LÉGENDE CANADIENNE
C'était le mardi gras de l'année 17... Je révenais à Montréal, après cinq ans de séjour dans lé nord-ouest. Ïl tombait une neige collante , et, quoique le temps füt très calme, je songeai à camper de bonne heure : j'avais un bois d’une lieue à passer, sans habitation, et je corinaissais trop bien le climat pour m'y engager à l'entrée’ de la nuit. Ce fut donc avec une vraie satisfaction que j'aperçus une petite maison, à l'entrée de ce bois, où j'entrai demander à couvert. Il n’y avait que trois personnes dans ce logis lorsque j'y entrai : un vieïltard' d’une soixantaine d'années, sa femme, et une jeune et jolie fille de dix-sept à dix-huit ans qui chaussait un bas de laine bleue dans:un coin de la chambre, le dos tourné à nous, bien entendu; en un mot, elle acheyait sa toilette. « Tu ferais mieux de ne pas y aller, Marguerite », avait dit le père comme je franchissais le’ seuil dé Kà porte. H.s’arrêta tout court en me voYant, tt, me présentant un siège, il me dit avec politesse : « Donnez-vous la peine de vous asseoir, Monsieur : vous paraïssez fatigué. Notre femmie, rince un verre : monsieur prendraurr coup. ça le délassera. » | à
. Les habitants n'étaient pas aussi cossus darts ce temps: là qu'ils le sont aujourd'hui, oh! non. La bonne femme prit un petit verre sans pied, qui sétvait à deux fins, savoir : à boucher là bouteil!e, et'ensuite à'abreuver le:
(4) Cette légende est extraite d'un roman, l'{nfluence d'un
livre, publié'en 1837 par: Mi Philfppe: À. de Gaspé: M. de: Gaspé est mort à Halifax. y'a déelqueiraunées, .
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