L. quelques jours à Saint-Louis. Rosalie était occupée de
divers devoirs religieux préparatoires à son entrée dans le couvent. Elle ne vit pas les étrangers, et elle fit des
4 reproches à Françoise de ce qu'elle ne prenait plus part + à ses actes de dévotion. Françoise apporta pour excuse
qu'elle était occupée à mettre la maison en état de procurer l'hospitalité; mais lorsqu'elle fut exemptée de ce
| devoir par le départ d'Eugène, elle ne sentit pas re- N naître son goût pour la vie religieuse. Eugène revint vic- : torieux de l'expédition dont il avait été chargé par le gouvernement. Alors, pour la première fois, le P. Mes- } nard soupçonna quelque danger que le couvent Saint- + Joseph ne perdit la religieuse qu'il lui avait destinée, et ® quandil lui rappela qu'il l'avait vouée à la vie monastique,
elle lui déclara franchement qu'Eugène et elle s'étaient
| réciproquement juré de s'épouser. Le bon Père la répri- } manda et lui représenta, dans les termes les plus forts, … le péché qu'il y avait d’arracher un cœur à l'autel pour le dévouer à un amour terrestre. Mais elle lui répondit
qu'elle ne pouvait être liée par des vœux qu’elle n'avait pas faits elle-même. « O mon Père, ajouta-t-elle, que Rosalie soit une religieuse et une sainte ; pour moi , je puis servir Dieu d’une autre manière.
— Et vous pouvez être appelée à le faire, mon enfant,
vous n'imaginez pas. — Si c’est le cas, mon bon Ptre, dit la jeune fille en souriant, je suis persuadée que
j'éprouverai la vertu de vos soins et de vos prières pour *
moi. » Ce fut la réponse badine d'un cœur léger et exempt de soucis ; mais elle fit sur l'esprit du religieux une impression profonde, qui fut augmentée par les circonstances subséquentes. Une année se passa. Rosalie fut admise au nombre des religieuses de l'Hôtel-Dieu. Eugène allait fréquemment à Saint-Louis ; et le P. Mesnard, voyant qu'il serait inutile de s'opposer plus longtemps à son union avec Françoise, leur administra luimême le sacrement de mariage. Ici le Père interrompt son récit, pour exalter l’union de deux cœurs purs et aimants , et dit qu'après la consécration religieuse , c’est l’état le plus agréable à Dieu.
Le long et tédieux hiver du Canada était passé ; l'Outaouais gonflé avait rejeté son manteau de glace, et proclamé sa liberté du ton de la joie ; l'été était revenu dans toute sa vigueur, et couvrait d’une fraîche verdure les bois et les vallons du Saint-Louis. Le P. Mesnard, suivant sa coutume journalière , avait à visiter les cabanes de son petit troupeau ; il s'arrêta devant la croix qu'il avait fait ériger au centre du village ; il jeta ses regards sur les champs préparés pour la moisson de l'été, sur les arbres fruitiers enrichis de bourgeons naissants ; il vit les femmes et les enfants travaillant avec ardeur dans leurs petits jardins, et il éleva son cœur vers Dieu, pour le remercier de s'être servi de lui pour retirer ces pauvres sauvages d'une vie de misère. Ïl jeta les yeux sur le symbole sacré, devant lequel il s'agenouilla, et vit une ombre passer dessus. Il crut d’abord que c'était celle d’un nuage qui passait ; mais quand, ayant parcouru des yeux la voûte du ciel, il la vit sans nuages, il ne douta point que ce ne fût le présage de quelque malheur, Pourtant, lorsqu'il ren-
sn R RAA ESS
rait lui 1
vreu de ls la tr enfa
nan
1 quel
sans et li duit avo une mo vot dar
nel vie
bon Ptre, suadée que
ir léger et u religieux par les cirsa. Rosalie ôtel-Dieu.
le P. Mesplus longinistra luiinterrompt rs purs et euse, c'est
ait passé ; de glace, é était rene fraîche is. Le P.
