‹ Légendes canadiennes [microforme]Chapitre 54 sur 65 · CD · texte numérisé non relu

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ime, s’il lui pre-i

e j'ai dans la tête!

ur toujours ? J'y is que tu seras de ation de tous nos d’il nous paierait, de la terre, et ne

ndit la femme. Je nt. je te ferai obmme cela à leurs ec eux.

que tu craindrais fils ? IL s’est touurs , on fera) faire nçons à être avane meilleur moyen

enons le temps d'y tard. gée entre Chauvin pü ils se rendaient.

directions etaussi voyait arriver les près de l'église, à u à cheval; et,à s attachaient leurs riquement sur ki Puis les groupes s, chevaux, jusleur annonça que rs entrèrent dans n religieux siletpour assisler au

Ces criées, qui se font régulièrement le dimanche à la porte des églises, sont regardées comme de la plus haute importance par la population des campagnes ; en effet, toutes les parties des lois qui l’intéressent, police rurale, ventes par autorité de justice, les ordres du grand-voyer, des sous-voyers, des inspecteurs et sousinspecteurs, s’y publient de temps à autre et dans les saisons convenables ; c'est pour eux la gazette officielle. Ensuite viennent les annonces volontaires et particulières : encan de meubles et d'animaux, choses perdues, choses trouvées, etc., etc., tout tombe dans le domaine de ces annonces ; c’est la chronique de la semaine qui vient de s’écouler. Ces criées sont confiées à un homme de la paroisse qui porte le nom de crieur, qui sait lire quelquefois, et bien souvent ne le sait pas du tout, mais qui rachète ce défaut par de l’aplomb, une certaine facilité à parler en public, et une mémoire heureuse qui lui a permis de se former un petit vocabulaire de termes consacrés par l'usage. Si l'on ajoute à cela le ton comique et original avec lequel il parle , les contresens etles mots merveilleusement estropiés, on aura quelque idée de cette scène , quelquefois unique en son genre.

La foule s'étant donc serrée près du crieur, qui, placé sur une estrade élevée, et après avoir promené sur l’auditoire un regard assuré :

— Messieurs, s'écria-t-il, attention! J'ai bien des annonces à vous faire aujourd’hui.

C'est défendu de lâcher les animaux dans les chez mins avant le temps fésqué (fixé) par la loi ; ainsi, tous les animaux qui seront trouvés dans les chemins seront poursuis et paieront l'amende...

Les seigneurs de l'île vous font annoncer que le temps des rentes est arrivé ; ainsi, tous ceux qui doivent deg wds lé ventes (lods et ventes) et des arriérages sont avertis d'aller s’éclaircir en payant ce qu'ils doivent, ef

d'y aller sans délai s’ils veulent avoir du grat: (gratis).

J1 y aura un encan public mardi prochain..., non, mercredi prochain.

— Une voix : Non, c’esi vendredi.

— Le crieur : Ah! oui, oui, Messieurs, c’est une trompe (erreur), c’est vendredi; là ous qu'il y aura beaucoup de meubles de ménage trop longs à détailler; des chevaux, des vaches, des moutons, trop longs à détailler ; de plus , des charrettes , charrues, aussi trop longs à détailler.

Pendant que les annonces allaient ainsi leur train, deux hommes fendaient la foule, portant un lourd fardeau ; ils s’'approchèrent du crieur et le déposèrent à ses pieds.

— Messieurs, continua celui-ci, un veau pour l'Enfant-Jésus (4). Qu'est-ce qui vei ‘ du veau ?.… Une piastre pour commencer.., rien qu’une piastre pour ce beau veau bien gras... ; deux piastres.., il s’en va..., il va s'en aller... Une fois..., deux fois..…., trois fois... Adjugé... à moi; — c'est moi qui l’achète.

Cependant, la foule, voyant que la séance tirait à si fin, commençait déjà à défiler, lorsque le crieur se sentittirer par l’habit ; il se baïssa pour écouter quelques mots qu'on lui dit à l'oreille, puis se relevant :

— Arrêtez, Messieurs, encore une annonce de gran: de importance. M. Dunoir, notaire, vous prévient qu'il vient s'établir parmi vous, et qu'il fera toutes sortes d'actes, depuis le compte de partage le plus difficile et le plus embrouillé jusqu’au plus simple billet ; il pren-È

(4) Suivant l'usage, comme l’on sait, le curé fait chaque année, dans sa paroisse , au temps de Noël, une quête pour les pauvres. Chacun donne librement ce qu’il veut : argent, denrées ou uutres effets. D: ns le cas présent, quelqu'un avait promis un veau , et l'offrait en vente pour:-en verser le produit dans Le fonds de la quête.

du grati (gratis).

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dra meilleur marché que l’autre notaire ; les ac (actes) de vente avec la coupie (copie), cinq chelins ; les ac de damnution (actes de donation), six chelins…, ete. ete.

Îci le notaire glissa quelque chose dans la main du crieur, qui reprit aussitôt :

— Je vous assure, Messieurs, que c’est un bon notaire, un jeune homme qui paraît #er retors dans le capablement. \| vous demande votre pratique. 1 vous servira comme y faut. C'est fini, Messieurs, y & pu rien pour aujourd’hui.

L'assemblée, à ce signal, se dispersa promptement.

Le notaire seul resta, attendant que le curé fût sorti de l’église pour aller lui présenter ses respects. Laissons M. Dunoir chez M. le curé, qui l’aura sans doute invité a diner, et suivons le père Chauvin et sa digne compagne jusque chez eux.

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