Légendes canadiennes [microforme]
pertoire national, ou Recueil de litlérature canadienne, compilé et publié par J. Huston. Montréal, 1848-1850, 4 vol. in-8,
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4 En entreprenant la compilation de ce recueil, nous
avons pas eu l'idée de soumettre au lecteur des mo-
__ les de littérature , ou de faire revivre des chefs-d'œu-
é: LeRé- fre de pensée, de goût ou d'exécution. L'épigraphe de nadienne, W
s volumes (1) dit en deux lignes notre pensée, et nous spense d'en dire davantage à ce sujet.
Non, nous avons voulu seulement, dans l'espoir tre utile aux jeunes gens studieux , aux écrivains du Banada, à toutes les personnes qui aiment la littérature Aationale et qui voudront en étudier l'enfance , les pro Srès et l'avenir, réunir dans ces volumes les meilleures Productions des écrivains canadiens, et des étrangers ui ont écrit en Canada, maintenant éparses dans les Bombreux journaux franco-canadiens qui ont été publiés
@epuis plus d'un demi-siècle.
+ Après avoir fait de longues et attentives recherches
Pt consulté plusieurs écrivains distingués, nous nous #sommes convaincu que la republication d'un bon choix
Mes meilleurs écrits canadiens férait honneur au pays ‘Met à ses écrivains; alors nous n'avons pas hésité à en-
| (1) Les chefs-d'œuvre sont rares, et les écrits sans défaut sont encore à naître.
(Le Canadien de 1807.)
‘pas encore bien formé, et que les études et la connais-
INTRODUCTION, treprendre la publication de ce Répertoire, en comp- | tant toutefois sur le patronage public et l'appui des littérateurs canadiens.
Nous avons laissé de côté tous les écrits politiques en prose, quoiqu'il y en ait beaucoup qui mériteraient d'être conservés et même étudiés; mais, pour être impartial , il aurait fallu reproduire les répliques ou les réfutations, et cela nous aurait entrainé loin, bien loin de la route que nous nous sommes tracée.
En dehors des écrits politiques, la littérature canadienne, il est vrai, ne se compose encore, pour ainsi dire, que de simples essais, en vers ou en prose, pour la plupart l’œuvre de jeunes gens dont le goût n’était
sance du monde n'avaient pas encore müris. Mais au | milieu des défauts de composition, et souvent des incorrections de style, le talent étiucelle et brille comme
lettrée et aisée s’est éloignée du pays après le traité de 1763, qui faisait de la Nouvelle-France une province anglaise. Abandonné à de nouveaux maîtres, ce jeune
l'électricité à travers de légers nuages. — Grand nom- | sic bre de ces essais toutefois soni ‘videmment l'œuvre | ge d'hommes au goût sévère, aux fortes études, aux vas- | a tes connaissances, qui se sont inspirés des beautés du Il pays, des belles mœurs du peuple, et d’une nationa- la lité naissante et déjà combattue. h
Le goût des lettres, qui se répand aujourd'hui avec “! d rapidité dans toutes les classes de la société, ne s'est r introduit qu'avec beaucoup de difficultés en Canada. € Peuple français, cédé tout-à-coup aux Anglais, la classe ï
, en comp- | peuple vit son éducation, dans la langue de ses pères, pui des lit- négligée et parfois proscrite. Quelques collèges , cependant, entretenaient dans la jeunesse riche le goût des olitiques en lettres joint à l'amour de la nationalité. Mais ces jeunes 1ériteraient gens , devenus hommes, ne se livraient à la culture des ur être im- lettres que pour leur amusement ou celui d’un petit cers ou les ré- cle d'amis : car le peuple, ne sachant seulement pas lire, ien loin de n'était nullement capable de goûter les travaux de l'esprit et de l'intelligence, ni d'apprécier l'importance d'une
ture cana- littérature nationale qui contribuerait à lui conserver pour ainsi son individualité, au milieu des nombreuses populaose, pour | tions dont se couvre le continent américain, en transoût n'était mettant de générations en générations les traditions, | a COnnais- M les coutumes, les mœurs nationales. - Mais au il Une autre chose, aussi, empéchait alors le dévelopnt des in- % pement d'un germe de littérature : "c'était le manque de ecomme | livres, et surtout de livres français. Les ouvrages clasand nom- | siques étaient rares; et bienheureux étaient les jeunes
l'œuvre | gens dont les amis plus âgés pouvaient leur prêter quelaux vas- | ques volumes des meilleurs auteurs français ou anglais. autés du Il fut un temps, dont se rappellent beaucoup de vieilnationa- F lards, où une bibliothèque de quelques livres était un
luxe dont quelques personnes favorisées de la fortune et
ui avec du hasard seules pouvaient jouir. Malgré beaucoup de j ne s'est restrictions de la part des autorités du pays, les livres è anada. entrèrent peu à peu dans les villes, et les écrivains caa classe nadiens purent alors étudier les grands maîtres de la litaité de térature française, et commencer à poser les bases d'une ovince littérature nationale.