ait à visita devant village ; il " la moisde bour- S travailéleva son > servi de ie de milevant ledessus. 11 passait ; du ciel, ne fût le qu’il ren-
rières pour M
LÉGENDES CANADIENNES. ss
tra dans sa cabane, la vue de Françoise dissipa ses sinistres pressentiments. « Sa face, dit-il, était rayonnante comme le lac lorsque, par un temps calme, le soleil brille dessus. » Elle avait été occupée à orner avec sa dextérité naturelle une écharpe pour Eugène ; elle la présenta au P. Mesnard lorsqu'il entra. « Voyez, lui dit-elle, mon Père; je l'ai achevée, et j'espère qu'Eugène ne recevra jamais une blessure pour la souiller. Ah! ajouta-t-elle, il va être ici tout-à-l'heure : j'entends retentir dans l'air le chant des bateliers français. » Le bon Père aurait été tenté de lui dire qu'elle s'occupait trop d'Eugène ; mais il ne put se résoudre à réprimer les flots d’une joie bien pardonnable au jeune âge, et il se contenta de lui dire en souriant qu'il espérait qu'après son premier mois de mariage elle retournerait à ses prières et à ses pratiques de dévotion. Elle ne lui répondit pas, car en ce moment elle aperçut son époux, et courut à sa rencontre avec la vitesse du chevreuil. Le P. Mesnard les vit comme ils s’approchaient de la cabane : le front d'Eugène portait les marques de la tristesse, et quoiqu'il s'égayât un peu aux caresses enfantines de Françoise, ses pas précipités et sa contenance troublée faisaient voir clairement qu'ilappréhendait quelque malheur. Il laissa Françoise le devancer, et, sans qu'elle s’en aperçût, il fit signe au P. Mesnard, et lui dit : « Mon Père, le danger est proche. On a conduit hier une prisonnière iroquoise à Montréal, qui a avouë qu’un parti de sa tribu était en campagne pour une expédition secrète. J'ai vu des canots étrangers mouillés dans une anse de l’île aux Cèdres. Il faut que vous vous rendiez de suite à Montréal , avec Françoise, dans mon bateau.
— Quoi! s’écria le Père, pensez-vous que j’abandonnerai mes pauvres ouailles au moment où les loups viennent pour fondre sur elles!
— Vous ne pourrez:les défendre, mon Père, s’écria Eugène.
— Eh bien! je mourrai avec elles, repartit le Père. « — Non, mon Père, s'écria Eugène, vous ne serez ‘pas si téméraire. Partez, sinon pour vous-même, du 4 moins pour ma pauvre Françoise : que deviendra-t-elle 4
si nous sommes tués? Les Iroquois ont juré de se venger d'elle, et ils sont aussi féroces et aussi cruels que des tigres. Partez, je vous en conjure; à chaque in- ‘Stant la mort s'approche de nous. Les bateliers ont ordre de vous attendre à la Pointe-aux-Herbes ; prenez votre route par les érables. Je dirai à Françoise que Rosalie la fait demander, et que j'irai la joindre demain. Partez, mon Père, partez sans différer.
— Oh! mon fils, je ne puis partir ; le vrai berger ne peut abandonner son troupeau. »
Le bon Père demeura inflexible , et l’unique alternative fut d’avertir Françoise du danger, et de l’engager à partir seule. Elle refusa positivement de partir sans son mari. Eugène lui représenta qu’il serait déshonoré pour la vie s'il abandonnait, au moment du danger, un établissement que son gouvernement avait confié à sa garde. «Je donnerais volontiers ma vie pour vous, Françoise, lui dit-il, mais mon honneur est un dépôt sacré pour vous, pour mon pays; je ne puis m'en dessaisir. » Ses prières se changèrent en commandements.
