‹ Légende des sièclesChapitre 90 sur 277 · Ils sont brisés · texte numérisé non relu

Ils sont brisés

informe 36a. ... avec ce mont énorme...

a66. ... et les gouffres sans norabre

h'horrear, la nait. a6g-a8o. Addition marginale remplaçant les quatre vers biffés : 11 arrache une dalle, il voit de l'ombre, il entre,

est Il va dans on ne sait quelle intérieur d'antre ;

creuse II s'aventure : il rompt, il fend les blocs mal joints ;

vastes Il disloque la roche entre ses larges poings.

271-283. C'est le développement de ce qu'indiquait Claudien (Cf. Notice, p. 79),

... lalebrosa vagis rimalur habenis Dévia.

prohibebant undique rupcs Opposilae, duraque dcum coœpagc tenebant.

lo8 ENTRE GÉANTS ET DIEUX.

Dans un vide où l'effroi du tombeau se répand,

Il voit sous lui de l'ombre et de l'horreur. Il entre.

Il est dans on ne sait quel intérieur d'antre ;

Il avance, il serpente, il fend les blocs mal joints; 275

Il disloque la roche entre ses vastes poings ;

Les enchevêtrements de racines vivaces,

Les fuites d'eau mouillant de livides crevasses,

Il franchit tout ; des reins, des coudes, des talons,

Il pousse devant lui l'abîme et dit : Allons ! 280

Et le voilà perdu sous des amas funèbres.

Remuant les granits, les miasmes, les ténèbres,

Et tout le noir dessous de l'Olympe éclatant.

Par moments il s'arrête, il écoute, il entend

Sur sa tête les dieux rire, et pleurer la terre. 285

Bruit tragique.

A plat ventre, ainsi que la panthère,

du néant 272. Dans (le l'ombre ou l'efTroi du gouffre se répand 278. Il voit sous lui l'abime inexprimable. Il entre.

traîne 270. Il avance, il se glisse, 280. Il pousse devant lui le gouffre et dit... 282. Remuant les granits, les fanges...

285. C'est ici avant Bruit tragique que figurait la seule division par chiffre du manuscrit : II.

286. Un premier développement, utilisé en partie aux vers 3o5-3ii, trahit de nombreuses hésitations :

Bruit tragique. A plat ventre ainsi que la panthère,

11 s'aventure ; il voit ce qui n'a pas de nom ; échappé

Il n'est plus prisonnier ; s"est-il évadé ? Non.

// ne sait plus s'il sort ou s'il entre. Des caves. Correction marginale :

I II ne sait plus s'il sort ou s'il entre : Il écoute, 1 fuit

\ il va sans que le mont qii'il a sur lui s'en doute, ' olympes

j Les montagnes n'ayant conscience de rien. f Pas un rayon de jour, nul souffle aérien ; I traîne

\ Des fentes dans la nuit : il s'y glisse ; deS caves

Il s'aventure ; il voit ce qui n'a pas de nom.

Il n'est plus prisonnier ; s'est-il échappé? Non.

Où fuir, puisqu'ils ont tout? Rage! ô pensée amère!

Il rentre au flanc sacré de la terre sa mère ; îgo

Stagnation. INoirceur. Tombe. Blocs étouffants.

Et dire que les dieux sont là-haut triomphants!

Et que la terre est tout, et qu'ils ont pris la terre !

L'ombre même lui semble hostile et réfractaire.

Mourir, il ne le peut; mais renaître, qui sait? 29S

Il va. L'obscurité sans fond, qu'est-ce que c'est?

Il fouille le néant et le néant résiste.

Parfois un flamboiement, plus noir que la nuit triste.

Derrière une cloison de fournaise apparaît.

Le titan continue. Ils se tient en arrêt, 3oo-

Guette, sape, reprend, creuse, invente sa route,

Où gronde un gonflement de soufres et de laves, Succèdent à des eaux hideuses; mais que font La flamme et Tonde

Les obstacles à qui cherche et veut voir le fond Le mystère, la fin, le dénouement, l'issue ?

Son crâne coude

// se traîne, est son levier : son poing est sa massue

Addition marginale :

6) Plongeur de l'ignoré, tordant son bras noueux, a) Il écarte des tas d'obstacles monstrueux;

bras Plongeur de l'ignoré, tordant ses poings noueux,

chaos Il perce du néant les mornes casemates. Il est couvert de sang, de fange, de stigmates.

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