DÉSAUGIERS
Le soir du 16 novembre, de ce même jour où l'on avait jugé à Telgt les prisonniers, le tumulte élevé dans Munster au retour de Jean de Wyck, calmé ensuite par Rothman secondé d'une bonne pluie, se réveilla plus compacte à l'heure où s’allumaient les lampes pour les longues veillées. Tout le
monde s'agitait dans de violents murmures ; il sem- . blait que cette pauvre ville, en perdant ses meneurs suprêmes, fût tombée dans un cruel veuvage. Rothman ne lui suffisait pas. Les uns tenaient au bouillant Knipperdoling ; les autres au hardi Mathys; cétx-ci réclamaient Cruse l’intrépide; ceux-là redemandaient le général Kiliau. Les enfants pleuraient le vieux Juif; les femmes, qui n'avaient pas été de l'expédition du matin, regrettaient de n’avoir pas vu au moins le nouveau voyant de Leyde. Tout le mordé s’agitait et le sénat siégeait en permanence.
Quand nous disons tout le monde, hous ne parlons pourtant que du parti des troubles, qui, à la vérité, comprenait les masses. Les catholiques se tenaient sur la réserve, laissant à Dieu le soin de défendre sa cause, croyant faire assez de rester dans leur inaction coupable, et oubliant que la vie ici-bas est un combat et une lutte, et que ce n’est pas toujours innotemmient qu’oti laisse passer le mal. Cette occasion, au reste, n’est pas la seule dans l'histoire où les enfants de lumière ont nonchalamment cédé la place aux enfants de ténèbres, faiblesse inqualitiable qui jamais et nulle part n'a échappé à son châtient.
Le sénat ne sé trouvait pas à son aise. En eux-mèmes tous ces hommes qui trouvaient doux de régnet sé setitaient, d'une part, tout joyeux d'être affranchis, car ils ne pouvaient pas se dissimuler que Kuipperdoling et ses amis les menaient à leur gré; d'au-
- SÉNAT DE FEMMES. tsi
tre part ils devaient cacher leur manière de sentif sous des semblants hypocrites et ménager le peuple, qui exerçait une passable tyrannie: Les forgerons et toutes les autres corporations turbulentes exigeaient l'exécution immédiate de l'offre faite par leur camarade Henri Mollenbeck ; où se rappelle qu'elle consistait à rendre au prince de Waldeck leë trente prisonniers qu'on lui avait faits, en échange des six otages qu'il venait d'exiger. Mais Rothrhan soutenait le sénat dans son refus, sans se douter que ce corps sournois songeait en secret à l’écartef lui-même, en le poussant dans les voies impopulaires. Il s'élevait donc très-vivement contre la mesuré proposée ; il soutenait qu'on devait garder les ho: mes du Prince, comme sauvegarde très-préciéusé ; si jamais l’antechrist, aidé par les confédérés, parvenait à imposer une capitulation ; il disait, quoiqu'il pensât le contraire et qu'il le désirât peutêtre, qu'on ne devait pas craindre la mort promjté et brutale des six captifs; il faisait même, dans son intérêt, l'éloge de la modération du Prince; il ajoutait qu'il était indigne d'hommes libres de sé livréf si vite aux conseils de la peur.
La foule, en attendant le repas du soir, 6bétfuait le sénat et le troublait encore de sës vociférations, Les cris : À bas Rothman! qui avaient éclaté d’abord assez peu soutenus, comme s'ils n'eussent été que l'expression de quelques mécontents isolés, devinrent si vifs dans la bouche des forgérons, que l'ofateur
effrayé vit qu'il se coulait, il perdit son assurance, s'arrêta brusquement et s’échappa. L'audace de la multitude s’en accrut. Elle comprit la fuite de Rothman comme un argument qui lui donnait raison. Elle hurla si haut que la crainte gagna tous les sénateurs : ils sortirent l’un après l’autre par la porte de : derrière, laissant leurs siéges vides et la foule mattresse des lieux. |
Aussitôt, et pour ainsi dire en un clin d'œil, on vit paraître sur l’estrade du président une femme que le moment inspirait sans doute ou que son entourage poussait : c'était Timmermensche. Nettie de Wyck, Hilla Phey, Élisabeth Dreyers, Gritte Modersohn, Divarre, Catherine Cruse, Rachel la Bohémienne et dix autres jeunes femmes s’élancèrent en même temps sur les fauteuils.
