L'ART DE CHASSER LES FEUX FOLLETS
Nous sommes au printemps. Le ciel est calme et serein ; le temps est magnifique ; pas un seul nuage au-dessus de l'horizon — on va peutêtre croire que nous faisons ici une composition d'écolier, mais n'importe, continuons. Le soleil, qui arrive au terme de sfr course, dore les
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Laurentides. Tout dans la nature annonce le retour de la belle saison ; les musiciens du bocage remplissent l'air de leurs notes harmonieuses ; le ruisseau, au doux murmure, serpente à travers la prairie ; le léger zéphir agite mollement le feuillage ; les troupeaux broutent paisiblement l'herbe tendre ; le laboureur revient du champ en fredonnant des refrains joyeux. En un mot, notre globe terrestre reprend une nouvelle vie. Ce n'est ni plus ni moins qu'une de ces délicieuses journées si bien chantées par les poètes.
Après avoir contemplé un instant ce spectacle toujours ravissant, nous continuons notre promenade sentimentale, comme disait M. H Larue, de regrettée mémoire. Nous étions alors sur le chemin de Beauport. Mais où diriger nos pas ? Le panorama que nous avons devant nous est si grandiose ! L'air que nous respirons est si pur ! Et toutes ces merveilles de la nature qne nous admirons sont si sublimes !
Québec, la vieille cité de Champlain, le Gibraltar de l'Amérique, attire nos regards» Noyé, pour ainsi dire, dans les flots d'une lumière étincelante et entouré d'une nappe
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d'eau tranquille que sillonnent des centaines de coquettes embarcations, Stadaconé ressemble à une reine assise sur un trône d'or, portant une riche couronne, et environnée d'une nombreuse cour. Toute l'histoire de notre jeune et belle patrie se déroule alors à notre esprit. Mais, nous l'avouons en toute sincérité, ce jour-là nous étions plus disposé à contempler les chefs-d'œuvre de la création qu'à nous livrer à l'étude. Nous chassons donc aussitôt ces précieux souvenirs et nous poussons une pointe vers la ville dans le but d'y trouver de nouvelles et pures jouissances.
Arrivé dans la rue du Pont, que nous parcourons jusqu'à la rue St- Joseph, nous faisons demi-tour à gauche et nous nous acheminons vers l'est, tout en marchant nonchalamment comme un roi fainéant dans les rues de Paris.
Nous regardons à droite, nous regardons à gauche. Rien ne peut satisfaire notre curiosité. Nous sommes peut-être exigeant. Que voulezvous ? le journaliste est curieux comme un enfant de dix ans, d'aucuns disent comme une vieille fille ; mais nous respectons trop le beau sexe pour nous servir d'une semblable comparaison.
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Nous continuons notre course au hasard.
Nous arrivons au Palais. Palais ! ce mot nous rappelle encore de nombreux souvenirs histo-
" Un soir, j'étais assis "...
riques, mais chassons-les de nouveau. Ici, nous faisons une courte halte, et nous portons nos