Addition marginale remplaçant le vers biffé
d'avoir les agoras, les Pnyx, les Capiloles 1 f)(). ... les [mages] de stupeur I
ioi-ao2. ... les lieux visionnaires
Tous les fracas depuis les vents jusqu'aux; tonnerres io5. Jovis, Chronos, Horus...
106. D'avoir à soi la mer, la nuit... 108. ... et /a mer dont [nul] ne peut sortir,
iio-ii6. .\ddition marginale remplaçant les deux vers biffés :
caps
El les déserts de sable et les monts de granit
Et la brume ignorée où l'univers finit.
io4-io5. Toutes ces divinités sont connues : le choix a été tlcterminé dans l'esprit de V. Hugo par l'idée contenue dans « Sous tous les noms possibles )i. En elFet, Dagon a été assimilé tour à tour à Jupiter, à Saturne, à Neptune, à Vénus ou encore à Oanncs, le dieupoisson. Bel est confondu souvent avec les divers Baal, aussi bien ([u'avec Mars, Saturne ou l'Hercule Tyricn ; Horus, fils d'Isis et d'Osiris, avec Apollon, et Moloch avec Mitra, Saturne, Priape, le Soleil, la Lune et des Pantliécs diverses ; Teij<a<î'S avec Mercure, Tbol ou Anubis. Sur ces divinités et les formes multiples de leurs noms et de leurs personnes, cf. Banier ; et Noël, Dictionnaire de la Fable. Jovis est la forme archaïiiue du nominatif de Jupiter.
Avoir, du cap d'Asie aux pics Acrocéraunes,
Toute la mer pour peuple et tous les monts pour trônes,
Avoir le sable et Tonde, et l'herbe et le granit, n»
Et la brume ignorée où le monde finit !
En bas, le tremblement des flèches dans les cibles.
Le passage orageux des meules invisibles,
Le roulement des chars, le pas des légions,
Le bruit lugubre fait par les religions, no
D'étranges voix sortant d'une sombre ouverture.
L'obscur rugissement de l'immense nature,
Réalisent, au pied de l'Olympe inclément,
On ne sait quel sinistre anéantissement ;
Et la terre, où la vie indistincte végète, 125
Sous ce groupe idéal et monstrueux qui jette
Les fléaux, h la fois moissonneur et semeur.
N'est rien qu'une nuée où flotte une rumeur.
Par moments le nuage autour du mont s'entr'onvre ;
Alors on aperçoit sur ces êtres, que couvre i3o
Un divin flamboiement brusquement éclairci.
Des rejaillissements de rayons, comme si
L'on avait écrasé sur eux de la lumière ;
Puis le hautain sommet rentre en son ombre altièrc
Et l'on ne voit plus rien que les sanglants autels ; i35
Seulement on entend rire les immortels.
11 4. Pour peuples tous les /lois, tous les sommets pour trônes,
11 5. ...et les monts de granit, iig. Les chars, les cliquetis,
ia3. au pied de ce mont inclément
125, Et le monde où la vie incertaine végète
i34. Puis l'allier sommet rentre en son ombre première
ii3. Acrocéraunes: les monts Acrocérai/nie/is sont situes en Epirc. Acrocéraunes est la forme que donne Morcri, Art. Acrockraunes : « On leur donnoit ce nom des deux mots grecs Acron et Coraimos, qui signifient sommet et foudre, parce que le sommet de ces monts si relevez étoit sujet aux tempêtes et aux coups de foudre. »
gô ENTRE GÉANTS ET DIEUX.
Et les hommes? Que font les hommes? Ils frissonnent. Les clairons dans les camps et dans les temples sonnent, L'encens et les bûchers fument, et le destin Du fond de l'ombre immense écrase tout, lointain ; lio ]']t les bicmes vivants passent, larves, pygmées ; Ils regardent l'Olympe à travers les fumées, Et se taisent, sachant que le sort est sur eux, D'autant plus éblouis qu'ils sont plus ténébreux ; Leur seule volonté c'est de ne pas comprendre; i45
Ils acceptent tout, vie et tombeau, flamme et cendre. Tout ce que font les rois, tout ce que les dieux font. Tant le frémissement des âmes est profond!
sous L OLYMPE
Cependant un des fds de la terre farouche,
Un titan, l'ombre au front et l'écume à la bouche, i5o
Pbtos le géant, l'aîné des colosses vaincus,
i4l. ... passent, néant, pygmées
i43. ... sachant que le joug est sur eux
187. Même mouvement dans Ilcrnani pour exprimer la distance qui sé[)are les hommes du Pape et de l'Empereur :
puis, loin du faste où nous sommes, Dans l'ombre, tout au fond do l'abime — Les hommes. — Les hommes ! c'est-à-dire une foule, une mer, Un grand bruit, pleurs et cris, parfois un rire amer, Plainte qui, rcvoillant la terre qui s'effare, A travers tant d'cchos nous arrive fanfare !