Toute l'assistance battit des mains.
— Le sénat qui vient d'abandonner ses chaises curules, s'écria hardiment Nettie de Wyck, ne peut pas saisir la situation.
— Le sénat trahit, ajouta Divarre d'une voix ferme. Ces hommes se réjouissent de la perte des chefs, car c'est le nom que ceux qui sont absents ont conquis. Les. trembleurs ou les fourbes que vous appelez sénateurs se flattent de recueillir leur héritage.
— La femme a raison, hurla un armurier. Les vi-
lains veulent la paix.
— Et Rothman est uñ traître aussi, dit vivement
la marchande d’écrevisses. Ne semble-t-il pas qu'il ouvre déjà ses pinces pour nous enlacer tous! Est-ce que l’ami de Norden sera notre maître ?
— Il est certain, poursuivit Gritte Modersohn, que cet homme ne va plus si droit. Un parlementaire devrait être parti depuis longtemps pour ratifier l'échange. -
— Si Koipperdoling est pendu, dit un foulon, nous conduirons au Prince, pieds et poings liés, le sénat tout entier et Rothman lui-même. |
— Si Mathys ne revient pas, cria un meunier, je coupe les vivres à ceux qui nous gouvernent !
— Voilà qui est bien parlé! exclama Divarre.
— Nous voulons aussi notre vieux Juif! dit en même temps Sara, la sœur ou la cousine de Rachel.
— Et le vaillant Cruse! vociféra sa fille.
— Et notre brave général Kiliau ! grogna un charrelier. |
— Et le voyant de Leyde! dit Hilla Phey.
Tout le monde bruissait et s'agitait dans un ensemble assourdissant, quoique, depuis qu'elle était montée à la place du président du sénat, la petite Timmermens réclamât la parole par des gestes énergiques, ne pouvant de sa voix peu élevée dominer les beuglements qui grondaient.
Le Goliath de Munster remarqua enfin cette inconvenance. De sa voix d'airain, qui couvrit tous les cris, il tonna ces mots:
— Qu'on laisse parler Timmermensche.
L'injonction de Buxtorf fut reçue par un vivat universel, auquel succéda en quelques secondes le silence absolu.
— Vous ne vous etitendez guère mieux que le vieux sénat, dit gravement la petite Timmermens, et j'attendais plus de lumières d’un conseil de femmes. Est-ce que l'esprit ne parle plus à Rachel? Estce qu'il ne parle plus à Hilla Phey ? Est-ce qu'il est mort pour Gritte Modersohn ?
— Il m'a parlé, répliqua Rachel; mais dans ce tumulte je n'ai pu me recueillir.
— Ïl m'a parlé, dit Hilläa Pheÿ ; il m'a dit que je devais aller, comme une autre Judith, au camp ennemi.
— Il m'a parlé, s'écria Gritte, 1l m’a dit, à moi, qu'un enfant de Munster pouvait seul sauver les prisonniers. |
— Il m'a parlé, ajouta Timmermensche, il m'a déclaré que Jean de Leyde, le nouveau voyant, se- “ rait roi, et il le sera.
— Pas ici, sans doute, car le peuple ne le connaît pas, dit Buxtorf.
— Et nous ne chassons pas les princes pour prendre des rois, ajouta un forgeron.
— Ïl faut, murmura Molleribeck, qu’un vrai démon possède toutes Ces voyantes. |
— Mais si un enfant de Munster peut sauver nos amis, reprit le Goliath, qu'on expédie donc le parlementaire.
Toute la foule cria : Buxtorf! Buxtorf! c'est Buxtorf qui aura la mission.
