‹ Légendes des croisadesChapitre 39 sur 41 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

« Les papes, ajoule-t-il, découvrirent que pour repousser ou briser sans retour une puissance formidable et extravasée, il ne suffisait pas du tout de se défendre chez soi, mais qu’il fallait l’attaquer chez elle. Les croisés lancés par eux sur l’Asie donnèrent aux soudans d’autres idées que celle d’envahir ou d’insulter seulement l’Europe. »

Le même écrivain dit ailleurs : « On objecte qu’aucune croisade n’a réussi. C’est vrai; mais toutes ont réussi.... »

Citons un court passage de Chateaubriand (Itinéraire de Paris à Jérusalem),

« N’apercevoir dans les croisades , dit-il , que des pèlerins armés qui courent délivrer un tombeau en Palestine, c’est montrer une vue très-bornée en histoire. Il s’agissait non-seulement de la délivrance de ce tombeau sacré, mais encore de savoir qui devait l’emporter sur la terre, ou d’un culte ennemi de la civilisation, favorable par système à l’ignorance, au despotisme, à l’esclavage, ou d’un culte qui a fait revivre chez les modernes le génie de la docte antiquité et aboli la servitude. Il suffit de lire le discours d’Urbain II au concile de Clermont pour se convaincre que les chefs de ces entreprises guerrières n’avaient pus les petites idées qu’on leur suppose, et qu’ils pensaient à sauver le monde d’une inondation de nouveaux barbares. »

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