«Oh! ne vous fâchez pas contre moi, lui dit Françoise, je partirai; mais je ne crains pas de mourir ici avec vous. » À peine eut-elle prononcé ces paroles que des sons effrayants retentirent dans l'air. « C'est le cri de guerre de mon père, s'écria-t-elle : saint Joseph, secoure:-nous , nous sommes perdus ! » La pauvre Françoise se jeta au cou de son époux, le tint long-temps serré dans ses bras, avec une tristesse mêlée d’angoisses, et courut vers le bois. Le terrible cri de guerre
n Père, s'é-
artit le Père. 4 ous ne serez !
us-même, du viendra-t-elle
ré de seven. 4
si cruels que
\ chaque in- * bateliers ont “ rbes ; prenez 4
rançoise que idre demain.
ai berger ne
ique alternade l'engager > partir sans t déshonoré danger, un confié à sa vous, Frandépôt sacré dessaisir. »
ts.
i dit Franmourir ici paroles que est le cri oseph, sevre Franong-temps > d’angoisde guerre
suivit ..et elle entendit en même.temps ces-mots comme 4 si on les eût dits, d’une voix aigre, à l'oreille : « Vengeance , le jour de la vengeance de ton père viendra. » Elle atteignit le bois, et monta sur une hauteur d'où, 4 sans être vue , elle pouvait jeter ses regards sur la plaine 4 verdoyante. Elle s'arrêta un instant ; les canots iroquois avaient doublé la pointe de l’île ,.et arrivaient comme des vautours qui fondent sur leur proie. Les Outaouais sortirent précipitamment de leurs cabanes, armés les uns de fusils , les autres d’arcs et de flèches. Le P. Mesnard gagna le pied de la croix, d’un pas lent mais assuré, et s’agenouilla, en apparence aussi peu inquiet à 4 l'approche de la tempête et aussi ealme qu'il avait cou- 1 tume de l'être à sa prière de vêpres. « Ah! disait Fran- 1 çoise en elle-même, la première flèche. qui l’atteindra 4 boira son sang de vie ! » Eugène se trouvait partout en même temps, poussant les uns en avant, et arrétant les + autres ; et en quelques instants tous furent rangés en "1 bataille autour du crucifix. R 4 Les Iroquois étaient débarqués. Françoise oublia alors la promesse qu'elle avait faite à son époux ; elle oublia tout dans l'intérêt intense qu’elle prenait à l'issue + du combat. Elle vit le P. Mesnard s'avancer à la tête +1 de sa petite troupe et faire un signal à Talasco. « Ah ! 2 saint père, s'écria-t-elle, tu ne connais pas l'aigle de sa tribu ; tu adresses des paroles de paix à un tourbillon de vent. » Talasco banda son arc. Françoise tomba sur ses genoux. «Dieu de miséricorde, protégez-le », s'écria-t-elle. Le P. Mesnard tomba percé par une flèche. Les Outaouais furent frappés d’une terreur panique. En vain Eugène les pressa-t-il de tirer ; tous, à l'exception de cinq, tournèrent le dos à l'ennemi et prirent la fuite. Eugène paraissait déterminé à vendre sa vie aussi cher que possible. Les sauvages se jetèrent sur lui et ses braves compagnons avec leurs couteaux et leurs casse-
PR ee
têtes. « Il faut qu’il meure », cria Françoise ; et elle 4 sortit précipitamment, et comme par instinct, de sa re- M traite. Un cri de triomphe lui apprit que la bande de 4 ‘ son père l’avait aperçue. Elle vit son époux pressé de 4 tous côtés. « Ah! épargnez-le, épargnez-le, cria:t-elle, # il n’est pas votre ennemi. » Son père jeta sur elle un regard de colère et s'écria: « Quoi! un Français, un chrétien , ne serait pas mon ennemi! » Et il se remit à © l’œuvre de la mort. Françoise se jeta au plus fort de la mêlée. Eugène jeta un cri de douleur en l’apercevant : il avait combattu comme un lion, lorsqu'il avait cru qu'il lui gagnaiït du temps pour la fuite; mais lorsqu'il eut perdu l'espoir de la sauver, ses bras perdirent leurs forces, et il tomba épuisé. Françoise tomba près de lui, elle l’'embrassa et colla sa joue contre la sienne. Pour un moment, ces sauvages ennemis reculèrent et la regardèrent ensilence ; mais leurs féroces passions ne furent suspendues que pour un instant. Talasco leva son casse-tête. « Ne le frappe pas, mon père, dit Françoise d’une voix faible, il est mort. — Eh bien! qu'il porte la cicatrice de la mort », reprit l’inexorable barbare, et d'un coup il sépara la tête d'Eugène de ses épaules. Un cri prolongé s’éleva dans l'air, et Françoise :# devint aussi insensible que le tronc qu'elle tenait em- : brassé. L'œuvre de la destruction se poursuivit; les huttes des Outaouais furent brûlées ; les femmes et les enfants périrent dans un massacre général.