{Ilernani, Acte IV, Scène n.)
i5i. Phtos : Il semble que ce nom ait clé forgé parV. Hugo grâce à des indications fournies par Banicr. D'une part Banier cite (I, 178) un dieu Égyptien qu'il appelle Phta et qu'il assimile à Vulcain, dieu du feu. Dans le môme chapitre, I, 106, il dit que les Phéniciens ont
Tandis qu'en haut les dieux, enivrés par Bacchus,
Mêlent leur joie autour de la royale table,
Rêve sous l'épaisseur du mont épouvantable.
Les maîtres, sous TOlympc, ont, dans un souterrain i55
Jeté Phtos, l'ont lié d'une corde d'airain,
Puis ils l'ont laissé là, car la victoire heureuse
Oublie et chante; et Plilos médite ; il sonde, il creuse,
11 fouille le passé, l'avenir, le néant.
Oh ! quand on est vaincu, c'est dur d'être géant ! i6o
Un nain n'a pas la honte ayant la petitesse.
Seuls, les cœurs de titans ont la grande tristesse ;
Le volcan morne sent qu'il s'éteint par degrés.
Et la défaite est lourde aux fronts démesurés.
i55. Les maîtres ont au fond d'un citaos soulerrain i56. Jeté Phtos, ont tordu sur lui des nœuds d'airain i58. ... et Phtos est pensif; triste, il creuse,
i63. Le volcan triste...
Et l'impuissance est lourde i64. L'amoindrissement pèse
Le vers i64 était d"abord suivi par cette première rédaction biffée : Il se tord sous le joug, dans les fers, dans les gènes.
fier passé Il songe au noir monceau des puissants lerrigènes Beaux jadis brisés et
Jadis grands, maintenant plus brises, plus hideux,
mous bdton
Plus vils que le sarment qu'un pâtre casse en deux;
rocs abjects Où sont-ils ? Sous des blocs affreux, cariatides
un ancêtre nomme Genus qui « engendra d'autres hommrsqui fnrint nommés Plios, Pur et Phlox, c'est-à-dire, lumière, feu et flanie. » Ces trois Dieux, selon Banier, engendrèrent des géants qui donnèrent leur nom aux montagnes qu'ils possédaient. Le dieu Plita était depuis longtemps connu de V. Hugo ; il figure deux fois dans les notes prises par lui au moment de la composition de Dieu (ms ^o, fr. 888 et goS) ; le fragment goS se termine par ces deux ver» :
Le dieu Thot, le dieu Phta , le dieu Pan, le dieu Fo, Le dieu Pan qui frissonne aux strophes de Sapho.
gS ENTRE GÉANTS ET DIEUX.
Ce vaincu saigne et songe, étonné.
Quelle chute! i65
Les dieux ont commencé la tragique dispute, Et la terre est leur proie. 0 deuil I II mord son poing. Gomment respire-t-il ? Il ne respire point. Son corps vaste est blessé partout comme une cible. Le câble que Vulcain fit en bronze flexible i-o
Le serre, et son cou râle, étreint d'un nœud d'airain. Phtos médite, et ce grand furieux est serein ; Il méprise, indigné, les fers, les clous, les gênes.
Des Ténares ardents, des Cocytes fétides.
C l'horrible Encclade a sur lui s le lourd Eina fumant
' l'infâme C'est sa tombe où l'on voit de l'àpre entassement
morceau de Sortir son pied qui semble un pic de la montagne. Thor est sous l'écueil noir qui sera la Bretagne.
Puis cette première rédaction fut remplacée par cette rédaction marginale, biffée elle aussi :
l Le puissant
} L'effrayant vaincu songe
( Le géant
Le vaincu pense
Le vaincu saigne et songe étonné I Quelle chute 1
Les Dieux ont commencé la tragique dispute leur proie
Et la terre est vaincue, ô deuil ! il mord son poing.
Comment respire-t-il ? 11 ne respire point.
Pktos s'indigne du joug, des fers, des clous, des gênes
Il étouffe, indigné
Triste, il râle, indigné des fors, des clous, des gènes.
Il râle exaspéré
Il songe au fier passé des puissants terrigones.
Beaux
Dieux jadis, maintenant brises, et plus hideux
Maintenant accablés par le destin hideux
Plus mous que le sarment qu'un paire casse en deux;