‹ Légendes chrétiennes de la Basse-BretagneChapitre 8 sur 34 · I08 LÉGENDES CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

I08 LÉGENDES CHRÉTIENNES

par où avait pénétré le couteau fatal, une petite marque comme un fil de soie rouge.

Le comte demanda à sa fille chérie comment il se faisait qu'elle était encore en vie, et quelks peines elle avait ressenties. \

— « Mon père, répondit-elle, quand on m'é»

gorgea, j'avais toujours eu une dévotion toute particulière à la sainte Vierge, ma patronne.

« C'est la sainte Vierge qui m'a ainsi coi^ servée, sans que j'aie éprouvé aucune sou^Brance. Je n'ai eu à soufErir ni de la faim, ni de la soif.

— « Venez avec moi, lui dit son père ; venez, ma fille, et je vous marierai ; je vous rendrai heureuse en vous unissant à un homme prudent et sage.

— « Excusez-moi, mon père; mais je désire, si cela ne vous déplaît pas, qu'on lotisse ici même un couvent en l'honneur de la Reine des

saints.

« Je veux rester ici, toute ma vie, à prier et à louer Dieu, pour remercier le Seigneur et son auguste Mère des grâces qu'ils m'ont accordées. »

Le comte y consentit, et, pour donner satisÊic-

tion à sa fille, il fit bâtir à ses fi-ais, à Tendroit même, un magnifique couvent.

Bientôt on y vit accourir de tous côtés des filles pieuses et saintes, pour tenir compagnie à la fille du comte, et toutes elles firent vœu de chasteté.

Pareillement Jean Guérin dit qu'il était tout disposé à passer avec elles le reste de sa vie et à devenir leur directeur.

Dans ce nouveau couvent, ils ont mené une vie sainte et austère, et, après leur vie mortelle. Ils sont allés participer aux joies étemelles.

Mes firères et mes sœurs chrétiens, de tout mon cœur je vous prie d'être dévots à la sainte Vierge, reine sur la terre et dans le ciel.

Vous avez entendu le récit d'un grand miracle opéré par son pouvoir en faveur d'une pauvre jeune fille qui lui avait été toujours fidèle.

Cette légende, imprimée sur ce gros papier roussitre que l'on xpptXLc vulgairement papier à chandelle, était trés-répandue dans ao6 campagnes de Léon et de Lannion, il y a une cinquanuine d'années ; aujourd'hui, on ne la réimprime plus.

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