Le Père rapporte que, dans la furie de l’assaut, on passa près de lui, étendu et blessé comme il était, sans le remarquer ; qu’il demeura sans connaissance jusqu’à minuit; qu’alors il se trouva près de la croix, ayant à côté de lui un vase plein d’eau et un gâteau sauvage. Il fut d’abord étonné; mais il crut devoir ce secours opportun à quelque Iroquois compatissant. Il languit longtemps dans un état d'extrême débilité, et lorsqu'il se fut
donne farrivè “rent a
IS
nct, de sa re.
la bande de
ux pressé de «
>, Cria-t-elle, sur elle un
rançais, un * il se remit à M S fort dela apercevant:
il avait cru ais lorsqu'il 2
dirent leurs près de lui, enne. Pour nt et la re sions ne fu- CO leva son > dit Franbien ! qu’il orable barène de ses t Françoise tenait emsuivit; les imes et les
‘assaut, on était, sans Ice jusqu’à X, ayant à auvage. Il Cours Opiguit longqu'il se fut
oise ; et elle à
“établi, trouvant toutes les traces de culture effacées à “Paint-Louis, et les Outaouais disposés à attribuer leur dé- Maite à l'effet énervateur de ses doctrines de paix, il prit Ma résolution de pénétrer plus avant dans le désert pour y jeter la bonne semence, et abandonner la moisson au aître du champ. Dans son pèleribage, il rencontra ne fille outaouaise qui avait étéemmenée de Saint-Louis avec Françoise, et qui lui raconta tout ce qui était arivé à son élève chérie, depuis son départ jusqu’à son arrivée au principal village des Onnontagués.
. Pendant quelques jours, elle demeura dans un état “de stupeur , et fut portée sur les épaules des sauvages. on père ne lui parla point, et ne s’approcha point d’ele ; mais il permit à Allewemi de lui rendre toutes sortes de bons offices. Ïl était évident qu'il se proposait de donner sa fille en mariage à ce jeune chef. Lorsqu'ils ‘arrivèrent à Onnontagués, les guerriers de la tribu vin- “rent au devant d'eux, parés des habits de la victoire, onsistant en peaux précieuses et en bonnets de plumes “des plus brillantes couleurs. Ils saluèrent tous Françoise; mais elle était comme une personne sourde, muette aveugle. Ils chantèrent leurs chansons de félicitation de triomphe, et la voix forte du vieux Talasco grossit le chorus. Françoise marchait d’un pas ferme , elle ne ipâlissait point ; mais elle avait les yeux abattus, et ses Liraits étaient fixes comme ceux d’une personne morte. Une fois, pourtant, comme elle passait devant la caba- “ne de sa mère, son âme sembla être émue pay quelques “souvenirs de son enfance , car on lui vit les yeux mouillés de larmes. La procession gagna le gazon, lieu qui,
dans chaque village, est destiné à la tenue des conseils
et aux amusements. Les sauvages formèrent un cercle autour du vieux chêne ; les vieillards s’assirent ; les jeunes gens se tinrent respectueusement hors du cercle. L. Talasco se leva, tira de son sein un rouleau, et, coupant
la corde qui l’attachait, il le laissa tomber àterre. « Frères et fils, dit-il, voyez les chevelures des Outaouais chrétiens ; leurs corps pourrissent sur:les sables de Saint- Louis. Qu'ainsi périssent tous les ennemis des Iroquois! Mes frères, voyez mon enfant, le dernier rejeton de la maison de Talasco ; je l'ai arrachée du sol étranger où nosennemisl’avaient plantée ; elle sera replacée dans Ja plus chaude vallée de notre pays, si elle consent à épouser le jeune chef Allewemi, et abjure ce signe » ; et il toucha en même temps, de la pointe de son couteau , le crucifix qui pendait au cou de Françoise. Il s’arrêta un moment. Françoise ne leva pas les yeux, et il ajouta d'une voix de tonnerre :« Ecoute, enfant: si tu ne te rallies point à ta nation , si tu n'’abjures point ce signe qui tefait connaître pour l’esclave des chrétiens, je te: sacrifierai, comme je l'ai juré avant d'aller au combat, je te sacrifierai au dieu Aréouski, La vie et la mort sont devant toi : parle.»