— Merci! s’écria l'homme que l'on voulait honorer d'une fonction très-périlleuse. Ce serait platôt l'affaire de Henri Mollenbeck ou de Jean de Wyck, qui ohf manœuvré la chose, Quant à moi je suis fatigué pour ce soir.
— Il y a des dangers, dit Gritte Modersohn. Qué l'on tire au sort le parlementaire, partni les hommes de résolution. Ce ne sont pas ceux qui viennent d’é6chapper à l'embuscade qui doivent se sacrifier de nouveau."
Nettie applaudit. Mais il ne se trouva pas d'homme de résolution qui voulût partir sur-le-champ ; et ofi allait remettre la délibération au lendemain, quand Hilla Phey se leva.
— J'irai, moi, dit-elle, à défaut d'hommes sans peur; et j'y vais à l'instant, si vous voulez voter par acclamation une loi qui, en l’honrieur de notre dévouement, établisse un sénat de femmes; il balancera l'autre.
La multitude répondit par des viväts.
— Le sénat est fondé, dit Timmermensche. Il tient en ce moment sa première séance. Et le foi qui vient le reconnaîtra.
— Est-elle singulière avec son toi, grognètent les tisserands.
— Si jé succombe, reprit Hilla, vous n'oublierez pas qu'on abandonnail ici des hommes importants,
et qu'une femme, qui est aussi un enfant de Munster, est allée à leur aide. Qu’on me donne un drapeau blanc et qu’on m'autorise à m'engager en otage de l'échange des trente partisans du Prince contre nos six amis. |
Des hurlements, qui paraissaient avoir quelque reflet des modulations de la joie, éclatèrent au loin en ce même moment. Ces clameurs inattendues tinrent en suspens la foule ardente, où personne ne pouvait soupçonner la cause réelle de ce grand bruit.
Mais bientôt les masses s’ouvrirent pour laisser passer avec fracas un capitaine hessois que suivait le général Kiliau. Chacun se frottait les yeux dans une grande surprise.
— Un de sauvé déjà! s’écria Buxtorf. Vivent nos amis les Hessois ! |
— Les Hessois sont nos alliés, dit Nettie de Wyck, vive le landgrave!
— Capitaine, cria Mollenbeck en s'adressant au Hessois, ramenez-vous les cinq autres, el venezvous chercher les trente épiscopaux promis en échange ? L
— Vous allez vite dans vos compliments, dit le capitaine en Ôtant son casque ; les Hessois seront vos alliés une autre fois ; aujourd'hui ils jugent les autres camarades, si pourtant ce n’est pas fini. Quand nous sommes partis, le général et moi, car vous voyez qu'il y en a deux de sauvés, nous avons su qu’on
| . SÉNAT DE FEMMES. | 157 préparait quatre potences. — L'assemblée frémit,quoiqu’elle reconnût alors que les échappés étaient deux en effet : le prétendu capitaine hessois n'étant autre que le hardi Antoine Cruse. Sa fille, qui l'avait reconnu la première, courut l'embrasser ; et, malgré l'agitation qui dominait la foule, il lui fallut raconter brièvement comment il avait disparu dans le village traqué, et comment il ramenait Kiliau avec lui.
—Vous savez, dit-il vivement, la surprise qui nous a tous abasourdis ce matin, et que plus d’un indice aurait dà nous faire prévoir, si nous avions été prudents. Quand je vis qu'il fallait bien qu'on me livrât à l'ennemi, j'avoue que je ne songeai qu'à moi: c'était tout naturel. Je me rappelais très-nettement une certaine vieille affaire que j'ai eue avec l’official; ‘et je me disais : Si l'antechrist te tient, mon pauvre Antoine , adieu, les amis. J'avisai donc, du plus rapide coup d'œil, une ruelle obscure, qui, de la chaumière où nous étions, menait aux champs. Je l’enfilai sans être vu, et, en suivant un petit chemin creux, que de bonnes haies de buis couvraient et qu'un cheval n'aurait pu pratiquer, je gagnai, pendant qu'on me cherchait, une métairie voisine où gisait fort malade le capitaine hessois dont vous voyez la défroque.
