Cf. Ibid., i863, III, La juerre da .Mexique
XIV INTRODUCTION
enseigne la clémence', à tous les rois d'Europe, il crie leur injustice à l'égard de la Crète et les menace de la révolte des peuples, cette foudre : « Le tonnerre vient de là-haut ! en langue politique, le tonnerre s'appelle révolution'^ » ; il appelle l'Amérique au secours des Candistes ^, et dans un manifeste violent il proteste contre l'arrestation de Gustave Flourens, leur délégué*; il prend parti pour les [rlandais, et il clame à l'Angleterre : « L'Europe vous rappelle au devoir". » Il intervient dans les affaires d'Espagne et vante les bienfaits d'une république future à la rébellion hésitante : « Redevenir l'égale de la France et de l'Angleterre. Offre immense. L'occasion est unique, l'Espagne la laisserait-elle échapper •' ? » Il s'insurge avec véhémence contre les massacres de Cuba : « La conscience est la colonne vertébrale de l'âme ; tant que la conscience est droite, l'âme se tient debout ; je n'ai en moi que cette force-là, mais elle sufTit. Et vous faites bien de vous adresser à moi. Je parlerai pour Cuba, comme j'ai parlé pour la Crète''. » Et pour ce qui regarde, en Italie, ses rapports avec les révolutionnaires et Garibaldi, est-il besoin de rappeler les violentes invectives (le la 1 ota" de Guernesey contre Pie IX et Napoléon III, et l'éloquent et audacieux appel à l'insurrection qui clôt le poème :
O peuple, noir dormeur, cpiand t'éveillcras-tu ?
Rester couche sied mal à qui fut abattu.
Tu dors, avec ton sang sur les mains, et, stigmate
Que t'a laissé l'abjecte et dure casemate,
La marque d'une corde autour de tes poignets.
Qu'as-tu fait de ton âme, ô toi qui t'indignais?
L'empire est une cave, et toutes les espèces
De nuit te tiennent pris sous leurs brumes épaisses.
Tu dors, oubliant tout, ta grandeur, son complot,
La liberté, le droit, ces lumières d'en haut; —
I. Ibid., 1867, III, L'empereur Maximilien. Au présidenl de la République mexicaine.
a. Ibid., 1866, III. La Crète, 1867, I, Lellre du 17 février.