— Non, dit l’un des sauvages : le tendre bourgeon ne doit pasêtre si précipitamment condamné au feu. Attends jusqu’au soleil du matin ; souffre queta fille soit conduite à la cabane de Genanhatenria : la voix de sa mère . ramènera au nid le petit qui s'égare. »
Françoise se tourna avec vitesse vers son père, et, se frappant les deux mains, elle s'écria : « Ah ! ne le faites pas , ne m’envoyez pas à ma mère, c’est la seule faveur que je vous demande. Je puis endurer tous les autres tourments : pércez-moi de ces couteaux sur lesquels le sang de mon époux est à peine séché: consumezmoi dans vos feux ; je ne fuirai aucune torture , une martyre chrétienne peutsouffrir avec autant de courage que le plus fier captif de votre tribu.
— Ah ! s'écria le père avec transport, le pur sang des Iroquois coule dans ses veines : préparez le bûcher; les ombres de cette nuit couvriront ses cendres, »
! un cho
Pen Franço
pauvre sœur F restre faute € ques h rie ne Qu'ell mais (f
Dutaouais de Saintroquois !
jeton de étranger cée dans onsent à signe » ; SOn COu-- >. Il s’arx, etil situne ce signe 8; je te!
combat, ort sont
geon ne Attends Conduisa mère
e, et, se > le faieule fales auesquels umez— Ie mar-
ge que
ng des icher ; )
e. « Fré-
Pendant que les jeunes gens exécutaient cet ordre, Françoise fit signe à Allewemi d'approcher : « Tu es
© un chef, lui dit-elle, tu as de l'autorité : délivre cette
pauvre fille outaouaise de sa captivité; envoie-la à ma sœur Rosalie, et qu'elle lui-dise que, si un amour terrestre s’est interposé une fois entre le ciel et moi, la faute est expiée. J'ai plus souffert dans l’espace de quelques heures, de quelques instants, que toute sa confrérie ne peut souffrir par une longue vie de pénitence. Qu'elle dise qu’à mon extrémité je n'ai pasabjuré la croix, mais que je suis morte courageusement. » Allewemi lui promit de faire tout ce qu’elle lui demandait, et accomplit fidèlement sa promesse.
Un enfant de la foi, un martyr, ne meurt pas sans l’assistance des esprits célestes : l'expression du désespoir disparut, dès cet instant, du visage de Françoise ; une joie surnaturelle rayonna dans ses yeux, qu'elle leva vers le ciel ; son âme parut impatiente de sortir de sa prison ; elle monta sur le bûcher avec prestesse et alacrilé, et, s’y tenant debout, elle dit : « Que je me trouve heureuse qu'il me soit donné de mourir dans mon pays, de la main de mes parents, à l'exemple de mon Sauveur, qui a été attaché à la croix par ceux de sa nation! » Elle pressa alors le crucifix contre ses lèvres, et fitsigne aux bourreaux de mettre le feu au bûcher. Ils demeurèrent immobiles, leurs tisons ardents à la main : Françoise semblait être un holocauste volontaire, non une victime. Sa constance victorieuse mit son père en fureur : il sauta sur le bûcher, et, lui arrachant des mains le crucifix, il tira son couteau de son ceinturon, et lui fit sur le sein une incision en forme de croix. «Voilà, dit-il, le signe que tu aimes, le signe de ta ligue avec les ennemis de ton père , le signe qui t'a rendue sourde à la voix de tes parents! »
— Je te remercie,.mon-père, répliqua Françoise en
mener ter Ji FT
SE
= Le eZ :