— Tu l'as tué? demanda Buxtorf.
— Pas si fou. Le bruit n’est jamais sain dans des lieux que l'on ne connaît pas et dans une position comme celle où je me voyais. J’entrai au contraire
” à pas de loup; je me glissai dans une étahle, dont je distinguais assez bien la porte entrebäillée, Je voulais me cacher sous la litière et attendre; mais je trouvai là, nez à nez, le domestique du mourant qui pansait s0n cheval.
r Qui va là? me demanda-t-il Fèchement,
— Un homme, répondis-je aussitôt à voix basse, et un brave homme qui vous payera hien si vons lui donnez un refuge, car il est relancé.
- Est-ce que les Munstériens ont enfin le desaus? reprit, en baissant aussi la voix, l’honnête palefrenier,
— Voilà, me dis-je, un homme qui nous est favorable, puisque sa première pensée est pour apus, Îls n'ont pas encore le dessus, répliquai-je; ils viennent même d'être surpris pour le moment, et j'ai l'air de fair, comme vous voyez, Mais j'ai un peu d'argent qui sera à vous, sans compter le reste, si vous me sauvez.
Le domestique hessois ne riposta rien. Ma voix l'avait frappé; il H'ayança sous le nex sa lanterne.
— Par les deux épouses du landgrave Philippe. dit-il, c'est Antoine Cruse !
J'avais du bonheur. Le domestique dn malade était, s’il vous plaît, mon vieil ami Mathias Mulner, que vous avez connu fous chaudronnier dans mon voisinage, avant ses mauvaises affaires, et qui, pour mon salut tout exprès, avait pris du service, comme il disait, sous up capitaine de la confédération, le-
SÉNAT PE FEMMES. 159 quel lui avait promis de lui rendre sa antique quand on prendrait Munster.
-- Non-seulement je te sauverai, me dit-il; mais mon maître se meurt et je ne peux plus compter sur lui. J'ai appris que tu as de hons amis parmi les hommes importants de Munster. Si tu peux me faire rendre ma boutique et me protéger contre mes créanciers, je t'aiderai à regagner Munster, el même je t'y suivraj bientôt.
— Nous le protégerons, s’écria Buxtorf. Il y à trois ans que ce brave homme est dans l'exil. Si ses créanciers trouvent qu'il n’a pas fait pénitence assez longue, c'est moi qui me charge de les payer.
— Merci pour Mathias, reprit Cruse; le voilà tranquille, Par suite de mon bonheur, Mathias, qui n'est pas bête, eut une idée que je n'aurais jamais peut-être imaginée.— Garde ton argent pour aujourd'hui, me dit-il, au besoin tu m'aideras un peu plus tard. Je vais, en attendant, te revêtir des habits du capitaine. Tu traverseras avec cela tous les corps des confédérés ; on te prendra pour un des princes alliés; et tu n’es pas assez niais pour le laisser repincer. Attends-moi ici.
Il me laissa seul, joyeux et rassuré, quoique pourtant inquiet sur mon travestissement, qui pouvait m'aller tout de travers. Mathias s’en revint assez lesitement, avec les grandes bottes, les grands éperons, le haut-de-chausses, le pourpoint, la cuiragse, le grand sabre et le grand casque dn Hessnis.
Je m'en affublai. Chose merveilleuse! le costume était de ma taille, comme si on eût travaillé pour moi. Vous le voyez; toujours par suite de mon bonheur.
Je ne sortis de l’étable que quand le village où nous avions été pris fut évacué. J'eus de l'assurance dès le premier pas. Je causai avec les bonnes gens, qui me comblaient de marques de respect et qui m'apprirent la fuite inexplicable d’un nommé Antoine Cruse et la prise de possession des cinq autres victimes qu'on avait emmenées à Telgt. J'avais trop de chance et j'aime trop les coups décidés pour ne pas tenter quelque chose. — Je ne cours aucun danger, me dis-je ; allons voir ce qu’on fait à Telgt et saluer l’'Évêque si je le rencontre.
