PRÉFACE DES BURGRA\ ES
cinées, ces blocs arrachés et rompus, ces lacs changés en marais, ces montagnes renversées et devenues informes, c'était quelque chose de plus formidable encore qu'une terre dévastée par un déluge ou remuée par les volcans ; c'était l'eflVayant champ de bataille où les titans avaient lutté contre Jupiter.
LA FIN DE SATAN (i854).
ï. Le Glaive. Strophe IIL Selon Orphée et Melchisedech.
L'an deux mille, Nemrod, passant les flots émus,
Vint jusqu'à Dodanim ' que nous nommons l'Hémus.
Là, dans un noir désert dont le lion est l'hôte,
Il entendit quelqu'un qui parlait à voix haute.
C'était Orphée. Orphée au front calme, écouté &
Par la somhre nature émue à sa clarté
Homme à qui se frottait le dos des bêtes fauves.
Racontait aux forêts, aux vents, aux vieux monts chauves,
La bataille oîi les dieux vainquirent les typhons.
Voici ce que disait Orphée aux bois profonds : lo
« Les géants n'avaient plus de montagnes. Leur fuite
Commençait ; l'IIémonie était presque détruite.
Ils avaient entassé Pinde, Ossa, Pélion,
Rhodope; et ces monts noirs d'où fuyait le lion,
I. Dodanim. « Elisas mena ses enfants dans l'Elidc, Dodanim alla demeurer aui environs de la foret de Dodone ; Cethini passa dans la Macédoine... » Damer, op. cit., VI, 28. Le rapprochement géographique de Dodone et de l'Hémus est de pure fantaisie.
II, Los vers 1 1-3/» constituent une pièce séparée, datée du 16 février i854, cl collée sur le manuscrit de la Fin de Satan, à la suite •des vers i-io.
i4- Rhodope : Héniiis cl Rhodope changés en monlagne. Bamer, VIII, 21.