> jeune Des hommes éclairés, luttant avec énergie contre les
difficultés des temps, parvinrent à établir quelques bibliothèques publiques, et à fonder quelques sociétés littéraires , qui ont puissamment contribué à répandre le goût de la littérature dans la société franco-canadienne.
Les journaux, en se multipliant , ont fait multiplier les lecteurs et les écrivains. Mais pendant long-temps, bien long-temps, les écrivains se sont renfermés dans des discussions souvent oiseuses et rarement instructives. Ceux qui ont eu la hardiesse de sortir les premiers de ces ennuyeuses discussions, pour s’essayer dans des compositions purement littéraires, soit en prose, soit on vers, furent en butte à des critiques acerbes, ironiques, jalouses, et à des reproches plus modérés et trop souvent mérités.
De tous ces tâtonnements , de toutes ces discussions, de tous ces essais, est néanmoins sorti le germe d’une littérature nationale. Mais la politique, en s’emparant de tous les esprits et des meilleurs talents, a malheureusement enlacé notre jeune littérature dans ses fils. Les essais poétiques, surtout, ont trop long-temps eu pour sujet des pensées politiques , et pour but des attaques contre les hommes qui gouvernaient le Canada, et tyrannisaient les Canadiens français.
Toutefois, avant 1820, époque où la littérature a commencé à prendre un caractère solide, plus défini, plus national, des hommes sérieux et instruits ont traité de l’histoire, des sciences , de l'instruction publique, et plusieurs voyageurs nous ont laissé des récits, quelquefois très intéressants , de leurs voyages.
La littérature canadienne s’affranchit , lentement, il
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INTRODUCTION: 41 ut bien le dire, de tous ses langes de l'enfance. Elle isse la voie de l’imitation pour s’individualiser, se na— Bonaliser ; elle s’avance, en chancelant encore, il est
rai, vers des régions nouvelles; devant elle s'ouvre An horizon et plus grand et plus neuf : elle commence 8 voir et à croire qu'elle pourra s'implanter sur le sol d'Amérique comme une digne bouture de cette littéra- Œure française qui domine et éclaire le monde , le guide Mu le soulève, le fait rire ou trembler, le lance en Même temps contre les rois et les préjugés sociaux, ct lle mène à la recherche de la vérité par des chemins in- L onnus jusqu'à nos jours , en jetant cependant l'effroi fans l'âme d'un grand nombre de penseurs contempo- Porains.
“ Les sociétés littéraires existantes, les travaux des Mommes généreux et dévoués qui prononcent des discours aux séances publiques de ces sociétés, les pen- “chants, les études et les essais des jeunes gens, tout (mous fait voir que la littérature nationale entre dans une fère nouvelle , ère de progrès et de perfectionnement. { Le lecteur se réjouira comme nous, en arrivant à | l'époque actuelle, de voir combien la littérature cana- {dienne s'émancipe du joug étranger ; de voir combien © les écrivains , mûris par l’âge et par l'étude, diffèrent en
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“force, en vigueur, en originalité, des premiers écriï vains canadiens ; de les voir s'élever au dessus des fri- … volités et des passions politiques, pour aller à la re-
cherche de tout ce qui peut être vraiment utile au peuple, de tout ce qui peut consolider et faire briller notre
+ nationalité.
\ A part quelques volumes et quelques pamphlets, # k tous les essais des écrivains canadiens se trouvent en- 4 j fouis dans les énormes volumes des journaux périodi-"# ques. Jetés sur des feuilles politiques comme quelques 1 fleurs dans un gouffre , ils ont disparu pour toujours, 4 si une main amie ne les retire de l'oubli pour les faire à revivre sous une forme Fe légère, plus gracieuse et À plus utile. 4
Nous pensons qu’outre le mérite de retirer de l'oubli, M comme nous venons de le dire, des écrits d'un grand || É mérite sous le rapport littéraire et sous le rapport na- | tional , ce Répertoire aura aussi l’effet d'engager un bon
littéraires , et tous les jeunes gens à travailler avec énergie à éclipser leurs devanciers : car, nous le tenons pour certain, ce qui jette le dégoût dans l’âme des écrivains
leurs travaux passer, avec les journaux périodiques, dans un oubli éternel. Mais lorsqu'ils auront l'espoir d'être tirés un jour de ce triste oubli et de trouver place dans le Répertoire national, qui pourra être continué d'époques en époques par les amis de leur pays, ils travailleront davantage et mieux.
Quant à nous, si, par nos recherches , nous pouvons ajouter un nouveau fleuron à la couronne nationale,
notre labeur.
J. HUSTON.
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* chétiv canadiens , c'est de voir le fruit de leurs études et de # un cu d sait d ‘un p … contr “Ille « C'e ! vieill + pond … rité.
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