J'allai prendre le cheval du moribond, et, sans dire mon plan à Mathias, je me mis en chemin. La course n'était pas longue. Arrivé à la porte de Telgt, je reçus le salut de la sentinelle qui me présentait les armes; je passai , et je n’eus pas besoin de questions maladroites pour apprendre d’un groupe de Hessois que l'Évêque, se réservant le général Kiliau , .… l'avait coffré dans sa prison; qu’il avait dû ensuite livrer les quatre autres aux confédérés, moins patients que lui; que dix drossards les jugeaient en ce moment sous les halles converties en tribunal, et qu'on parlait de les expédier très-promptement. J'allai rôder par là. Mais voyant les halles investies d’un triple cordon de troupes serrées qui, dans leurs ‘propos emportés , traitaient fort mal les quatre ac-
cusés et regardaient leur mort comme le seul moyen d'avoir la paix, je reconaus qu'il n'y avait rien à faire là. Mais sachant que François de Waldeck était retenu à la séance qu'il avait voulu suivre, j'eus à mon tour une fière idée, que je mis vivement à exécution. J'allai droit à la prison de l'Évêque; je de-
mandai avec aplomb, au nom de Sa Sérénité , qu'on
me livrât le général Kiliau, que j'étais chargé de conduire sans éclat aux drossards. On comprit que l'Évêque voulait le faire juger avec les autres. On me le remit sans défiance.
Je couvris Kiliau du manteau d’un soldat de garde ; je le fis monter sur le cheval d’un officier qui dinait; et refusant une escorte, je l’emmenai aux halles, dont je fis hardiment le tour. Personne ne m’ayant suivi, je sortis aussitôt sans rencontre. Mais un grand bruit, qui m’indiqua qu’on pouvait bien nous chercher , m'alteignit comme j'arrivais au village où nous avions été surpris ce matin. Je me réfugiai derechef à l’étable hospitalière de Mathias, qui nous procura des vivres, et ce n’est qu’à la nuit venue que nous nous sommes mis en route sur Munster. Mathias, que voici et qui a bien mérité de la cité, car nous lui devons la vie, est venu avec nous renforcer les hommes de cœur.
— Aussi, mon appui ne lui manquera pas non plus, ajouta Kiliau. Mais maintenant, sans perdre un quart d'heure, il faut nous occuper de nos quatre camarades.
— Voici, dit solennellement Rachel en désignant Hilla Phey, une vaillante jeune fille qui, à défaut d'hommes, part à l'instant comme parlementaire.
— Il n'en est pas besoin, cria de la porte une voix vibrante; c'était celle du vieil Isaac.
L'assemblée, à ce nouveau coup de théâtre, sembla devenir folle de joie ; l’allégresse redoubla encore quand on vit ses trois compagnons, Jean, Mathys et Knipperdoling, qui, après avoir secoué leurs manteaux pleins de frimas et de pluié, entraient dans la salle ébranlée.
— Tous sauvés! criaient les masses. Notre cause est gagnée.
Kiliau , Cruse, Buxtorf et vingt autres coururent serrer les mains aux quatre amis. Jean Bockelzoon cherchait des yeux la petite Timmermens, qu'il fut ravi de voir au siége de la présidence. Divarre s'était élancée auprès de son mari.
— Et qui a délivré ceux-là? demanda Gritte Modersohn.
— Je parierais bien que c'est le Juif, ajouta Mollenbeck.
— Vous l'avez dit, riposta Mathys.
11 fallut raconter alors toute la scène qu'on a vue exposée. Knipperdoling ajouta que, dans le bois qu'on avait battu pour les découvrir, le vieux Juif savait un souterrain dont on ne voit pas l'entrée parmi les broussailles ; qu'il les avait enfouis À , et qu'ils avaient attendu dans ce repaire les approches