatives au despotisme des dieux et à la révolte des forces cosmiques : il y aurait trop évidente redite.
La date tardive du fragment 211 (1874 au plus tôt) contenant le plan du Titan^, l'écriture des fragments 207, 209 qui offrent un certain nombre de vers ébauchés ^ montrent que tout au moins la pièce la plus importante, le Titan, n'a été méditée et composée qu'en 1874.
Au point de ■vue des sources de l'érudition mythologique de Victor Hugo, on ne saurait négliger l'étude attentive du verso du fragment 307 '■. Ce fragment contient des notes prises dans quelque traité de mythologie, dans quelque article de journal, ou peut-être jetées sur le papier à la suite d'une conversation.
Ces notes en effet ne peuvent provenir toutes des manuels que Victor Hugo avait entre les mains, ou tout au moins de ceux dont nous avons pu constater la présence à Guernesey.
Tel détail ne se rencontre ni dans le Chompré, ni dans les Banicr, ni dans ÏHistoire anonyme des Dieux, restés dans la bibliothèque d'Hauteville-House, ni même dans Noël, dont le dictionnaire, maintes fois réédité, fut d'un usage classique pendant tout le xix"^ siècle, et jque Victor Hugo a vraisemblablement possédé, ou tout au moins consulté à Paris.
1. L'écriture est celle de i85S : le papier est le papier bleu pâle dont V. Hugo se servait à Guernesey.